Accueil A la une Affaire « charbon fin »: la défense demande une « expertise indépendante » du tribunal

Affaire « charbon fin »: la défense demande une « expertise indépendante » du tribunal

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Les avocats des accusés dans l’affaire dite « charbon fin », évoquant la technicité du dossier, ont demandé, ce mardi 14 janvier 2020, au tribunal d’ordonner une « expertise indépendante », en vue d’éclairer la lanterne de toutes les parties prenantes à ce dossier et de l’opinion.

« Nous sommes disposés pour qu’une expertise indépendante soit ordonnée pour clarifier toutes les parties » parce qu' »il y a de la technicité dans ce dossier », a déclaré à la barre, Me Pierre Yanogo. Pour lui, le tribunal doit commanditer de nouveaux rapports pour « la clarté des débats et la transparence », afin que les juges conduisent le procès avec « sérénité ».

« Le mensonge scientifique est très dangereux plus que l’ignorance », a renchéri Me Moumouni Kopiho, un autre avocat de la défense, qui a insisté sur la pertinence en droit et l’opportunité d’avoir d’autres éléments sur le dossier afin que ses clients dont Essakane ne soit pas « condamnés sur la base de fausses informations ».

Le ministère public a « salué » la décision rendue par le tribunal. Pour le parquet, « cette décision est une très bonne décision ». C’est pourquoi, il dit ne pas avoir d’objection à faire quant à la demande de la défense. Toutefois, le ministère public souhaite que l’expertise qui sera ordonnée, soit faite par des experts nationaux. Aussi, il a demandé au tribunal de commettre un magistrat pour suivre l’équipe qui établira le nouveau rapport d’expertise.

Pour cette partie de ce dossier,  » les faits sont têtus. Peu importe le temps que cela mettra, ça ne changera rien à la nature des faits », a soutenu le parquet.

La partie civile quant à elle, demande le rejet de la demande d’expertise souhaitée par la défense. L’un des avocats, Me Prosper Farama qui plaide pour le compte du Réseau national de lutte anti-corruption (Ren-Lac), a reconnu que la demande des Conseils des prévenus, est « fondée en droit ». Mais pour lui, cette demande « n’est pas opportune ». Selon la partie civile, le tribunal doit poursuivre le jugement et se réserver le droit de demander un quelconque travail scientifique au moment où il l’estimera nécessaire pour renforcer sa conviction sur des éléments contenus dans la pièce.

A la suite de ces débats, le juge a mis le dossier en délibéré pour le 11 février prochain.

Par Bernard BOUGOUM 

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