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Burkina: «ça serait dramatique si les élections ne se tiennent pas en 2020» (Me Halidou Ouédraogo)

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Le président de la Convention des Organisations de la Société civile pour l’observation domestique des élections (CODEL), Me Halidou Ouédraogo, a affirmé ce vendredi 28 février 2020, face à la presse à Ouagadougou, que «ça serait dramatique si les élections ne se tiennent pas en 2020». La CODEL qui a pris une part active dans la tenue des élections de 2015, appelle les Burkinabè à aller se faire enrôler pour participer à la résilience du pays qui fait face à de nombreux défis dont les attaques terroristes.

Les responsables de la CODEL, pour avoir été impliqués dans le processus de révision du code électoral, ont d’abord salué l’effort de consensus constaté  lors du dialogue politique de juillet 2019 qui a valu au processus électoral de connaître un bond en avant. Ils ont invité les acteurs à toujours rester dans ce cadre de discussion tout au long du processus électoral.

Le président de la CODEL, Me Halidou Ouédraogo, réagissant à l’hypothèse la non tenue des élections au regard de la situation sécuritaire précaire du pays, dira de «dépasser ces considérations». Pour l’ex-président du mouvement burkinabè des droits de l’homme, «il faut plutôt encourager la tenue des élections pour approfondir notre démocratie». Sur les débats entretenus autour du budget des élections présidentielle, législative et municipale de 2020 et 2021, M. Ouédraogo estime que «si les élections ne se tiennent pas, ça serait dramatique». «La démocratie a son prix», selon lui. Le président de la CODEL pense que malgré le contexte difficile sur les plans socio-politique et économique, il faut «tous travailler à relever le défi de la tenue des élections en 2020 et 2021, car cela participe à la lutte contre les forces du mal».

Le processus d’enrôlement est en cours au plan national depuis le 10 février et ce jusqu’au 31 mai 2020. Cela permettra à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de procéder à la révision des listes électorales à l’intérieur du pays et la CODEL a saisi cette opportunité pour mettre l’accent sur sa bonne implantation dans les 45 provinces pour assurer la veille. De façon générale la CODEL a noté que l’enrôlement «se passe très bien» et que «les citoyens partent, très bien informés, devant les bureaux d’enrôlement».

La CODEL, suite à sa visite de «167 lieux d’enrôlement» a cependant remarqué, entre autres, un «retard de démarrage dans quatres villages de Tchériba dû à l’absence d’opérateurs de kits, une perte de kits à Soumakuy suite à une attaque, une vétusté des kits d’enrôlement occasionnant des dysfonctionnements et du retard de démarrage dans certaines localités, la non maîtrise des machines par les opérateurs, un faible engouement des citoyens, l’accès difficile de certains sites d’enrôlement ou des emplacements à polémique et l’incertitude de certaines personnes déplacées sur leur prise en compte dans le fichier électoral».

La CODEL, face à ces constats, a formulé des recommandations. La structure de veille électorale demande ainsi de «doter les opérateurs de kits plus performants, d’utiliser des crieurs publics dans les marchés et quartiers afin d’informer la population avant et pendant l’enrôlement, de travailler à déployer les opérateurs de kits au même moment sur les différents sites». La CODEL s’est également adressée aux  partis et formations politiques. Elle demande aux acteurs politiques, de «jouer leur rôle d’éducation des populations en s’impliquant dans l’information et la sensibilisation, encore plus dans ce contexte sécuritaire difficile».

La CODEl, après sa contribution à la bonne tenue des élections en 2015 et 2016, compte jouer sa partition en 2020 et 2021, a réitéré son vice-président, Da Daniel Hien qui a souligné que la CODEL a obtenu de ses partenaires (Diakonia, la Coopération Suisse et l’Union européenne), le financement de ses activités à travers le Programme d’Appui au Processus Electoral (PAPE). Pour les élections à venir au Burkina, la CODEL dit vouloir compter sur ses partenaires pour le financement de son budget qui s’élève à «700 millions FCFA».

Les conférenciers ont rappelé qu’à travers son groupe de plaidoyer sécurité humaine, la CODEL a mené une action citoyenne humanitaire «Faisons un geste» qui lui a permis de mobiliser environ «23 millions FCFA». Cela a contribué, s’est réjouie la structure, à apporter «un peu de réconfort à nos frères et sœurs de plusieurs localités comme Barsalgho, Ouahigouya, Titao, Arbinda, Gorom-Gorom, Fada N’Gourma, Kongoussi, et Wemtenga et Yagma (Ouagadougou)».

Le but de la CODEL, selon ses animateurs, est d’accroître les capacités organisationnelles, institutionnelles et techniques des organisations de la société civile engagées dans la promotion des droits de l’Homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance au Burkina Faso.

Par Bernard BOUGOUM