Accueil Politique Commande de 300 ambulances: l’opposition burkinabè dénonce «une escroquerie politique» 

Commande de 300 ambulances: l’opposition burkinabè dénonce «une escroquerie politique» 

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L’opposition burkinabè a dénoncé ce mardi 30 juin 2020, «une escroquerie politique (et) un acte de terrorisme économique», après que le pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a commandé 300 ambulances pour équiper les centres de santé. Face à la presse, les représentants de l’opposition, ont expliqué que le pouvoir, dans sa procédure d’achat à travers le mode Partenariat public privé (PPP), «n’a fait que louer des ambulances à un coût très élevé» à des membres du gouvernement qui sont actionnaires dans les sociétés attributaires du marché.

Le mardi dernier, le Premier ministre Christophe Dabiré a remis 185 ambulances au ministère de la Santé pour soulager les populations. «Si l’achat d’ambulances est une bonne chose en soi, des tentatives de récupération malsaine et des scandales de corruption ont souillé la noblesse de l’initiative», selon les opposants qui se disent «choqués par l’affichage d’une photo du Président-candidat Roch Marc Christian Kaboré sur les ambulances. Comme si les véhicules avaient été achetés avec les fonds propres du président Kaboré».

« Scandale » autour de l’achat des ambulances

L’opposition politique dénonce-là une «escroquerie politique orchestrée par le MPP et ses alliés à travers le gouvernement. N’ayant aucun bilan à présenter, le régime du MPP ne peut que louer des ambulances pour battre campagne. La gouvernance de ce pays est vraiment malade et a besoin de soins d’urgence», s’est exprimé un des conférenciers Alphonse-Marie Ouédraogo.

Les conférenciers jugent «plus graves» que la presse a révélé que les 300 ambulances ont été commandées dans un marché PPP, «en crédit-bail auprès de Fidélis Finances, Raynal Assurances et Diacfa, exactement les mêmes acteurs impliqués dans le scandale d’acquisition de 77 véhicules par la mairie de Ouagadougou». Pour les porte-parole du Chef de file de l’opposition (CFOP), cela signifie en termes simples que «le pouvoir du MPP n’a fait que louer des ambulances à un coût très élevé, et les honnêtes citoyens vont saigner pour rembourser plus de 14 milliards de francs, avant que les ambulances ne soient la propriété de l’Etat».

Pour eux, il est inconcevable que ces entreprises soient attributaires de ces marchés alors que «les ministres Oumarou Idani et Alpha Barry, sans oublier le maire Armand-Pierre Béouindé, sont actionnaires» dans ces sociétés. Ils soulignent clairement un conflit d’intérêt dans cette affaire et dénonce «une surfacturation de plus de 5 milliards de Francs».

«Les cadres du MPP viennent une fois de plus de perpétrer un acte de terrorisme économique, dans un contexte où nos maigres ressources devraient être utilisées pour mieux équiper nos braves Forces de défense et de sécurité (FDS) sur le champ de bataille, et pour les autres actions de développement», selon les conférenciers qui ont demandé à l’Autorité supérieure de Contrôle de l’Etat et de la Lutte contre la Corruption (ASCE-LC) «de sortir de sa torpeur habituelle pour engager des procédures contre tous ceux qui sont impliqués dans ce scandale flagrant»

Révision du fichier électoral

En vue des élections de 2020 et 2021, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a déployé ses équipes d’enrôlement biométrique à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Ouahigouya, dans le cadre de la révision du fichier électoral. Les conférenciers ont invité l’ensemble des Burkinabè de ces localités, qui ont au moins 18 ans et qui n’ont pas de cartes d’électeurs, «à se faire enrôler le plus vite possible» pour opérer «une insurrection dans les urnes, pour chasser du pouvoir le régime incompétent du MPP, et restaurer la paix et la prospérité».

L’opposition a invité la Ceni et la Justice à traiter «avec diligence et impartialité», des cas de fraudes, notamment, dans l’arrondissement 4 de Ouagadougou, «pour éviter une prévisible crise due à cette fraude à ciel ouvert». L’opposition pointe du doigt, le ministère de la Femme qui travaillerait à convoyer «en masse, des personnes pour établir des cartes d’identités gratuitement, ce, au détriment des résidents de l’arrondissement».

Pour les conférenciers, des «pressions sont exercées sur la Gendarmerie pour laisser passer cette forfaiture organisée par le ministère de la Femme».

Par Bernard BOUGOUM

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