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Covid-19 et élections: IBK, le président «s’en fout la mort»!

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Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta

Le deuxième tour des législatives maliennes sont prévues pour le dimanche 19 avril 2020. Envers et contre tous, Ibrahim Boubacar Keïta maintient «ses» élections, tout comme il est resté sourd à tous les appels qui lui recommandaient le report du premier tour organisé le 29 mars dernier. Comme s’il avait engagé une course contre la montre, alors que le Covide-19 fait rage dans le monde. Loin d’être épargné par la maladie à coronavirus, le Mali présente un tableau certes pas apocalyptique, mais pas moins inquiétant. A la date du 14 avril dernier, le pays de IBK affichait à son compteur un total de 144 cas testés positifs, 34 guérisons et 13 décès. Et pour qui connaît la vitesse grand V à laquelle le virus se propage, il est fort à parier que ce deuxième tour constituera un important foyer de contamination. A l’instar du premier round de ces législatives d’ailleurs, dont la tenue, selon des témoignages est largement passée à côté des gestes barrières que sont le port du masque, le lavage des mains au savon et la distanciation sociale. Les critiques et les condamnations ont alors fusé de toutes parts, que ce soit au Mali même ou sur le plan international. Mais le président malien, comme guidé par un agenda caché et qui a ses raisons que la Raison ignore, n’en n’a cure.

Une fois de plus, IBK exposera la vie de ces concitoyens, déjà meurtris par les morts des attaques terroristes et des conflits interethniques, à un mal qui, recrute dans les pas des candidats en campagne pour la conquête des 147 sièges de l’Assemblée nationale malienne. De plus, le rapt, le 25 mars dernier, du chef de file de l’Opposition, toujours aux mains de ses ravisseurs, continue d’alimenter l’actualité malienne. Pire, le garde-corps de Soumaïla Cissé a été tué dans cette opération. Mais rien n’arrête le président malien, qui, visiblement, se sert de la survenue de la pandémie, et de la psychose générale que la pandémie crée, pour organiser «ses» élections sans affluence, donc à l’écart des empêcheurs de gagner en rond de l’opposition et de la société civile qui eux ont conscience du danger Covid-19. A moins de ruser avec le peuple, IBK sait pertinemment que les priorités pour le Mali, aujourd’hui, c’est comment limiter la progression du Covid-19 et se bouger pour faire libérer son meilleur ennemi politique, Soumaïla Cissé. Le président malien a beau arguer que «la décision d’aller aux élections législatives n’est pas le fait du gouvernement de la République mais du dialogue national inclusif qui a mené ses travaux en totale indépendance sans aucune interférence», il ne pourra convaincre que ses zélateurs et ceux qui se serviront de ces élections «coronavirusées» comme tremplin pour se faire une place au soleil. En tout cas, lui a besoin de sa majorité parlementaire et l’obtiendra sans doute. Le taux de participation, il s’en fout éperdument comme de son premier boubou.

Y’a-t-il vraiment urgence à aller à des élections qui ont déjà connu deux reports et ne serviront qu’à rajouter une fine couche de vernis sur la pseudo démocratie dont Ibrahim Boubacar Keïta veut se faire le chantre alors que bien des affaires de mal gouvernance collent à son pouvoir? IBK a juste fait comme son homologue guinéen Alpha Condé qui a organisé, le 22 mars dernier, malgré le Covid-19, le double scrutin législatives et référendum constitutionnel qui, selon son opposition et sa société civile, n’a d’autre but que de lui ouvrir la voie d’un troisième mandat. En tout cas, à eux deux, ils viennent de faire la preuve que rares sont les dirigeants africains qui se soucient réellement de leurs peuples. Les intérêts égoïstes et très personnels passent d’abord.

Par Wakat Séra

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