Accueil A la une 8-Mars: Covid-19, l’indésirable guest star

8-Mars: Covid-19, l’indésirable guest star

Cette année, la Journée internationale des femmes aura à son programme, une guest-star dont les autres invités auraient bien voulu se passer. Le Covid-19, puisque c’est de lui qu’il s’agit, marquera de son empreinte, cet événement, instauré pour mettre en avant, la lutte pour les droits des femmes, et plus singulièrement pour la réduction des inégalités par rapport aux hommes. En plus du pagne, toujours choisi par chaque pays, pour distinguer cette journée des autres, les femmes, et les hommes qui accompagneront celles-ci dans les différentes manifestations au programme, devront compléter leurs parures par le port du désormais incontournable masque. Ils seront également contraints, pour compléter l’attirail de guerre contre le virus à couronne, se munir du flacon de gel hydro-alcoolique pour le nettoyage régulier des mains. Ainsi, à défaut du respect de la distanciation physique qui sera difficilement à l’ordre du jour, sur un continent où la journée internationale des femmes, déclarée chômée et payée dans certains pays, dont le Burkina, est une occasion de réjouissance populaire, les gestes barrière feront le travail.

Cette année encore, le pagne de commémoration a changé, mais les conditions des femmes, elles sont restées les mêmes, dures et parfois inhumaines. En plus d’être toujours la première levée et la dernière couchée, la femme est aussi le réceptacle de bien de maux qui pourrissent la vie à l’être humain, allant de la pauvreté à la maladie, en passant par la discrimination et les violences de toutes sortes, dont celles sexuelles. Par hasard, tous ces concepts sont du genre féminin, comme si la femme n’est faite que pour souffrir. Même le Covid-19 est passé à la Covid-19! Une maladie qui a mis le monde entier au pas, changeant les habitudes du tout au tout, et contraignant des femmes travailleuses, à l’instar de leurs collègues hommes, au télétravail. Une nouvelle habitude de travail, non plus en présentiel dans les bureaux, mais derrière les écrans d’ordinateur et les écouteurs, depuis la maison. Et avec tous les inconvénients possibles.

Les enfants qui veulent profiter de la présence de leur maman qui ne sort plus de la maison dès 7h, parfois 6h, pour aller au boulot et n’en revenir que le soir. Les bébés qui ne veulent plus des berceuses de la «nounou», préférant le cocon douillet des bras maternels. Les conjoints qui ont retrouvé le goût savoureux des plats chauds cuisinés avec amour par la douce moitié. Et tous ces proches de la famille, tous ces voisins et voisines qui viennent entamer causette et n’en finissent plus de bavarder, parce que leur interlocutrice est ne sort pas de la maison pour se rendre au travail. Ce sont autant de facteurs qui incitent, par forcément au farniente, mais consolident les liens familiaux et renforcent ceux amicaux et de voisinage. Mais, comment expliquer aux proches et visiteurs qu’en ces temps de Covid-19, rester à la maison est loin d’être synonyme de repos. C’est, parfois, même plus contraignant car, c’est presque devenu difficile, voire impossible de faire la part des heures de travail et celles de pause, en temps de télétravail. A tout moment, il faut avoir les yeux rivés sur l’écran, car, en dehors des «conf call» journalières, les messages défilent régulièrement et il faut trouver réponse aux ordres du patron ou solutions aux préoccupations d’un collègue en détresse.

En tout cas, si le télétravail leur donne l’opportunité de se rapprocher davantage des leurs, d’éviter les éternels bouchons de la circulation, notamment aux heures de pointe, et même d’économiser, en temps et en carburant, il ne leur ôte pas moins cette convivialité doublée de chaleur humaine, et cette interaction physique entre collègues au bureau, qui donnent de la qualité à l’environnement de travail. En tout cas, Clémence, Malado et Djamina, tout comme d’autres collègues de Nestlé Savannah, ont reconnu que «ce n’est pas facile de travailler à la maison». Surtout quand il faut composer avec les caprices de la connexion internet, «qui peuvent te faire perdre toute une journée de travail».

Comment donc concilier travail et vie privée? C’est l’exercice auquel se sont livrés, grâce, justement, à la magie de l’internet, une centaine d’employés et cadres de Nestlé. A travers cette initiative originale, pour marquer une journée internationale des droits de la femme, la parole a été libérée, le vendredi 5 mars, et qu’ils ou elles soient du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Bénin ou du Togo, les hommes et femmes de Nestlé, ont loué les actions de leurs managers pour le respect des engagements pris par la multinationale dans le cadre de réduire les disparités liées au genre. Mais ils ont aussi souhaité mieux, afin que les créneaux aménagés au repos ne servent plus à des réunions. Il importe de trouver l’équilibre entre les heures de travail et les temps de pause, des pauses qui permettent aux femmes de s’occuper d’elles-mêmes et de leurs familles.

La journée internationale des droits de la femme, doit donc, être vécue dans la réflexion sur l’épanouissement de la femme, afin de répondre aux objectifs de sa commémoration. Qu’elle soit, tous les jours, confrontée à la dureté des travaux champêtres, aux travaux domestiques quotidiens ou à la lumière aveuglante des écrans d’ordinateur, la femme, doit retrouver la place qui est la sienne dans une société foncièrement phallocrate. Comme le dit le poète Louis Aragon et le chante Jean Ferrat, «La Femme est l’avenir de l’homme».

Par Wakat Séra

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