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Afrique du Sud: réouverture d’enquête sur la mort de Steve Biko, 48 ans après

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La justice sud-africaine a rouvert l’enquête sur la mort de Steve Biko, figure majeure de la lutte anti-apartheid, 48 ans après, selon plusieurs sources le vendredi 12 septembre 2025. Le militant, décédé en détention en 1977 dans des circonstances suspectes, est devenu le symbole d’une vérité toujours attendue par les siens et par la nation.

Près d’un demi-siècle après les faits, la justice sud-africaine veut revenir sur l’une des pages les plus sombres de son histoire. La National Prosecuting Authority (NPA) a annoncé la réouverture du dossier lié à la mort de Steve Biko, survenue le 12 septembre 1977, alors qu’il était détenu par la police du régime de l’apartheid.   

Steve Biko, fondateur du Black Consciousness Movement, avait été arrêté le 18 août 1977 près de Grahamstown (aujourd’hui Makhanda) pour avoir enfreint un ordre restreignant sa liberté de mouvement. Transféré à la station de police de Walmer, à Port Elizabeth (désormais Gqeberha), il aurait été victime de tortures et maintenu nu, enchaîné aux jambes, dans une cellule. Selon plusieurs témoignages, les policiers n’ont demandé une assistance médicale qu’après avoir constaté la présence de mousse à sa bouche, soit 24 jours après son arrestation. Le 11 septembre 1977, Biko a été transporté inconscient, toujours nu et entravé, dans le coffre d’un véhicule policier sur plus de 1 200 kilomètres, jusqu’à Pretoria. Il est décédé le lendemain, le 12 septembre, à l’âge de 30 ans. L’autopsie avait conclu à un traumatisme crânien étendu, associé à une défaillance rénale aiguë et à une urémie.

À l’époque, l’enquête officielle avait retenu la version des policiers de la Special Branch, selon laquelle Biko se serait blessé en heurtant un mur lors d’une altercation. Aucun agent n’avait été poursuivi. En 1997, lors de la Commission Vérité et Réconciliation (TRC), certains policiers ont reconnu avoir menti dans leurs témoignages, mais ces aveux n’avaient conduit à aucune condamnation pénale.

Aujourd’hui, la NPA souhaite présenter de nouvelles preuves en vertu de la section 16(2)(d) de l’Inquests Act de 1959, afin d’établir si des actes ou omissions criminels ont conduit à la mort de Steve Biko. La famille, qui réclame depuis des décennies justice et vérité, espère que cette relance permettra d’apporter enfin des réponses définitives.

Nourah THIOMBIANO (Stagiaire)