
À Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), les autorités ont ordonné, le mercredi 10 septembre 2025, la suspension des services des urgences de deux hôpitaux privés dont HJ Hospital. Cette décision a été prise, après la mort d’une patiente à qui des soins auraient été refusés pour n’avoir pas déposé une caution, du reste, jugée «exagérée» par les autorités.
Dans la nuit du 7 au 8 septembre 2025, une patiente du nom de Divine Kumasamba, qui souffrait de «violentes douleurs abdominales» a été conduite en urgence par un membre de sa famille à HJ hospital, à Kinshasa. Selon les premières informations relayées par des sources locales, les médecins auraient refusé de la prendre en charge la dame tant que ses proches qui l’accompagnaient ne versent pas au préalable la somme de «5 000 dollars américains» comme caution. La famille, quant à elle, proposait une avance de «500 dollars» et s’engageait à compléter le reste dans la journée. Chose que le personnel aurait refusée. Suite au drame, les autorités ont ordonné, la suspension temporaire du service des urgences de l’hôpital.
Face à cette décision des autorités, la direction de l’hôpital a décidé à son tour, ce vendredi 12 septembre 2025, de donner sa version des faits. Selon le Dr Joseph Bangambe, Directeur de l’établissement, dont les propos ont été rapportés par nos confrères de la Radio Okapi, la patiente avait été prise en charge aux urgences et orientée vers les soins intensifs, où les premiers soins lui ont été administrés.
Cependant, l’accompagnateur de la patiente aurait décidé, contre l’avis médical, de la transférer vers une autre structure. «Il n’y a pas eu de collaboration avec la personne qui accompagnait la malade. Les soins ont été donnés. Lorsque nous leur avons communiqué le montant à payer, ils n’ont pas souhaité signer un engagement pour régler plus tard. Ils ont préféré partir. Notre médecin aux urgences a estimé nécessaire que la patiente continue son traitement chez nous, mais l’accompagnateur a refusé et est parti contre un avis médical», a expliqué le Dr Bangambe. Il a ajouté que l’accompagnateur aurait même demandé à louer une ambulance pour assurer ce transfert, bien que l’état de la patiente fût critique.
Le directeur de l’hôpital a précisé que, comme dans tous les établissements, l’accès aux soins intensifs ou à la salle d’opération nécessite le versement d’une caution.
Selon lui, la responsabilité du transfert incombe à la famille, qui aurait pu proposer des modalités de paiement ou signer un engagement.
Pour de nombreux Congolais, ce drame n’est que la partie visible d’un mal beaucoup plus profond. Le Mouvement national des consommateurs parle d’un système où la santé est devenue un luxe. «La consultation médicale aujourd’hui dans un hôpital privé peut être à 50 dollars, voire même jusqu’à 200 dollars. Dans le cas de Divine, la famille est partie dans un hôpital. Le premier demande 5 000 dollars, le deuxième 2 000. Cela est un indicateur d’une absence totale de l’État. On ne peut plus continuer à jouer avec la vie et la santé des Congolais. Nous avons interpellé le gouvernement depuis bien longtemps, mais rien n’a changé», dénonce son coordonnateur, Joël Lamika.
Selon la Radio Okapi, le collectif prévoit une manifestation devant le siège du gouvernement pour réclamer justice et des mesures contre les abus dans les hôpitaux.
Par Valentin SOMANDE (Stagiaire)




























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