Plus de 2 000 participants sont attendus, à Ouagadougou, du 25 au 27 septembre 2025, à l’occasion de la septième édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) pour se pencher sur la réhabilitation et la fermeture des mines en Afrique. D’une production de «5,6 tonnes d’or en 2008», en 2024 la production totale d’or s’est établie à «60,771 tonnes soit respectivement 53,375 tonnes de production industrielle et 7,395 tonnes de production artisanale et sémi-mécanisée», a déclaré, face à la presse, ce mardi 16 septembre, le secrétaire général du Département en charge des Mines, Doulaye Sanou, qui est par ailleurs le Président du comité d’organisation (PCO) de la 7e édition pour signifier la portée de ce rendez-vous international réunissant les acteurs miniers et leurs partenaires.
Les responsables du ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières ont animé, ce mardi 16 septembre 2025, une conférence de presse de lancement de la septième édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) qui se déroulera du 25 au 27 septembre prochain dans la capitale burkinabè. Le secrétaire général du Département des Mines, Doulaye Sanou, Président du comité d’organisation (PCO) de l’édition 2025 de la SAMAO, a indiqué que la présente édition constituera également un cadre de partage d’expériences entre acteurs publics et privés de divers pays pour une gestion durable des ressources minières.

Ce qu’il faut savoir sur la 7e SAMAO
Comme à chaque édition, il est attendu pour la présente, «plus de 2 000 participants du Burkina Faso, de la sous-région et du reste du monde», a annoncé M. Sanou, pour qui, elle servira de tribune pour les acteurs de l’industrie minière, d’échanger sur la problématique de la réhabilitation et de la fermeture des mines avec en toile de fond le devenir des communautés locales. L’édition se tiendra au Centre International de Conférences de Ouaga 2000 sous le Haut Patronage du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Au rendez-vous 7 de la SAMAO, il y aura, sept sous-thèmes qui seront développés sous forme de conférences et/ou de panels par des experts nationaux et étrangers. Ils s’articuleront autour des thématiques principales suivantes : «projet minier et compensation foncière : enjeux, défis et perspectives ; réhabilitation et fermeture des mines : rôle des acteurs ; les techniques de réhabilitation et de fermeture des mines ; le devenir des terres réhabilitées ; la maîtrise des coûts de réhabilitation et de fermeture ; la surveillance environnementale post-réhabilitation et fermeture, et, la transition sociale et sociétale: Reconversion des travailleurs, opportunité de nouvelle vie pour les communautés locales».
Le PCO de la SAMAO 7 a affirmé qu’une session sera consacrée à «la présentation des innovations pour une exploitation minière verte». En outre, les «pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) «seront mis à l’honneur à travers une session dédiée à la présentation des réalisations de ces pays en lien avec la réhabilitation des mines», a-t-il poursuivi, ajoutant que des ateliers techniques, des rencontres B2B, des expositions d’engins miniers et des visites sur un site minier et un site touristique ou de carrière sont également au programme de cette édition.

Par ailleurs, d’autres activités dénommées «activités pré-SAMAO» se dérouleront également à la même période sous le thème : «Développer une industrie du ciment respectueuse de l’environnement à partir des ressources locales du Burkina Faso : entre défis techniques et opportunités économiques». Selon les conférenciers, cet atelier vise à contribuer à la valorisation des matériaux locaux dans l’industrie cimentière au Burkina Faso. Il permettra ainsi, entre autres, de «faire connaitre le potentiel existant des substances de carrières pouvant être utilisées dans la cimenterie et d’explorer les opportunités économiques et industrielles liées à l’exploitation des ressources locales afin de réduire la dépendance aux importations et de renforcer la capacité des industries nationales», a précisé Doulaye Sanou.
Des chiffres sur l’apport des mines au Burkina Faso
Le secrétaire général du Département des Mines, Doulaye Sanou, au cours de cette rencontre avec les représentants des médias, s’est d’abord attardé sur l’importance du secteur minier au Burkina Faso et dans le monde. Selon ses données, le secteur minier occupe une place prépondérante dans l’économie burkinabè.
Il a soutenu qu’en effet, les données socioéconomiques montrent un secteur d’activités résilient avec des indicateurs satisfaisants, plaçant le Burkina Faso sur l’échiquier africain comme un pays minier. «Au 31 décembre 2024 le Burkina Faso compte 22 Permis d’exploitation industrielle valides, dont 13 mines industrielles en production, trois en construction, trois en arrêt de production et trois en arrêt de construction ».
«On dénombre également sept mines semi-mécanisées, huit autorisations d’exploitation artisanales et plus 800 sites d’exploitation minière artisanale considérés comme informels. D’une production de 5,6 tonnes d’or en 2008, en 2024 la production totale d’or s’est établie à 60,771 tonnes soit respectivement 53,375 tonnes de production industrielle et 7,395 tonnes de production artisanale et semi-mécanisée», a-t-il révélé. Quant aux sociétés de carrières, 34 étaient en production avec 1 116 396 m3 de substances déclarées en 2024. Ainsi, les recettes directes au budget de l’Etat ont connu depuis 2008 une progression s’établissant à 567,226 milliards de FCFA en 2024 », a poursuivi M. Sanou.

Au-delà de la contribution directe au budget de l’Etat, l’industrie minière a été d’un apport considérable dans le développement des collectivités territoriales au Burkina Faso. En effet, «l’instauration depuis 2015 du Fonds Minier de Développement Local a permis de mobiliser de 2020 à 2024 plus de 157 milliards FCFA au profit des communes et régions» du pays des Hommes intègres «plus de 65 Milliards au Fond de soutien patriotique (FSP)».
En matière d’emplois, on dénombrait en 2024, «18 247 travailleurs dans les mines et 1 061 dans les carrières soit 19 308 personnes travaillant dans les mines et les carrières industrielles en 2024».
Mais l’arbre ne doit pas cacher la foret…
Toutefois, a modéré, M. Sanou, la contribution fort appréciable du secteur extractif au développement socio-économique des pays ne doit pas occulter qu’il demeure une source d’impacts néfastes pour l’environnement et les communautés riveraines si des mesures préventives ne sont pas prises.
En la matière, le Burkina Faso «s’est continuellement doté d’un cadre juridique spécifique visant à prendre en charge la question de la fermeture et la réhabilitation des mines de la phase de l’attribution du titre minier à la fin de l’exploitation», a fait savoir le secrétaire générale du ministère des Mines, faisant observer que c’est ainsi qu’il a été mis en place «deux fonds pour prendre en compte la réhabilitation et la fermeture des mines à l’instar de plusieurs autres pays d’Afrique».
Si ces différentes actions entreprises par les Etats peuvent être appréciées à leur juste valeur, il reste néanmoins que «plusieurs défis doivent être relevés pour une réussite de l’après mine pour les Etats et les communautés», a souligné M. Sanou, justifiant le choix du thème. Il s’agira donc pour les participants d’une part, de traiter de la problématique de la réhabilitation des mines dans toutes ses dimensions (restauration de l’environnement, démentellement des installations) et d’autre part, de discuter de la transition sociale et sociétale notamment, sur le devenir des communautés locales après la fermeture de la mine.
Il faut rappeler que la 6ème édition de la SAMAO s’est tenue du 26 au 28 septembre 2024 à Ouagadougou autour du thème: «Minéraux critiques : quelles stratégies de développement pour les pays africains ?».
Par Bernard BOUGOUM







































