Le reggaemeker burkinabè, Harouna Ouédraogo alias «POSITIF», dans un entretien accordé à Wakat Séra, le samedi 20 septembre 2025, revient, entre autres, sur son parcours, son style musical et les thématiques qu’il aborde dans ses chansons et ses vœux pour le Burkina Faso. Reggaemeker, cet artiste ayant deux sigles soutient que, «tout genre musical peut nourrir son homme»,
Wakat Séra: Qui est Harouna Ouédraogo alias « POSITIF » ?
Harouna Ouédraogo alias « POSITIF » : Je suis Harouna Ouédraogo à l’état civil et « POSITIF » comme nom d’artiste. Je suis ingénieur des travaux en génie civil de formation et j’exerce dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) à plein temps.
Y a-t-il une histoire derrière le nom POSITIF ?
Oui, le nom positif n’est pas venu comme çà. Quand je me suis engagé dans la musique depuis tout petit, j’ai eu beaucoup de surnoms. A l’école on m’avait surnommé « Jah H2O ». Un grand frère du quartier du nom de Tidiane Lingani m’a donné le nom « POSITIF ». Toujours au quartier, un ami de mon grand frère m’appelait « You » pour faire référence à la légende de la musique jamaïcaine « U Roy ». D’autres proches m’appelaient « Rasta ». Mais, quand je voulais me lancer réellement dans la musique, j’ai préféré garder le nom « POSITIF » parce qu’il a beaucoup de sens pour moi.
Comment avez-vous pris le virus de la musique et à partir de quand avez-vous commencé à la pratiquer ?
La musique, je dirais que c’est depuis le lycée pour ne pas dire la sixième-cinquième, au lycée Zinda Kaboré que le virus m’a pris. Au lycée, généralement, la plupart des soirs, on n’avait pas cours. Alors, après avoir révisé mes cours les soirs bien sûr, j’écoutais la musique. Je me rappelle qu’en sixième, les soirs, quand je n’avais pas autre chose à faire, j’écoutais la musique. Et cela a continué jusqu’en cinquième. C’est en écoutant la musique que l’idée, l’envie de chanter est née. Je n’avais pas de préférence, j’écoutais presque toute la musique burkinabè, je la consommais ainsi que bien d’autres musiques étrangères. Je n’avais pas de préférence du tout.
Pratiquez vous la musique actuellement à plein temps ?
Présentement, je ne pratique pas la musique à plein temps. C’est vrai que j’arrive à concilier les deux (musique et profession) mais ce n’est vraiment pas facile. La difficulté, c’est que je suis conditionné par des horaires au service qui vont du lundi au vendredi. Donc, c’est le samedi et le dimanche seulement qui m’appartiennent.
Je dirai même que de façon générale, la conciliation musique et puis travail, c’est difficile parce que souvent tu as des invitations, notamment, des médias que tu ne peux pas honorer. Çà fait que j’ai vraiment des problèmes de programmation au niveau des radios et autres structures des médias. Donc, le jumelage musique et puis travail, présentement, ça ne rime pas bien.
Quel style musical pratiquez vous ? Est-ce que vous avez des gens qui vous ont inspiré ?
Pour le moment mon style musical c’est le reggae. Pourquoi le reggae et pas autre chose ? C’est juste une question de goût, il n’y a pas d’explication en tant que telle. C’est le reggae qui est né en moi et par la suite des musiciens comme Roger Wango, Jumas Sandwidi, Kizito, Zèdess et j’en passe. Ajouter à ceux-là, les artistes au niveau international dont le King du reggae, Bob Marley, Lucky Dube, et bien d’autres, tous ces artistes ont été une grande source d’inspiration pour moi.
En parlant de votre style musical, vous avez insisté sur l’expression «pour le moment»…. Est-ce que cela veut dire qu’il se pourrait que vous changez par la suite ?
J’avais dit que je n’avais pas opté pour le reggae. Personnellement, c’est quelque chose qui est né en moi. Bon, on espère que çà va rester dans le reggae, mais est-ce qu’un autre style ne pourrait pas naître avec le temps, wait and see. Donc, je ne vais pas être très catégorique sur la question sinon c’est le reggae mon style et c’est ça que j’aime le plus.
Mais concrètement, est-ce que le style reggae nourrit son homme actuellement ?
Actuellement, on voit des gens réussir dans la musique, on voit des gens gagner des millions dans la musique. Pour moi, tout genre musical peut nourrir son homme. Il suffit seulement de bien faire ton travail, de te donner corps, âme et esprit, et bien t’appliquer.
Et à travers le reggae, quel est le message que vous voulez faire passer ?
Pour moi, d’abord, avec ma musique, je veux sensibiliser et puis donner des conseils par rapport à ce que nous vivons. Si je prends mes deux chansons déjà enregistrées, il y en a une qui est titrée « Barka-bé » qui veut dire qu’il y a la bénédiction. Et cette bénédiction, on l’obtient dans le respect des parents, des personnes âgées. Et le deuxième titre que j’ai surnommé « Burkina », dans cette chanson, on peut retrouver l’amour, la cohésion sociale et puis la paix. Pour dire que nous avons besoin d’amour, on doit s’aimer entre nous-mêmes. Et la cohésion sociale, pour dire que quel que soit le bord religieux de tout un chacun, il faut se respecter, accepter les autres parce qu’avant tout, nous sommes tous Burkinabè.
Quelle appréciation faites-vous du retour du public après la sortie de ces chansons ?
Honnêtement, pour le moment je suis en quête d’un retour de l’appréciation du public parce que je ne suis pas d’abord connu. Je fais tout pour la promotion de mes chansons et j’espère que quand le public aura fait connaissance de ce que je donne comme message, conseil, il y aura un retour très positif.
Est-ce que déjà vous existez dans la sphère médiatique ? Est-ce que sur les radios, vos chansons sont jouées ?
Je peux dire qu’on me joue dans quelques radios et j’ai déjà eu à passer à la radio nationale et d’autres du privé pour des entretiens. Je suis passé aussi au niveau de certains médias en ligne dont présentement Wakat Séra. Mais pour les télévisions, je n’ai pas encore fait de passage car je cherche des moyens pour faire un clip vidéo qui va m’ouvrir les portes des médias utilisant ce canal-là.
Quelles sont les difficultés particulières que vous rencontrez en tant qu’artiste ?
Bon, personnellement, ce que j’ai comme difficulté, c’est d’abord pouvoir concilier réellement ma musique avec le travail que je fais. Après c’est comment trouver les moyens pour faire un album. Et par la suite, il me faudra trouver des moyens pour faire la promotion de l’album dont certains des titres seront clipés. Si tu mets un album sur le marché et que tu n’as pas fait une bonne promotion, çà veut dire que cet album n’ira nulle part.
On voit que vous n’avez pas une maison de production qui vous accompagne, d’où certaines difficultés. Est-ce un choix ou bien vous n’en avez pas eu ?
Bon, ce n’est pas un choix, du moment où je n’ai pas les moyens pour faire quelque chose, l’idéal c’est d’avoir les moyens, ou bien avoir quelqu’un qui va t’aider pour le faire. Disons que je suis en quête. Je vais toucher les devanciers pour savoir où il faut toucher vraiment pour avoir un accompagnement.
Quel est votre mot de conclusion ?
Tout ce que nous pouvons faire, c’est si nous sommes en paix ou bien si nous avons la paix. Vous voyez, pour circuler, pour aller d’un point A à un point B, ce n’est pas souvent évident. Je veux dire que si tout le pays est en paix beaucoup de choses peuvent s’améliorer. Je fais allusion à la situation actuelle que nous vivons dans certaines parties du pays ou dans certaines contrées, que je qualifie de « vieille méchante » ou bien de « vieux méchant ». Vous voyez, s’il est là dans une localité, c’est vraiment très difficile de se déplacer… Moi, je parle en tant que musicien mais çà concerne toutes les autres catégories sociales du pays. C’est la même difficulté.
Donc, je vais dire que j’encourage vraiment tous ceux qui font tout pour que ce pays soit dans la paix. Je vais résumer les VDP, les FDS et tous ceux qui, tapis dans l’ombre et qui œuvrent pour que la paix revienne dans ce pays-là, vraiment, nous les soutenons et nous sommes avec eux. Que Dieu les aide à pouvoir tout faire pour que la paix revienne réellement dans ce pays. Donc, mon souhait c’est le retour à la quiétude, à la paix véritable que je chante.
Entretien réalisé par Bernard BOUGOUM




























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