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Burkina: « Ma brique pour Sankara »

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Le Comité international du Mémorial Thomas Sankara (CIMTS) a lancé, la campagne mondiale, « Ma brique pour Sankara », le vendredi 17 octobre 2025, lors d’une conférence de presse, à Ouagadougou. Cette action vise à récolter une centaine de milliards de francs CFA sur cinq ans pour réaliser le projet gigantesque dont le Mausolée du capitaine Noël Isidore Thomas Sankara, père de la révolution burkinabè, fait partie.

Les responsables du projet du Mémorial Thomas Sankara ont lancé une campagne pour récolter environ quatre milliards FCFA d’ici fin décembre, au cours d’une conférence de presse, le vendredi 17 octobre 2025, sur le site devant abriter l’initiative, au coeur de Ouagadougou. Face aux Hommes de médias, les conférenciers ont signifié que la campagne dénommée « Ma brique pour Sankara » est un appel à la participation citoyenne, une initiative solidaire et inclusive.

Le conseiller spécial du Premier ministre, Luc Damiba, qui est par ailleurs le secrétaire général du Comité international du Mémorial Thomas Sankara (CIMTS), a indiqué que le financement du Mémorial Thomas Sankara repose sur un modèle clair à savoir que l’Etat contribuera à hauteur de 60% et les 40% seront comblés par le peuple. « Au-delà des chiffres, il s’agit d’une philosophie, celle de Sankara lui-même qui nous demandait de compter d’abord sur nos propres forces », a dit le SG du CIMTS, soulignant que le projet de grande envergure est estimé à « plus d’une centaine de milliards FCFA ».

En effet, la stratégie de mobilisation de ressources pour la réalisation du projet du mémorial a identifié trois grandes sources de financement. « La contribution de l’Etat burkinabè et de ses démembrements, celle du secteur privé et des populations et l’apport des pays amis et des partenaires crédibles de l’extérieur », a affirmé Luc Damiba.

En plus du Mausolée déjà inauguré grâce au financement intégral de l’Etat burkinabè, constituant la première étape, 16 autres infrastructures éducative, culturelle et citoyenne attend d’être érige sur le site qui sera un espace de mémoire, d’éducation et d’inspiration pour les générations futures. Cette campagne invite tous les citoyens du monde qui se reconnaissent dans les valeurs de Thomas Sankara à apporter sa contribution symbolique ou matériel à la construction du Mémorial dédié au père de la révolution burkinabè.

L’architecture de renommée internationale, Diébédo Francis Kéré, porte le volet architectural. A travers des images et des vidéos, il a présenté le projet qu’il a expliqué point par point, avant de terminer par décliner les ambitions de l’initiative. « Je crois que ce que nous sommes en train de créer, c’est la vision du président Thomas Sankara, c’est pour le peuple », a dit M. Kéré.

« Quand on va finir la tour (longue de 87 mètres), vous allez venir célébrer une projection cinématographique sur le Fespaco sur le site où plus de 20 000 personnes pourront s’arrêter ou s’asseoir sur une esplanade. Il y aura un grand parc, il y aura une salle de conférence de 1 200 places, etc », a-t-il déclaré, terminant que le projet contient beaucoup d’éléments. Il a soutenu que les infrastructures qui seront faites à base de matériaux locaux n’auront pas besoin d’entretien pour 100 ou 200 ans.

Le premier responsable du « Cabinet Oméga Vision » en charge de la campagne, Eric Nazaire Zongo, a communiqué les différents canaux par lesquels les populations au niveau national et international pourront apporter leurs contributions. « Ce sont six canaux de contribution qui ont été mis en place pour garantir l’accessibilité maximum et répondre aux habitudes de paiement de tous les citoyens », a assuré M. Zongo.

Il s’agit au premier point de la création d’un guichet physique au site du Mémorial en vue de permettre un dépôt avec une remise de quittance. En deuxième lieu, les citoyens pour contribuer via le Mobile Money avec les réseaux privés de téléphonie que son Orange, Moov et Telecel. Troisièmement, les contributions qui ne peuvent pas passer par les deux premiers canaux, seront effectués par virement bancaire. Le quatrième canal concerne la mise en place de la plateforme « Faso Arzèka/Crowdfunding », un outil de l’Etat. Au niveau du cinquième canal, les contributions seront en dons et en nature, car le projet a un grand besoin de matériel. Le sixième axe pour permettre de récolter prendre en compte les mécènes et les sponsors.

La conférence de presse s’est poursuivie après la précision des différents canaux de contribution par une série d’appel à contributions. « Nous appelons tous les Burkinabè, les peuples de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), tous les africains (…) à apporter chacun sa brique pour Sankara et bâtir ensemble ce Mémorial universel, symbole de courage, de dignité et d’unité humaine où les générations présentes et futures apprendront que l’Afrique peut compter sur elle-même », a lancé le colonel-major à la retraite, Daouda Traoré, président du CIMTS.

« Il est des hommes dont la vie ne s’éteint jamais. Thomas Sankara est l’un de ceux-là. Il n’a pas vécu pour lui, il a vécu pour nous. (…) », a soutenu Nathalie Yamb, estimant qu’aujourd’hui, construire le Mémorial Thomas Sankara ce n’est pas seulement ériger des murs, c’est bâtir un temple de mémoire et d’espérance, un lieu où chaque enfant africain, va pouvoir venir apprendre qu’il est capable de transformer le monde ».

Elle poursuivi: « tout le monde ici ou ailleurs peut apporter sa pierre, sa brique à ce projet quel que soit sa taille, quel que soit son humilité. Thomas Sankara nous a appris que la vraie richesse d’un peuple ce sont ses enfants unis dans la solidarité et l’action. Chaque contribution, chaque franc, chacun de ces gestes seront un acte d’adhésion et d’engagement aux idéaux » que le père de la révolution burkinabè d’août 1983, feu le capitaine Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987, soit 38 ans, cette année, défendait.

Les conférenciers ont rassuré que la transparence, la traçabilité et l’intégrité guideront chaque étape de l’opération. L’objectif de cette campagne qui s’achève fin décembre 2025 est de mobiliser autour de quatre milliards FCFA, soit 8% des 40% qui sera la contribution citoyenne et du privé.

Par Bernard BOUGOUM