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UA-UE: l’Afrique entre partenariats et convoitises!

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L'Afrique attend beaucoup du sommet UA-UE de Luanda (Ph. d'illustration Les Echos)

Septième du genre et troisième se tenant sur le continent noir, le sommet Union africaine et Union européenne qui réunit, cette année au moins 80 chefs d’Etat et de gouvernement, ces lundi et mardi, à Luanda en Angola, plus que de simples agapes entre dirigeants, devrait constituer un tournant décisif, voire un nouveau départ dans les relations entre l’Afrique et l’Europe. «Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif», c’est, d’ailleurs, la thématique qui servira de pilier à la réunion. Elle est, du reste, assez évocatrice d’une volonté réelle, il faut l’espérer pas feinte, sait-on jamais, d’un changement de paradigme, dans un monde en mutation, pour ne pas dire en total bouleversement.  Une planète terre où les conflits, le commerce inéquitable, les détournements opérés par le biais des innovations technologiques dont l’incontournable Intelligence Artificielle, et le changement climatique, règnent en maîtres absolus, au détriment d’une Afrique noire qui «est mal partie», selon les adeptes de la théorie négationniste de René Dumont.

Longtemps couverts par le sceau de la condescendance portée par le péché originel de la colonisation, et d’une aide qui n’a jamais contribué au développement de «l’aidée», les rapports entre les deux continents ont toujours été ceux de dominant et de dominé, l’Afrique, étant l’éternelle assistée. Tout concourt à maintenir entre elle et ses «partenaires» européens des relations qui lui profitent peu ou prou. L’Afrique, c’est le continent où les droits de l’homme sont foulés au pied. L’Afrique, c’est le continent des guerres oubliées comme celles du Soudan et de l’est de la République du Congo, des terres de la famine comme la Somalie et l’Ethiopie, en son temps, des maladies, de la pauvreté, et désormais du terrorisme qui s’est enkysté dans le Sahel et s’invite de plus en plus dans les pays du Golfe de Guinée. L’Afrique, c’est aussi le continent où la mauvaise gouvernance et la corruption sont décriées à toutes les tribunes occidentales comme des plaies purulentes et inguérissables. L’Europe en vient presqu’à oublier que c’est l’argent détourné qui fait tourner à plein régime, nombre de ses banques et favorise l’acquisition de tous ces biens qui deviennent «mal acquis» dès qu’un dirigeant africain n’est plus en odeur de sainteté avec ses anciens maîtres.

En tout cas, il importe de porter une autre vision sur les relations entre l’Afrique et l’Europe, afin de les débarrasser de toutes ces tares qui les vicient. Maintenant qu’une société civile véritable prend, de plus en plus corps en Afrique, et que les populations aspirent à un réel mieux-être dans la dignité humaine, les pratiques et surtout le narratif qui font du continent celui «qui n’est pas encore entré dans l’histoire», devraient mourir de leur propre mort. D’ailleurs, toute autre option serait suicidaire pour le monde, car favoriserait et multiplierait les crises et les migrations, traînant avec elles leur lot de morts et de maux. Question: n’est-ce-pas le sous-sol de l’Afrique dont les richesses sont pillées ou bradées à satiété, qui sert de carburant à bien des économies européennes? Nul doute que de part et d’autre, à moins que le sommet de Luanda soit une foire de plus où l’hypocrisie sera la chose la mieux partagée, le multilatéralisme deviendra «effectif», pour «un partenariat robuste, équilibré et tourné vers l’avenir», comme l’espère le président du Conseil européen, Antonio Costa.

Mais il faudra que les dirigeants africains pensent bien commun et peuple, et ne se contentent plus des intérêts égoïstes et très personnels qui leur font signer des partenariats pour lutter finalement contre les pauvres et non contre la pauvreté!

Par Wakat Séra