Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC), en collaboration avec le ministère burkinabè en charge de la Communication, a organisé, ce mardi 10 mars 2026, à Ouagadougou, une rencontre avec les créateurs de contenus : blogueurs, activistes, influenceurs pour des échanges sur le thème: « Responsabilité sociale des acteurs du numérique pour une communication citoyenne au Burkina Faso ». Au pays des Hommes intègres, selon des chiffres officiels, plus de trois millions de personnes utilisent les réseaux sociaux.
Après la rencontre d’échange avec les patrons de presse et les directeurs de la communication et des relations presse des institutions et des ministères sur la gestion des plateformes numériques qui a eu lieu le 25 février 2026, le Conseil supérieur de la Communication (CSC) et le ministère en charge de la Communication, ont jugé utile de poursuivre la dynamique avec d’autres acteurs évoluant dans le secteur de la communication numérique. Il s’agit des blogueurs, des activistes et des influenceurs avec qui elles ont échangé sur la problématique de la responsabilité sociale des acteurs du numérique pour une communication sociale apaisée, porteuse de paix, de cohésion et de développement.
Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC), organe de régulation, en tandem avec le gouvernement via le ministère de la Communication, a rassemblé, ce mardi 10 mars 2026, à Ouagadougou, des créateurs de contenus pour échanger sur les dérives constatées sur des publications à travers des canaux : Facebook, WhatsApp et Tik-Tok notamment. La salle de conférence de l’ex-Conseil économique et social (CES) qui a servi de cadre pour la rencontre était déjà pleine avant 15H00, l’heure prévue pour commencer la rencontre. En première ligne, on y voyait certains figures emblématiques des «Wayignans» et des «BIR-C», fervents supporters du régime du capitaine Ibrahim Traoré qui est venu au pouvoir en fin septembre 2022.
«Le paysage médiatique burkinabè, faut-il le souligner, a connu une mutation profonde avec l’émergence d’un nouveau type d’acteurs. Ce sont les influenceurs, les web-activistes, les blogueurs et les leaders d’opinions digitaux. Ils disposent d’une audience massive, dépassant souvent celle des médias traditionnels et leur présence sur la toile a redéfini les contours de la circulation de l’information. Et par leur grande capacité de mobilisation et leur proximité avec les populations, ces acteurs jouent désormais un rôle de relais d’opinion déterminant pour la stabilité sociale et le soutien aux institutions», a déclaré le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo.
Malheureusement, a déploré M. Ouédraogo, «la diffusion rapide d’informations, parfois non vérifiées, s’accompagne de risques majeurs de désinformations, de fakenews, des discours de haine, d’intolérance religieuse et de stigmatisation. Ces dérapages se justifient en partie par la méconnaissance des textes qui encadrent les activités de communication au public». C’est pourquoi, face à ce constat, le CSC et le ministère de la Communication ont décidé d’unir leurs efforts pour sensibiliser et accompagner les différents acteurs pour une utilisation de l’espace civique numérique au service de la paix, de la cohésion sociale et du développement endogène de notre pays.
Pour le président du CSC, les participants ont la responsabilité de faire de l’espace numérique pour le pays un espace de dignité et de dialogue constructif. «Dans la situation que traverse notre pays, chaque mot qui sort de notre bouche, chaque phrase que nous écrivons, chaque image que nous publions doit exhorter, encourager, édifier, consolider nos acquis sur les plans sécuritaires, économiques et sociaux, et non diviser, ameuter, troubler ou installer la psychose ou les découragements. Chaque mot ou chaque image que nous choisissons avec soin, avec rigueur et responsabilité est aussi un geste en faveur de la paix, un acte de construction nationale », a-t-il soutenu.

Selon lui, les créateurs de contenus, doivent s’efforcer chaque jour de faire preuve d’«une plus grande responsabilité sociale, d’un engagement patriotique et citoyen qui contribuera à promouvoir un espace civique numérique au service de la paix et qui va constituer un contrepoids important au discours de haines, à la manipulation de l’opinion et autres publications malveillantes visant à nous diviser, à nous dévier de notre trajectoire vers la souveraineté et le développement». «C’est la meilleure manière d’accompagner les plus hautes autorités du Burkina Faso», a-t-il estimé.
La rencontre a permis de manière plus spécifique de rappeler le cadre juridique régulant la communication au Burkina Faso, sensibiliser sur les dangers de la désinformation et les discours de haine en période de crise, créer un canal de dialogue direct entre le CSC, le Département de la Communication et les acteurs du web, donc ces créateurs de contenus digitaux, et recueillir les préoccupations des éditeurs de contenus non professionnels pour un meilleur accompagnement. En effet, les participants ont demandé plus de formation et d’encadrement pour qu’ils puissent bien accompagner les autorités dans leur élan révolutionnaire.
Certains ont même proposé que les autorités rattachent les soutiens du pouvoir qui mènent la communication sur les réseaux sociaux à un ministère ou bien qu’on crée un Département qui leur sera dédié. D’autres ont posé des préoccupations surtout quand le ministre de la Communication, Pengdwendé Gilbert Ouédraogo, appuyé par la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) a évoqué des peines d’emprisonnement allant d’un à cinq ans et une peine d’amende (un à 5 millions FCFA) pour les contrevenants. Pour eux, cela pourrait casser le rythme ou fragiliser l’engagement des «Waygnans» et «BIR-C» qui sont un «rempart» pour le pouvoir.
Deux présentations ont été faites au cours de cette rencontre. La première faite par un représentant du CSC, Lamy Vouiwè Enoch, sur les cas de dérapages constatés sur les réseaux sociaux. La seconde communication a été réalisée par la BCLCC à travers son chargé de communication, Aimé Ouédraogo. Elle a porté sur les dérives et autres comportements illicites les plus répandus dans les cyberspaces et la répression en la matière. A base de publications aux contenus malsains qu’ils ont diffusés, ils ont sensibilisé les participants pour leur faire prendre consciences sur les conséquences des dérives de telles publications sur les réseaux sociaux».
Le ministre Gilbert Ouédraogo a été clair : «Nul n’est à l’abri de sanction», invitant les créateurs de contenus à «limiter et surveiller leurs postes pour modérer les commentaires». Face aux différentes interventions, il a apporté un recadrage. «Je voudrais qu’on comprenne très bien. Il ne s’agit pas de vous dire qu’il faut abandonner la lutte, ce n’est pas l’objectif. Ce serait fou de prendre des mesures contre nous-mêmes face à un ennemi qui est déterminé. Donc, c’est vous rassurer, il ne s’agit pas en fait de vous dire qu’il faut croiser les bras et laisser l’ennemi vous attaquer. On a simplement tenu à attirer votre attention sur un certain nombre de pièges».
Le président Louis Modeste Ouédraogo a rappelé que dans le cadre des actions d’éducation aux médias et à l’information, le CSC a élaboré et mis à la disposition de tous, dix conseils pour un usage responsable des réseaux sociaux numériques.
Par Bernard BOUGOUM




























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