Alors que Félix Tshisékédi pense tous les matins en se rasant, au changement contesté de la Constitution qui lui ouvrira les portes d’un troisième mandat, et le boulevard de la présidence à vie si affinités, ses concitoyens, eux, retiennent leur souffle, rêvant d’une deuxième participation de leur équipe nationale à la Coupe du monde de football. Les Léopards de la République démocratique du Congo ne sont, en effet, qu’à 90 minutes de cet exploit d’offrir des moments intenses de bonheur à tout un peuple. Avant tout, il leur faudra, pour devenir le 10e pays représentant de l’Afrique au Mondial Canada/Mexique/Etats-Unis, battre, ce mardi 31 mars, à Guadalajara au Mexique, les «Reggae Boyz» de la Jamaïque. Sans être trop haute, car les Jamaïcains sont loin d’être des foudres de guerre, la barre n’en n’est pas moins élevée, car à ce niveau de la course vers le Mondial, toutes les nations sont animées de la même volonté de fer de jouer dans la cour des grands.
Bien qu’éliminés en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, par les Fennecs d’Algerie, après prolongation, les Léopards congolais seraient allés plus loin dans la course au titre, que personne n’aurait crié au scandale. Ils avaient une équipe solide en défense et des attaquants aux jambes de feu qui n’ont manqué que d’un peu plus de réussite. Et comme pour dire que leurs ambitions internationales demeurent intactes, avant d’atteindre l’ultime bataille des barrages qu’ils doivent livrer ce soir de mardi, les poulains du sélectionneur-manager français, Sébastien Desabre, avaient dompté les Lions camerounais, avant de mettre du plomb dans les ailes des Supers Eagles nigérians. Excusez du peu! Mais c’est dire combien les Léopards de la RD Congo qui étaient totalement en perte de vitesse, paradoxe pour des félins réputés très rapides, ont repris du poil de la bête, au propre comme au figuré! Si les planètes continuent d’être alignées pour eux, les Léopards se donneront la fierté et surtout l’opportunité de laver cet affront mondial datant de 52 ans, lorsqu’ils se faisaient battre, en 1974, par 2-0 par l’Ecosse, avant de se faire laminer 9-0 par la Yougoslavie et ensuite de ramasser 3-0 et un carton rouge contre le Brésil. C’étaient leurs premiers pas sur la scène mondiale et ils furent ô combien douloureux, mais tout autant exaltants!
Et pendant que le cœur sportif de la RD Congo et de tout le continent noir battra sur les hauteurs du Pico de Orizaba, le plus haut sommet du Mexique, celui politique bouillonne toujours à Kinshasa où le pouvoir de Felix Tshisékédi est obsédé par le charcutage de la Constitution, dans le dessein difficile, voire impossible à cacher, de permettre au chef de l’Etat, alors que les armes crépitent toujours dans son pays, de chercher à briguer le troisième mandat de tous les dangers.
En tout cas, la qualification au Mondial 2026, si les Léopards s’arrachent pour l’obtenir, ne pourra pas faire le deuil des nombreux morts de l’est de la RD Congo en pleine guerre contre l’AFC/M23, mais donnera certainement du baume à des millions de cœurs meurtris!
Par Wakat Séra




























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