Accueil Monde Hausse des prix du carburant au Kenya, l’opposition menace d’envahir les rues

Hausse des prix du carburant au Kenya, l’opposition menace d’envahir les rues

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L’opposition kényane a averti, ce jeudi 16 avril 2026, qu’elle pourrait organiser des manifestations nationales dans un délai de «sept jours» si le gouvernement du président William Ruto ne prend pas des mesures pour endiguer la flambée des prix du carburant dans la plus grande économie d’Afrique de l’Est. Selon des médias, l’Autorité de régulation de l’énergie et du pétrole (EPRA), a annoncé, le mercredi 15 avril 2026, une hausse de «24,2 %» sur les prix de détail du carburant tout en justifiant cette augmentation par l’envolée des cours mondiaux du brut liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Depuis le 15 avril 2026, le Kenya fait face à une crise sociale majeure suite à une hausse record des prix du carburant annoncée par l’Autorité de régulation de l’énergie et du pétrole (EPRA) . Cette décision a déclenché des menaces immédiates de manifestations nationales de la part de l’opposition et des associations de la société civile.

Selon plusieurs sources médiatiques, le prix de détail du carburant a augmenté de «24,2 %» dans le pays. Le régulateur a invoqué le coût des produits importés, qui aurait bondi de près de 68,7 %, pour justifier ce relèvement des prix de détail.

L’EPRA justifie ces augmentations par l’envolée des cours mondiaux du brut liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et par une hausse des coûts d’importation de près de 69 %. Pour tenter d’amortir le choc, le gouvernement a réduit la TVA sur le carburant de «16 %» à «13 %» mais, cette mesure est jugée «insuffisante» par les observateurs.

Face à cette situation, les leaders de l’opposition, dans un communiqué conjoint publié ce jeudi 16 avril 2026, ont donné au président William Ruto un délai de «sept jours» pour réviser les accords d’importation et réduire les taxes, faute de quoi des manifestations nationales seront organisées.

L’opposition exige l’annulation de l’accord-cadre intergouvernemental sur le pétrole, la suspension des taxes sur l’entretien des routes et le logement social, la suppression de la TVA sur les carburants, ainsi que l’arrêt de la hausse des cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (NSSF). Elle estime que ces prélèvements ont aggravé la crise du coût de la vie déjà alimentée par la récente hausse des prix du carburant.

L’opposition réclame également la démission immédiate et des poursuites judiciaires contre le ministre de l’Énergie, Opiyo Wandayi, et le ministre du Commerce, Lee Kinyanjui, qu’elle accuse d’être impliqués dans un «scandale du carburant ayant fait exploser les prix à la pompe».

Parmi les propositions avancées figurent la «suspension de la taxe d’entretien des routes, récemment portée de 18 à 25 shillings par litre», la «suspension de la taxe sur le logement abordable» et l’«arrêt de la hausse des cotisations à la NSSF, des mesures qu’elle juge excessivement lourdes pour les travailleurs».

Les opposants accusent enfin le gouvernement Ruto d’exploiter les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pour restructurer les accords d’importation de carburant à des «fins lucratives», estimant que la crise aurait été instrumentalisée pour renégocier les prix avec les fournisseurs internationaux de pétrole.

Par Valentin SOMANDE