Accueil Monde RDC: l’opposition prépare une riposte contre l’adoption d’un projet de réforme constitutionnelle

RDC: l’opposition prépare une riposte contre l’adoption d’un projet de réforme constitutionnelle

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L’adoption par le Sénat congolais, lundi 15 juin 2026, d’un projet de réforme constitutionnelle ouvrant la voie à une nouvelle candidature de Félix Tshisekedi a déclenché une tempête politique en République démocratique du Congo. Le chef de l’État fait désormais face à une opposition unie qui exige sa démission et annonce une grande mobilisation populaire.

La crise politique s’intensifie en République démocratique du Congo après l’adoption définitive par le Parlement d’un projet de loi permettant l’organisation d’un référendum constitutionnel. Ce texte, validé successivement par l’Assemblée nationale puis par le Sénat le 15 juin, pourrait offrir au président Félix Tshisekedi la possibilité de briguer un troisième mandat en «effaçant juridiquement» les mandats déjà exercés sous l’actuelle Constitution.

Au pouvoir depuis 2019, le président congolais n’a jamais caché son intention de se représenter. Il a même affirmé sa volonté de solliciter un nouveau mandat si les électeurs approuvent la future Constitution lors d’un référendum dont la date n’a pas encore été fixée. Une perspective qui provoque une levée de boucliers au sein de l’opposition, laquelle estime que cette réforme constitue une remise en cause de l’ordre constitutionnel.

Les adversaires du chef de l’État dénoncent, notamment, une manœuvre destinée à contourner l’interdiction de modifier les dispositions relatives à la limitation des mandats présidentiels. Le projet s’appuie sur une clause permettant au président de réviser la loi fondamentale en cas de «dysfonctionnement majeur» des institutions, un argument que l’opposition rejette fermement.

Face à ce qu’elle considère comme une «tentative de confiscation du pouvoir», la Coalition Article 64 (C64), qui rassemble plusieurs figures majeures de l’opposition, a durci le ton. Réunie le 16 juin pour évaluer les récents événements politiques, elle a annoncé l’organisation d’une marche pacifique nationale le 8 juillet prochain avec pour destination symbolique le Palais présidentiel. Son objectif: exiger la démission de Félix Tshisekedi.

Pour Martin Fayulu, l’un des leaders de cette coalition, «le président a perdu toute légitimité en cherchant à prolonger son maintien au pouvoir». D’autres responsables politiques, parmi lesquels Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, partagent cette position et accusent le régime de s’éloigner des principes démocratiques.

Cette confrontation politique intervient dans un contexte particulièrement délicat. Le pays est confronté à une résurgence de l’épidémie d’Ebola tandis que les combats se poursuivent dans l’est de la RDC, où les rebelles du M23 et de nombreux groupes armés continuent de défier les forces gouvernementales. Félix Tshisekedi a d’ailleurs récemment laissé entendre que les élections présidentielles prévues en 2028 pourraient être compromises tant que la stabilité ne serait pas rétablie.

Les débats parlementaires ayant conduit à l’adoption de la réforme se sont déroulés sans la participation des élus de l’opposition, qui avaient quitté les discussions plusieurs semaines auparavant. Malgré ces tensions, les partisans du pouvoir défendent un texte qui, selon eux, permettra au peuple congolais d’exercer pleinement sa souveraineté à travers les urnes.

La bataille autour de l’avenir institutionnel du pays ne fait toutefois que commencer. Entre un président résolu à poursuivre son parcours à la tête de l’État et une opposition désormais rassemblée contre ce projet, la RDC s’engage dans une séquence politique à haut risque dont l’issue pourrait redessiner durablement son paysage démocratique.

À quelques semaines de la marche annoncée par l’opposition, le bras de fer entre Félix Tshisekedi et ses adversaires prend une tournure décisive. Alors que le chef de l’État persiste dans son ambition de briguer un troisième mandat, ses opposants promettent de multiplier les actions pour empêcher ce qu’ils qualifient de «dérive constitutionnelle», faisant planer le risque d’une nouvelle escalade des tensions politiques dans le pays.

Par Valentin SOMANDE