Le tribunal de Pretoria a rejeté, ce jeudi 18 juin 2026, la demande de mise en liberté sous caution de l’activiste panafricaniste Kemi Seba et de ses co-accusés. La justice sud-africaine poursuit l’examen de leur dossier mêlant questions migratoires, accusations pénales et procédure d’extradition vers le Bénin.
Le président de l’ONG «Urgences Panafricanistes», Kemi Seba, restera en détention en Afrique du Sud. Réuni ce jeudi 18 juin 2026, le tribunal de Pretoria a refusé de lui accorder une liberté provisoire, estimant que les conditions requises par la loi n’étaient pas réunies.
Cette décision concerne également ses co-accusés, qui demeurent incarcérés dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. Les magistrats ont notamment tenu compte des risques de fuite et des investigations encore en cours dans cette affaire aux multiples ramifications.
Le dossier doit connaître une nouvelle étape le 14 juillet prochain, date à laquelle la justice sud-africaine examinera la demande d’extradition formulée par les autorités béninoises. Cette audience pourrait être déterminante pour l’avenir judiciaire de l’activiste.
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, avait été arrêté, le 13 avril 2026, dans un centre commercial de Pretoria. Les autorités sud-africaines affirment qu’il se trouvait alors en compagnie de son fils et de plusieurs collaborateurs, dont le militant afrikaner François van der Merwe. Selon la police, le groupe projetait de quitter clandestinement le territoire sud-africain en direction du Zimbabwe par la frontière du Limpopo.
Au cours de l’opération, les forces de l’ordre ont saisi près de «13 000 euros», soit «près de 9 millions de francs CFA», somme qui aurait été destinée au paiement de passeurs. Les enquêteurs ont également relevé que le visa sud-africain de Kemi Seba était expiré au moment de son interpellation.
Depuis sa déchéance de la nationalité française en 2024, l’activiste voyage avec un passeport diplomatique nigérien. Par ailleurs, la justice sud-africaine a ordonné des vérifications financières visant François van der Merwe, soupçonné d’avoir bénéficié de soutiens provenant de réseaux ultranationalistes russes. Kemi Seba fait également l’objet de critiques récurrentes, l’accusant de relayer les positions de Moscou sur le continent africain.
L’affaire a pris une dimension diplomatique supplémentaire à la fin du mois de mai, lorsqu’un nouveau mandat d’arrêt international, transmis par Interpol à la demande du Bénin, lui a été notifié. Cotonou réclame son extradition pour répondre de plusieurs accusations, notamment son «implication présumée dans la tentative de coup d’État de décembre 2025», ainsi que des «faits de blanchiment de capitaux», d’«apologie de crime» et d’«incitation à la haine et à la violence».
En maintenant Kemi Seba et ses co-accusés derrière les barreaux, la justice sud-africaine envoie un signal de fermeté dans une affaire aux enjeux judiciaires et diplomatiques majeurs. Tous les regards sont désormais tournés vers l’audience du 14 juillet, qui devra trancher sur la validité de la demande d’extradition présentée par le Bénin.
Par Valentin SOMANDE




























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