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Burkina: des marchandises frauduleuses de plus de 734 millions F CFA interceptées

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(Ph. Faso24)

La Direction générale des douanes (DGD) intensifie sa lutte contre les trafics illicites. Le jeudi 18 juin 2026 à Ouagadougou, les autorités douanières ont présenté le bilan de l’opération spéciale «Burkindi», menée du 1er mai au 15 juin 2026 aux hommes des médias. Cette opération a permis la saisie de marchandises frauduleusement introduites sur le territoire national d’une valeur globale estimée à «734,19 millions FCFA».

Pendant 45 jours, les unités douanières déployées sur le terrain ont multiplié les contrôles sur les principaux corridors et zones sensibles du Burkina Faso. Les résultats dévoilés, ce jeudi 18 juin 2026, à Ouagadougou, témoignent de l’ampleur des trafics auxquels les services douaniers restent confrontés. D’une valeur totale de plus de 734 millions F CFA, les saisies concernent des produits pharmaceutiques, des substances dangereuses, des denrées alimentaires ainsi que divers produits introduits dans le pays en violation de la réglementation nationale.

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Parmi les marchandises interceptées, figure le «tapentadol» avec «264 000 comprimés» saisis pour une valeur estimée à «190,25 millions F CFA». À cela, s’ajoutent «276 960 comprimés de médicaments de la rue» évalués à «6,92 millions FCFA» et «800 kilogrammes de pénicilline» représentant une valeur de «40 millions F CFA».

Les services douaniers ont également saisi «108 fûts de cyanure» transportés par cinq tricycles, estimés à «15,75 millions F CFA». «3 983 cartons d’herbicides non homologués» d’une valeur de «298,73 millions F CFA» ont aussi été saisis. Il s’agit de la plus importante saisie, en valeur, enregistrée durant l’opération. Au total, les marchandises dangereuses et produits sensibles représentent une part significative des «734,19 millions de FCFA» de saisies réalisées.

(Ph. Faso 24)

Les opérations ont aussi permis l’interception de plusieurs produits alimentaires introduits sans les formalités requises. Il s’agit, notamment, de «sept tonnes de sucre en poudre», «310 bidons d’huile végétale», «200 cartons de pâtes alimentaires», «1 600 plaquettes de boissons sucrées» et «320 cartons de lait concentré sucré», «22 rouleaux de cordeaux détonants» et «5000 unités de détonateurs électriques». Les agents des douanes ont, par ailleurs, saisi «cinq tricycles», «trois camions», «huit camions chargés d’anacarde» ainsi que «treize motos de type Apache» dont l’importation est interdite.

Face à la pression des contrôles douaniers, les fraudeurs ne cessent de libérer leur génie créateur pour se tirer d’affaires. Entre utilisation des tricycles comme moyens de transport pour éviter les grands axes routiers, produits prohibés ou non déclarés enfouis au milieu des marchandises déclarés, ils tentent de déjouer la vigilance des gabelous. Mais c’est sans compter avec la détermination des agents des douanes à venir à bout du phénomène.

(Ph. AIB)

Le Directeur général des douanes, Dr Yves Kafando, a souligné que les fraudeurs adaptent constamment leurs méthodes. «Ce matin encore, nous avons constaté que certains fraudeurs utilisent désormais des tricycles pour transporter des produits tels que le cyanure. Cela démontre la nécessité de rester vigilants et de nous adapter continuellement. «Le mode opératoire des fraudeurs évolue, mais nous avons les moyens de nous y adapter. Leurs modes opératoires ne sont pas au-dessus de nos compétences, capacités. C’est l’occasion de remercier le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, qui nous donne les moyens de nous adapter aux nouvelles pratiques», a-t-il déclaré.

Présentant le bilan de l’opération «Burkindi», Dr Yves Kafando a salué l’engagement des agents mobilisés sur le terrain, ainsi que la collaboration de la police, des Volontaire pour la Défense de la Patrie (VDP) et des populations qui permettent d’engranger des résultats sur le terrain. «Cette opération a permis de saisir plusieurs catégories de marchandises interdites, non autorisées ou impropres à la consommation qui avaient été introduites frauduleusement sur le territoire national. Ces résultats démontrent que la fraude persiste. Toutefois, ils montrent également la détermination des agents des douanes à lutter contre ces pratiques», a-t-il affirmé.

(Ph. Faso 24)

Aux fraudeurs, il a adressé un message de fermeté: celui de l’engagement sans faille de l’administration douanière à ne laisser aucun passage à ceux qui se mettent de travers des lois économiques et commerciales. «Notre message est unique et reste le même: nous n’allons laisser prospérer aucune pratique de fraude sur l’ensemble du territoire national», a martelé Dr Kafando.

Face à certains chauffeurs qui s’adonnent à la fraude ou qui sont complices des fraudeurs, en transportant leurs produits de fraude à l’insu des propriétaires des camions, le transporteur Ambroise Ouedraogo a appelé tous les acteurs à faire preuve de responsabilité, à avoir le sens de l’intérêt général.

Pour les autorités douanières, cette opération confirme la nécessité de poursuivre le renforcement des contrôles afin de protéger la santé publique, préserver les recettes de l’État et garantir une concurrence loyale entre les opérateurs économiques. La Direction générale des douanes assure ainsi qu’elle maintiendra la pression sur les réseaux de fraudes qui continuent d’alimenter les circuits clandestins d’approvisionnement du pays.

Par Valentin SOMANDE