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Soudan: l’ONU redoute un nouveau drame à El Obeid, dans le Kordofan

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© IOM/Philippa Lowe La guerre continue de faire rage au Soudan depuis plus de trois ans.

L’ONU a tiré la sonnette d’alarme jeudi face au risque d’une offensive imminente contre El Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord, au Soudan, mettant en garde contre une catastrophe humanitaire et de nouvelles atrocités contre les civils.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit profondément préoccupé par l’intensification des combats dans et autour de cette ville stratégique, où les attaques de drones et les bombardements ont déjà fait des victimes civiles et endommagé des infrastructures essentielles.

Selon son porte-parole, Stéphane Dujarric, le chef de l’ONU est particulièrement alarmé par des informations faisant état d’un important déploiement de renforts militaires des Forces de soutien rapide (FSR) aux abords d’El Obeid. Cette concentration de troupes pourrait annoncer une offensive terrestre imminente contre la ville.

«Nous ne devons pas permettre que les horreurs d’El Fasher se répètent à El Obeid», a averti M. Dujarric, appelant toutes les parties à faire preuve de retenue et à prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre civile sanglante opposant les forces armées soudanaise (FAS) aux paramilitaires des FSR.

Les familles déplacées de Kordofan lavent leurs vêtements dans un centre d'accueil soutenu par l'UNICEF dans l'État de Gedaref, au Soudan, au milieu du conflit en cours.
UNICEF/Osman Saif. Des familles déplacées de la région du Kordofan lavent leurs vêtements dans un centre d’accueil de l’État de Gedaref, dans le sud-ouest du pays (photo d’archives).

Un scénario redouté

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lui aussi lancé un avertissement sévère. Selon lui, une attaque contre El Obeid risquerait d’entraîner de graves violations du droit international et d’aggraver encore la situation d’une population déjà éprouvée par plus de dix-huit mois de conditions assimilables à un siège.

«Nous avons déjà vu ce scénario», a-t-il déclaré, évoquant les violences documentées l’an dernier à El Fasher et dans le camp de déplacés de Zamzam, au Darfour du Nord.

Le chef des droits de l’homme de l’ONU a estimé que le risque d’exécutions sommaires, d’enlèvements, de détentions arbitraires et d’autres violences contre les civils était élevé en cas d’offensive.

Les drones aggravent la crise

Au cours des deux dernières semaines, des dizaines de frappes de drones ont visé El Obeid, notamment des stations-service et des camions de ravitaillement. Ces attaques ont provoqué des pertes en vies humaines et perturbé l’accès de la population aux services de base.

Parmi les victimes figure un travailleur humanitaire tué lors d’une frappe dans un quartier résidentiel de la ville.

El Obeid constitue un centre logistique essentiel pour les opérations d’aide humanitaire dans l’ensemble de la région du Kordofan. Malgré la détérioration de la situation sécuritaire, les organisations humanitaires continuent d’y fournir une assistance.

Le Secrétaire général a insisté sur la nécessité de garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et la libre circulation de l’aide. Il a également demandé que les civils souhaitant quitter la ville puissent le faire en toute sécurité, tandis que ceux qui choisissent d’y rester doivent être protégés et avoir accès à l’assistance dont ils ont besoin.

António Guterres et Volker Türk ont enfin appelé les États ayant une influence sur les parties au conflit à agir sans délai afin d’éviter un nouveau bain de sang et de favoriser une solution négociée à cette guerre qui ravage le Soudan depuis plus de trois ans.