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El Niño menace 49 millions de personnes de faim, le PAM intensifie sa riposte

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© PAM / Gabriela Vivacqua Un agriculteur inspecte une récolte de maïs ravagée par la sécheresse en Zambie

Le phénomène climatique El Niño pourrait aggraver l’insécurité alimentaire dans 45 pays déjà fragilisés, selon une analyse publiée mercredi par le Programme alimentaire mondial (PAM). D’ici à la fin de 2027, près de 49 millions de personnes supplémentaires risquent de basculer dans une situation de faim aiguë. Face à cette menace, l’agence onusienne renforce dès à présent ses mesures de préparation et d’intervention.

Les projections du PAM s’appuient sur les enseignements du précédent épisode El Niño de 2015-2016, qui avait touché entre 60 et 100 millions de personnes. Dans les 45 pays étudiés, le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë pourrait ainsi passer de 225 à 274 millions d’ici à la fin de 2027, soit une hausse d’environ 22 %.

«El Niño représente une menace considérable pour la sécurité alimentaire de millions de personnes qui sont déjà vulnérables», a déclaré Carl Skau, Directeur exécutif par intérim du PAM. «Plus tôt nous aiderons les familles à se préparer à ces chocs climatiques, plus nous serons en mesure de sauver des vies et de protéger les moyens de subsistance.»

24 millions d’Africains sous la menace de la faim

L’Amérique centrale et l’Afrique australe figurent parmi les régions les plus exposées. L’Afrique de l’Est ainsi que certaines parties de l’Asie devraient également subir des récoltes compromises par la succession de sécheresses, d’inondations et d’épisodes de chaleur extrême.

Dans les Caraïbes et en Amérique du Sud, le PAM prévoit l’une des plus fortes dégradations de la sécurité alimentaire, avec plus de 16 millions de personnes supplémentaires touchées. L’Amérique centrale devrait enregistrer la hausse relative la plus importante parmi toutes les régions étudiées (+83,1 %).

En Afrique de l’Est et en Afrique australe, plus de 18 millions de personnes pourraient voir leur situation alimentaire se dégrader, soit une augmentation de 26 %. Les pays d’Afrique australe sont particulièrement vulnérables, une grande partie des ménages dépendant d’une agriculture pluviale de subsistance.

En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, l’insécurité alimentaire aiguë pourrait progresser de 12 %, touchant près de six millions de personnes supplémentaires.

En Asie et dans le Pacifique, environ 8,2 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans plusieurs pays déjà vulnérables.

Une main tient un smartphone affichant le logo de l'application mobile « EWAA Early Warning and Anticipatory Action », avec le logo de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture visible en bas de l'écran.
ONU Info / Daniel Dickinson Un agriculteur de Madagascar montre une application qui l’aide à se préparer à l’arrivée de phénomènes météorologiques extrêmes.

Chaque dollar investi en prévention en économise jusqu’à sept

Face à ces projections, le PAM et ses partenaires renforcent dès à présent leurs mesures de préparation afin d’anticiper les inondations, les sécheresses et les tempêtes avant qu’elles ne frappent.

En étroite collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et d’autres partenaires, l’agence a élaboré des plans d’action anticipée dans plus de 50 pays, aide les gouvernements à mieux se préparer et soutient les communautés dans leurs efforts de réduction des risques.

Depuis mai, le PAM a déclenché des plans d’action anticipée au Soudan du Sud, au Tchad, en Mauritanie, en Ouganda, au Guatemala et au Salvador. Plus de 14 millions de dollars ont ainsi été débloqués pour financer des interventions vitales en faveur d’environ un demi-million de personnes.

Ces interventions aident les communautés et les gouvernements à mieux se préparer aux chocs climatiques tout en réduisant les besoins humanitaires futurs. Selon le PAM, les enseignements tirés des précédents épisodes d’El Niño montrent qu’un dollar investi dans des mesures d’anticipation permet d’économiser entre trois et sept dollars en pertes évitées et en coûts d’intervention.

«Les inondations et les sécheresses graves peuvent rapidement faire basculer des communautés résilientes dans la crise. Le PAM intensifie déjà ses interventions précoces dans huit pays et se tient prêt à aller encore plus loin», a insisté M. Skau.

Source: ONU Info