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Tchad: 239 cas de choléra dont 13 décès

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Au Tchad, l’épidémie de choléra continue de gagner du terrain. Selon un rapport de situation du ministère de la Santé publique publié début août 2026, 239 cas confirmés et 13 décès ont été enregistrés depuis la mi-juin. Les autorités, avec l’appui de plusieurs partenaires, multiplient les actions de prévention, de prise en charge et de vaccination pour contenir la maladie.

Le choléra poursuit sa progression au Tchad. D’après le rapport de situation (SITREP n°029) du ministère de la Santé publique, publié début août 2026, le pays a enregistré 239 cas confirmés et 13 décès depuis l’apparition de l’épidémie à la mi-juin. Au cours des 48 heures précédant la publication du document, onze nouveaux cas et un décès supplémentaires ont été recensés, portant le taux de létalité national à 5,4 %, un niveau bien supérieur au seuil de référence de 1 %.

L’épidémie a été détectée pour la première fois le 13 juin dans la localité de Karal, située dans la province du Hadjer Lamis. Deux cas suspects y avaient alors été signalés avant que les analyses réalisées trois jours plus tard ne confirment la présence du Vibrio cholerae O1 Ogawa. Après plusieurs semaines, la maladie a atteint la capitale N’Djaména, où les premiers cas suspects sont apparus le 19 juillet dans le district sanitaire de N’Djaména Nord. La confirmation biologique est intervenue le 21 juillet et les autorités ont officiellement déclaré l’épidémie dans la capitale le 24 juillet.

Karal demeure l’épicentre de la flambée avec 168 cas cumulés. Toutefois, la situation est particulièrement préoccupante à N’Djaména, où 72 cas et 8 décès ont déjà été enregistrés.

La capitale affiche un taux de létalité de 11,11 %, avec une situation plus critique encore dans le district de N’Djaména Centre, où ce taux atteint 18,8 %. N’Djaména Nord reste, quant à lui, le secteur le plus actif, concentrant les onze nouveaux cas signalés durant la période de référence.

À ce jour, l’épidémie concerne deux provinces, trois districts sanitaires et 44 villages ou quartiers répartis dans huit zones de responsabilité active, notamment Karal 1, Karal 2, Baltram, Alkouk, Djougoulié, Madjorio, Farcha et Mara.

Le rapport indique également que 212 patients, soit près de neuf malades sur dix, ont été guéris, tandis qu’environ 6 % des cas restent hospitalisés. Les autorités sanitaires soulignent néanmoins que cinq des treize décès sont survenus au sein des communautés avant toute prise en charge médicale, révélant des difficultés persistantes dans l’identification rapide des personnes infectées.

Pour faire face à cette situation, le gouvernement tchadien poursuit sa riposte avec le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’UNICEF, de Médecins sans frontières (MSF) et de la Croix-Rouge du Tchad, sous la coordination du Comité opérationnel de la surveillance et de la préparation (COUSP).

Cinq structures sanitaires prennent actuellement en charge les patients atteints de choléra. Par ailleurs, 28 agents de santé ont été formés aux protocoles de prise en charge et 63 autres prestataires ont bénéficié de sessions de sensibilisation.

La campagne de vaccination se poursuit dans le district de N’Djaména Nord, où 160 922 personnes sont ciblées. À la date la publication du rapport, 50 799 personnes avaient reçu une première dose, soit une couverture vaccinale de 31,57 %.

En parallèle, les équipes chargées de la prévention et du contrôle des infections ont procédé à la désinfection de 847 ménages dans les zones affectées. Des activités de sensibilisation communautaire sont également menées dans plusieurs quartiers de la capitale avec l’implication du Conseil national de la Jeunesse du Tchad et de l’ONG Almoussada.

Alors que la propagation du choléra se poursuit, les autorités sanitaires misent sur le renforcement de la surveillance, de la vaccination et de la mobilisation communautaire pour limiter la transmission. Le rapport du ministère de la Santé publique publié début août 2026 souligne toutefois que l’amélioration de la détection précoce des cas et l’accès rapide aux soins demeurent des défis majeurs pour réduire la mortalité liée à cette épidémie.

Par Valentin SOMANDE