Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) tire la sonnette d’alarme face à l’accélération des arrivées de réfugiés soudanais au Tchad. Selon les données publiées, ce vendredi 25 septembre 2026, par l’organisation, plus de 55 000 personnes ont franchi la frontière depuis le début de l’année, alors que les ressources destinées à l’aide humanitaire restent largement insuffisantes.
Le déplacement des populations soudanaises vers le Tchad connaît une nette accélération. Selon le HCR, plus de 400 personnes ont traversé chaque jour, au cours de la semaine écoulée, les principaux points de passage d’Adré et de Tiné. Un rythme qui représente environ vingt fois la moyenne quotidienne enregistrée au cours des derniers mois. Selon l’organisation, depuis janvier 2026, plus de 55 000 personnes ont franchi la frontière.
Depuis le déclenchement de la guerre au Soudan, en avril 2023, près d’un million de réfugiés soudanais ont trouvé refuge au Tchad, faisant de ce pays l’un des principaux territoires d’accueil des populations ayant fui le conflit.
Cette nouvelle vague d’arrivées est notamment liée à la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs régions soudanaises. Les combats, les frappes aériennes et les attaques de drones dans le Darfour, le Kordofan et l’État du Nil Bleu contraignent davantage de familles à prendre le chemin de l’exil. À cette insécurité, s’ajoutent des difficultés climatiques, dont la sécheresse, qui aggravent les conditions de vie des populations.
Des besoins humanitaires toujours sous-financés
Face à l’ampleur des besoins, le HCR alerte également sur l’insuffisance des financements internationaux. Seulement 18 % des 1,6 milliard de dollars nécessaires au Plan régional de réponse pour les réfugiés ont, à ce jour, été mobilisés.
Cette pénurie de ressources complique notamment la relocalisation des nouveaux arrivants. Plus de 190 000 réfugiés vivent encore dans des conditions particulièrement précaires à proximité de la frontière, faute de moyens suffisants pour les transférer vers des sites d’accueil mieux équipés.
Le conflit a déjà provoqué environ 11,3 millions de déplacements internes et externes, confirmant l’ampleur exceptionnelle de la crise humanitaire qui frappe le Soudan.
Par Valentin SOMANDE







































