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SIAO 2026: Ouagadougou, une terre de rencontres, de découvertes et d’opportunités

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Le chef de l'Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré coupant le ruban marquand l'ouverture officielle de la 18e édition du SIAO

Le chef de l’Etat burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a ouvert, ce vendredi 30 octobre 2026, la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) qui se déroulera du jusqu’au 8 novembre. Une biennale qui fait de la capitale burkinabè une terre de rencontres, de découvertes et d’opportunités. Selon les organisateurs de l’évènement, ce sont plus 6 000 exposants et 800 000 visiteurs qui sont attendus à ce 18e rendez-vous de la promotion de l’artisanat africain. Discours, coupure du ruban consacrant officiellement l’ouverture de la foire et des expositions, visite des stands, ont été les moments marquants de cette cérémonie d’ouverture.

C’est parti pour la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). Le top départ de cette manifestation culturelle majeure qui se tiendra en dix jours et fera la capitale burkinabè le carrefour mondial de l’artisanat africain, a été donné par le guide de la Révolution progressiste populaire (RPP), le capitaine Ibrahim Traoré himself. Cette édition comme les dernières contribuera à magnifier les artisans, ceux qui ont l’art chevillé au corps et l’intelligence de donner une autre vie, une autre forme, une autre expression de beauté à toute matière au bois, au bronze, au cuir, au coton, à l’argile. Ce Salon se tient dans un contexte où la souveraineté est la boussole de l’action politique. Cette 18e édition mettra en exergue la puissance de la créativité et l’immensité du talent des artisans africains.

Une vue des officiels de la cérémonie

Ainsi, du 30 au 8 novembre prochain, les artisans africains venus de tous les horizons du monde, vont exposer leur savoir-faire et contribuer par-là à réaffirmer tout le talent qu’ont les Africains. Des vêtements aux chaussures en passant par les sacs à main aux produits de beauté et de décoration, tous les objets utiles à l’homme réalisés avec la main seront exposés au SIAO, la vitrine de l’artisanat africain, où un impressionnant dispositif sécuritaire, visible, rassure. Les dispositions idoines ont été prises par les organisateurs pour offrir un SIAO qui fera date aux populations burkinabè et africaines. Selon les organisateurs, ce sont plus de 6 000 exposants et plus 800 000 visiteurs qui sont attendus.

Pour le président du Faso, ce Salon accueille une partie de l’Afrique et du monde, réunis autour de ce que l’humanité possède de plus précieux, le génie créateur du peuple, estimant qu’à travers les œuvres exposées, ce sont des siècles d’histoire, des civilisations, des traditions et des identités qui se rencontrent. «Par-delà nos frontières, nos langues et nos cultures, le travail demeure l’un des plus nobles langages de l’humanité», a affirmé le ministre chargé de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda qui a lu le discours d’ouverture du Capitaine Ibrahim Traoré qui a salué particulièrement la République du Ghana, pays invité d’honneur, ainsi que les Républiques du Mali et du Niger, pays invités spéciaux, dont les liens profonds d’histoire, de fraternité et de destin, ont unis et réunis au sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

Visite des expositions après l’ouverture officielle du Salon

Depuis sa création en 1988, le SIAO s’est progressivement imposé comme l’un des grands rendez-vous de la créativité africaine, devenant bien plus qu’un espace d’exposition et de commerce. Il est le lieu où le continent africain présente au monde son intelligence, son identité et l’extraordinaire capacité des africains à transformer la matière en beauté, en utilité et en richesse. «Derrière chaque étoffe tissée, chaque objet sculpté, chaque ouvrage façonné, il y a une histoire humaine. Il y a le geste patient d’un artisan, la mémoire d’une communauté, le savoir transmis par un père, une mère ou un maître à son apprenti. Ces femmes et ces hommes ne demandent pas la charité», a affirmé le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoro dans son discours.

Selon le père de la RPP, les artisans demandent que leur travail soit reconnu, que leur talent soit valorisé et que leur génie puisse leur assurer une existence digne. «Notre reconnaissance serait incomplète si elle ne s’accompagnait pas d’une ambition à la hauteur de leur contribution. Comment accepter que notre continent, si riche de talents, de matières premières et de savoir-faire, demeure encore largement dépendant de l’extérieur pour satisfaire ses propres besoins ? Cette contradiction doit désormais interpeller notre conscience collective», a-t-il soutenu. Pour lui, le thème de cette 18e édition: «Artisanat africain et industrialisation: quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel», invite précisément chaque Burkinabè et africain à relever ces défis historiques. «Pour nous, la réponse est claire. L’artisanat ne doit plus être considéré uniquement comme l’héritage de notre passé», a fait savoir le capitaine Traoré.

Le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré

Selon le président Traoré, l’art doit devenir l’un des fondements de l’avenir industriel des pays africains. «L’industrialisation de l’Afrique doit prendre racine dans nos réalités, nos ressources, nos besoins et nos savoir-faire, sans reproduire aveuglement des modèles conçus ailleurs. Nous devons permettre à l’artisan qui travaille aujourd’hui dans un modeste atelier de devenir, demain, le responsable d’une unité de production moderne, capable d’employer des jeunes et de conquérir des marchés internationaux», a-t-il soutenu, faisant observer qu’il ne s’agit pas d’opposer la tradition à la modernité, mais de mettre la modernité au service de du génie ancestral africain.

«C’est ainsi que nous transformerons notre patrimoine culturel en puissance économique, sans jamais lui faire perdre son âme. Cette ambition est au cœur de la Révolution progressiste populaire que nous conduisons au Burkina Faso. Notre révolution ne se limite pas à la reconquête de notre territoire. Elle porte également l’exigence de reconquérir notre capacité à produire, à transformer, à inventer et à décider librement de notre avenir. Nous sommes convaincus qu’aucune souveraineté politique ne peut durablement prospérer sans souveraineté économique», a dit Serge Poda, qui a lu le discours du chef de l’Etat du haut de la tribune dressée sur un podium géant qui accueillera beaucoup de manifestations culturelles, notamment les arts de scènes, les soirées pour égailler les exposants et les visiteurs.

Le ministre chargé de l’Artisanat, Serge Poda

Pour le président Ibrahim Traoré, son ambition affichée de donner une place de choix dans le concert des nations au savoir-faire africain dépasse les frontières du Burkina Faso. «Elle rejoint les aspirations de la Confédération des Etats du Sahel et au-delà, celles de tous les peuples africains qui entendent prendre pleinement leur place dans le marché mondial. L’Afrique ne manque ni de ressources, ni d’intelligence, ni de créativité. Ce qui lui a trop souvent manqué, ce sont les conditions qui lui permettent de transformer ses immenses potentialités en une prospérité véritablement partagée», a-t-il déclaré. Il a, par ailleurs, invité la jeune génération africaine à corriger cette injustice historique en développant des chaînes de valeurs africaines, en renforçant les échanges entre leurs pays et en créant des marchés capables de soutenir les producteurs du continent, considéré comme le berceau de l’humanité.

Aux artisans, le capitaine Ibrahim Traoré, appelé affectueusement «IB», leur dédient cette édition du SIAO. «Je connais les sacrifices que représentent vos métiers, les longues heures de travail, les difficultés d’accès aux équipements, aux financements et aux marchés. Mais je connais également votre persévérance et votre immense contribution à la vitalité de nos économies. Je vous invite à croire davantage à vos capacités, à vous organiser, à transformer vos connaissances et à rechercher sans cesse l’excellence», leurs a-t-il lancé à travers son ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Poda.

Aux industriels, aux investisseurs et aux institutions financières, le chef de l’Etat burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, leur demande de regarder les artisans africains autrement, non comme de simples bénéficiaires d’assistance, mais comme des partenaires économiques porteurs d’un potentiel considérable. «À notre jeunesse, je dis ceci, n’ayez jamais honte de vos mains ni des métiers hérités de vos parents. Un peuple qui méprise ses propres savoir-faire finit par dépendre de ceux des autres. Apprenez, perfectionnez vous, innovez et osez entreprendre. L’avenir de l’Afrique se construira aussi dans l’intelligence d’un jeune créateur, dans la persévérance d’une tisseuse, dans l’habileté d’un sculpteur et dans l’audace d’un entrepreneur qui décide de produire sur sa propre terre», a-t-il conclu sur la vision qu’il porte sur l’artisanat avant de réaffirmer que pendant les dix jours de la 18e édition du SIAO, la capitale burkinabè sera une terre de rencontres, de découvertes et d’opportunités.

Il a donc formulé le vœu que ce rendez-vous culturel ne soit pas seulement celle des belles expositions et des discours promoteurs, mais celle des engagements concrets, des partenariats durables et des perspectives nouvelles pour les artisans.

La représentante du pays invité d’honneur, Ghana, Élisabeth Afosu-Adjaré, ministre du Commerce, de l’Agrobusiness et de l’Industrie, a soutenu que «le secteur de l’artisanat est une source d’opportunité pour (les) populations et c’est pourquoi le Ghana adhère pleinement au thème de la 18e édition du SIAO». Elle a fait noter que son pays est présent au SIAO avec une forte délégation composée, entre autres, de représentants du gouvernement, d’artisans et d’entreprises issus des 16 régions du Ghana. Et à ce rendez-vous d’affaires et d’opportunités, le Ghana présentera des créations uniques, authentiques et de classe mondiale, a-t-elle laissé entendre.

La coupure du ruban marquant l’ouverture officielle de l’évènement suivi de la visite des expositions ont été les derniers actes de la cérémonie.

Par Bernard BOUGOUM