À Kayes, dans l’ouest du Mali, deux affaires distinctes liées à la collecte et à la commercialisation présumées de sang humain ont conduit à l’interpellation de 14 personnes en moins de six semaines. La plus récente, impliquant huit suspects, a été rapportée, ce mardi 6 octobre 2026, par des médias locaux, dont Maliweb.net.
Les faits les plus récents remontent au 28 septembre 2026, après une dénonciation anonyme. Des policiers sont intervenus dans une habitation du quartier de Bencounda, où un homme de 38 ans aurait été surpris en train de procéder à un prélèvement sanguin.
Son interpellation aurait ensuite permis d’identifier sept autres personnes, âgées de 17 à 37 ans. Du matériel de prélèvement ainsi que des poches de sang auraient été saisis au cours de l’intervention.
Les huit suspects ont été présentés à la justice le 1er octobre. Il s’agit notamment de déterminer la destination du sang concerné et de vérifier si d’autres personnes pourraient être liées aux faits.
Une première opération en août
Quelques semaines auparavant, le 21 août, le Commissariat spécial du chemin de fer de Kayes avait interpellé six personnes après la découverte d’une poche de sang dont l’origine avait été jugée douteuse. Celle-ci était destinée à une patiente devant subir des séances de dialyse.
Selon les premiers éléments communiqués dans cette précédente affaire, certaines poches auraient été revendues jusqu’à 55 000 francs CFA, tandis que les donneurs auraient reçu environ 16 000 francs CFA pour les prélèvements. Les six personnes interpellées avaient également été remises à la justice.
Le CNTS rappelle les règles
Au Mali, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) rappelle que le sang est gratuit et que la délivrance des poches relève des structures sanitaires habilitées, notamment les banques de sang du CNTS, les hôpitaux et les centres de santé de référence.
Ces établissements assurent, notamment, les contrôles de compatibilité, la traçabilité des produits sanguins et le respect de la chaîne du froid.
En 2024, le CNTS a enregistré 69 503 dons de sang, selon les données du ministère de la Santé. Ces dons permettent notamment de répondre aux besoins liés aux hémorragies pendant la grossesse ou l’accouchement et aux cas d’anémie sévère chez les enfants.
Une vérification du Bureau du Vérificateur général portant sur la gestion du CNTS entre janvier 2022 et septembre 2025 avait, par ailleurs, relevé plusieurs insuffisances dans l’organisation de la collecte et de la distribution du sang.
Deux procédures judiciaires distinctes
Les deux dossiers signalés à Kayes restent distincts sur le plan judiciaire. Leurs suites devront permettre d’établir les circonstances exactes des faits et les éventuelles responsabilités.
Par Valentin SOMANDE






































