Battu à la présidentielle par Luiz Inácio Lula da Silva, le sénateur brésilien Flávio Bolsonaro a franchi la frontière argentine avec sa famille avant d’embarquer pour l’Équateur. Son départ intervient malgré une interdiction judiciaire de quitter le Brésil et une obligation de remettre ses passeports aux autorités.
Flávio Bolsonaro a quitté le Brésil dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 octobre 2026, en passant par l’Argentine avant de prendre un vol privé à destination de Guayaquil, en Équateur. L’information a été confirmée par la Direction nationale des migrations argentine et rapportée par l’Agence France-Presse (AFP), Reuters et CNN Brasil.
Selon les autorités argentines, le sénateur, son épouse et leurs deux filles ont franchi la frontière à 22h50mn (heure locale), le mardi 27 octobre 2026, par le pont international Tancredo Neves, dans la province de Misiones. Quarante minutes plus tard, la famille a embarqué à bord d’un jet privé exploité par la compagnie Baires Fly S.A., dont le plan de vol indiquait Guayaquil comme destination. Les quatre passagers disposaient de documents de voyage valides pour entrer en Argentine, a précisé l’administration migratoire.
Le choix de cette route intervient alors que les informations sur la destination du sénateur avaient d’abord orienté plusieurs médias vers les États-Unis. Si Washington a annoncé être disposé à accorder des visas à Flávio Bolsonaro et à sa famille, son arrivée effective sur le territoire américain n’était pas établie au moment de la diffusion de ces informations. Le site d’investigation brésilien Agência Pública a également souligné que le passage par l’Équateur était confirmé, contrairement à la destination finale.
Un départ malgré la décision judiciaire
Le départ du sénateur intervient après une décision du juge Alexandre de Moraes, du Tribunal suprême fédéral du Brésil, lui interdisant de quitter le territoire et lui ordonnant de remettre ses passeports à la police fédérale. Faute de s’être conformé à cette obligation dans le délai fixé, ses passeports ont été annulés, selon l’agence publique Agência Brasil.
Flávio Bolsonaro est, par ailleurs, visé par des enquêtes judiciaires, notamment pour des soupçons de blanchiment d’argent et dans une affaire concernant le financement d’un film consacré à son père, l’ancien président Jair Bolsonaro. Ces investigations sont en cours et les soupçons évoqués ne constituent pas, à eux seuls, une déclaration de culpabilité.
Lula dénonce un départ «honteux»
Le président réélu Luiz Inácio Lula da Silva a vivement critiqué le départ de son adversaire. Selon l’AFP et le Washington Post, il a qualifié cette décision de «honteuse», estimant que Flávio Bolsonaro aurait dû rester au Brésil pour répondre aux accusations le concernant.
Entre contestation politique, procédure judiciaire et incertitudes sur sa destination finale, le départ de Flávio Bolsonaro ouvre un nouvel épisode dans les tensions qui entourent l’après-présidentielle brésilienne. Reste à savoir si le sénateur rejoindra les États-Unis, comme l’ont évoqué plusieurs sources médiatiques, et quelles suites la justice brésilienne donnera au non-respect de son interdiction de sortie du territoire.
Par Valentin SOMANDE






































