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Assainissement au Burkina: Des ONGs s’engagent à relever les défis dont la construction de latrines

Le directeur des opérations de IRC, Firmin Hilaire Dongobada

Des ONGs WASH regroupés autour de l’expertise IRC se sont engagés à relever les défis d’Eau et Assainissement notamment la construction des latrines en vue de mettre fin à la défécation à l’air libre, après des réflexions fructueuses. La clôture du séminaire qui a réuni durant trois jours des acteurs de l’assainissement familial à Ouagadougou, est intervenue ce vendredi 28 juillet, a constaté un journaliste de Wakat Séra.

Les séminaristes, à la clôture, en signe d’engagement, ont promis à travers des fiches que certains ont rempli, de plus s’impliquer pour un meilleur accès aux services d’assainissement. Le maire de la commune de Loumbila (centre), Paul Taryam Ilboudo, par exemple a proposé de construire dix latrines au sortir de cette rencontre pour sa commune.

Sur place, les inscriptions ont permis d’enregistrer une soixantaine de latrines qui devront être construites.

« Malgré le taux faible d’accès aux services d’assainissement, nous ne pouvons passer sous silence les efforts déployés ces dernières années par tous les acteurs. Nous avons réalisé 13 points de progrès entre 2010 (0,8%) et 2016 (13,4%) », a dit Firmin Hilaire Dongobada, directeur des opérations de l’expertise IRC, affirmant qu’« au regard des ambitions des Objectifs de développement durable (ODD) pour le Burkina qui vise entre autres l’accès universel, les acteurs de la coalition WASH pendant ces 3 jours, ont pu décortiquer, analyser leurs façons de faire.

Les principaux points forts des échanges ont tourné autour de « l’étude systématique de la capacité des ménages à payer en amont du développement des offres de service, l’intégration de la latrine comme une offre marchande directe dans l’esprit des populations, la création d’emplois à travers la mise en place de boutiques d’assainissement, l’élaboration de plans d’affaires pour les opérateurs locaux, le développement d’une technologie adaptée aux zones non lotis (latrines amovibles), l’e-monitoring et la délégation des services d’assainissement et d’hygiène par la contractualisation avec des associations locales ».

Il y a en outre, « le fort engagement des communes dans les activités mises en œuvre par les acteurs, la résolution des problèmes au niveau local à travers le suivi évaluation, les avancées des communes ayant un service technique pour les questions d’assainissement et eau potable, les possibilités offertes aux autorités locales par les textes juridiques et réglementaires dans la promotion de l’hygiène et assainissement mais qui malheureusement n’en profitent pas, l’existence de divers outils en appui à la maîtrise d’ouvrage communal ».

Les principaux enseignements issus de ces échanges sont présentés ci-dessous.

En introduction, un panel portant sur un modèle de développement de l’assainissement familial privé et les défis de l’assainissement familial en milieu rural ainsi a été animé par six intervenants. Les éclairages des panélistes ont permis de confirmer la pertinence des quatre axes thématiques autour desquels les échanges vont s’organiser pendant les trois journées du séminaire.

Firmin Hilaire Dongobada, présentant la synthèse des travaux

L’Axe Autodétermination locale a été abordé à travers treize contributions. De ces contributions, les trois principales bonnes pratiques identifiées sont l’ATPC sans subvention, l’ATPC ((Assainissement Total porté par les communes) avec subvention et les fanions de la victoire comme accélérateur des progrès communautaires.

De ces approches, les points forts identifiés sont : « la stimulation des auto-constructions des latrines, avec ou sans subvention, il est possible de mettre fin à la Défécation à l’air libre, la forte implication des autorités des communes d’intervention après les déclenchements institutionnels, la promotion des compétences de proximité à travers le renforcement des  capacités et la mise à contribution des organisations à base dans des relations contractuelles, la prise en compte des réalités socio culturelles permettant de contextualiser les approches et faciliter les progrès, la valorisation des matériaux locaux pour la réalisation des ouvrages, le recours à la solidarité locale pour générer des fonds pour financer les ouvrages d’assainissement, le rôle déterminant du portage et du leadership  institutionnel pour la promotion d’une approche, la contribution de l’état FDAL à l’éradication de la malnutrition chronique qui entrainerait un retard de croissance chez les enfants ».

Les points d’attention à retenir sont : « la lourdeur des processus de vérification et de certification FDAL pouvant limiter les résultats, nécessité d’alléger les processus, la mise en place de mécanismes locaux pour s’assurer du maintien et de la pérennisation du statut FDAL et accompagner l’amélioration de la qualité des ouvrages sur le chemin du progrès dans l’échelle d’assainissement, se concentrer sur l’objectif final qui est de mettre fin à la DAL plutôt que de se crisper sur les approches, l’accompagnement des efforts des ménages par l’Etat et ses démembrements à travers l’assainissement des espaces publiques, la promotion systématique d’opérateurs de proximité, notamment des maçons et des fournisseurs de matériaux, le plaidoyer pour l’intégration de l’ATPC dans les plans communaux de développement, une bonne coordination des interventions et des approches utilisée est nécessaires pour la t’atteinte des résultats ».

Quant à la thématique « développement d’un marché dynamique des biens et des services », quatre contributions ont été présentées à savoir le marketing de l’assainissement (Sanimarché), le business de l’assainissement écologique, la structuration et la professionnalisation des opérateurs privés locaux et l’approche quartiers périphériques.

Il est recommandé « l’implication des agents de Santé dans les activités de promotion d’hygiène et assainissement /lien entre les actions WASH et la santé, la mise en place des Boutiques d’assainissement servant de pôles de conseils pour les ménages même après la fin des projets, la promotion d’ouvrages offrant les possibilités de valorisation de sous-produits, la création de filière autour de la gestion des sous-produits (Hygiénistation des boues, vente d’engrais, production maraichère, etc), la contribution à la résilience face aux changements climatiques ».

Les principaux points d’attention pour réussir la création d’une dynamique des biens et services au profit de l’assainissement familial sont : « la viabilité financière des Sanimarchés et des délégations de service d’assainissement, la mobilisation des ressources des ressortissants pour stimuler les marchés, la fluidité de l’enlèvement des boues afin qu’elles ne deviennent pas des foyers de contamination, l’implication des communes afin qu’elles prennent le relais d’appui à fin de l’intervention ».

L’axe thématique « responsabilité sociale des ressortissants » a été traité à travers deux approches complémentaires que sont Fasotoilettes et ATPL (Assainissement Total porté par les Leaders). Les points forts de ces approches sont : « leurs caractères innovants  pour l’accès rapide à l’assainissement, leurs rôles comme véritables outils d’éveil pour l’auto-détermination locale en lien avec les ressortissants, le portage institutionnel à travers le leadership de l’Etat, la forte implication des médias pour relayer les messages à tous les cibles ».

Photo de famille à la fin de la clôture du séminaire de IRC

Cependant, les séminaristes ont recommandé à ce qu’on veille à : « un suivi de proximité pour la concrétisation des engagements pris par les ressortissants et une plus grande prise de conscience des bénéficiaires pour l’entretien et la gestion des latrines offertes par les ressortissants ».

Enfin la thématique Responsabilité communale a été abordée à travers quatre contributions desquelles quatre bonnes pratiques ont été dégagées. Il s’agit du « suivi-évaluation de l’assainissement familial comme contribution pour la réalisation des droits humains à l’assainissement, de la mise en place de services techniques communaux comme alternative pertinente pour un renforcement réel et durable des capacités des communes en matière de promotion de l’hygiène et de l’assainissement en milieu rural, de la mise à contribution des textes de lois et décrets pour la réglementation de l’assainissement communale et de la standardisation des outils nécessaires à mettre à la disposition des communes pour leur efficacité dans la mise en œuvre des actions d’assainissement ».

Les points d’attention pour appuyer les communes à s’approprier leur responsabilité sont : « accompagner les communes à pérenniser les services techniques communaux, faire attention pour que les mesures adoptées par les communes ne créent pas les effets inverses, accompagner les agents de l’administration communale ».

Mathias BAZIE

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