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Assainissement: les promoteurs du projet SaniEst « satisfaits » du bilan des trois ans de mise en œuvre

Firmin Hilaire Dongobada, coordonnateur du projet SaniEst Ph. Daouda ZONGO @wakatsera.com

Les promoteurs du projet d’assainissement SaniEst disent être « satisfaits » du bilan des trois ans de mise en œuvre dans la province de la Gnagna, dans l’Est du Burkina. Le premier objectif  du projet « qui est de créer une dynamique communautaire par rapport à la promotion des questions d’assainissement, a été atteint », malgré « les difficultés » rencontrées, selon le coordonnateur du programme Firmin Hilaire Dongobada, dans un entretien à Wakat Séra.

Wakat Séra: Quel bilan pouvez-vous faire de la mise en œuvre du projet SaniEst, à quelque moi de sa fin ?

Hilaire Dongobada: Effectivement SaniEst est bientôt fini, après 40 mois de mise en œuvre sur 42 mois. On peut dire que le bilan partiel que nous tirons aujourd’hui est très satisfaisant au vu des résultats. Il y a quelque chose, une graine qui a été semée dans les six communes rurales de la Gnagna et cette graine porte des fruits. Aujourd’hui lorsque nous discutons avec les acteurs communaux, nous sentons que les questions d’hygiène et d’assainissement  sont devenues de vraies préoccupations à leur niveau et que chacun s’implique, chacun est intéressé à faire quelque chose pour changer la donne. Le premier objectif qui est de créer une dynamique communautaire par rapport à la promotion des questions d’assainissement, a été atteint. Ça, on peut dire qu’on a réussi.

Quant aux acteurs d’accompagnement, on a des acteurs étatiques, notamment la direction régionale de l’eau et de l’assainissement, la direction  générale de l’assainissement, la direction régionale de la santé qui travaillent avec les communes, à apporter des appuis, à suivre ce qui se passe pour que les initiatives qui sont développées au niveau des communes par des ONG soient mieux coordonnées et que ça s’inscrivent dans la durée. En tout cas, tous ces points nous font dire que le projet SaniEst a pu quand même relever ce défi.

Concernant les réalisations, qu’est-ce qui a été fait concrètement sur le terrain.

Il faut dire que SaniEst s’était fixé comme objectif quantitatif de réaliser 14 300 latrines et 2 000 douches-puisards. Nous avons pu réaliser à ce jour près de 14 000 latrines et les douches nous en avons construit plus de 3 000. En termes d’objectif quantitatif on peut dire que les objectifs sont atteints. Par contre l’autre l’objectif qui était d’amener les villages à éradiquer la défécation à l’aire libre (FDAL), là on est toujours en chemin. Les choses ont beaucoup bougé mais la réalité est que aujourd’hui nous n’avons pas encore certifié formellement un seul village bien que tous les déclenchements ont été réalisés. 250 villages sur 255 ont été déclenchés. Nous avons près d’une centaine de villages qui sont prêts à être évalués et déclarés FDAL et cela reste un défi à relever parce que le changement durable de comportement passe aussi par l’atteinte de cet état de Fin de défécation à l’aire libre. Les équipes s’y attellent pour que les quelques mois qui restent, qu’on puisse réaliser cet objectif, au moins déclaré FDAL la plupart des villages qui sont beaucoup avancé en matière d’équipement en ouvrage, préservation des conditions d’hygiène et d’assainissement au sein des ménages.

Y a-t-il des difficultés auxquelles vous avez fait face dans la mise en œuvre du projet ?

C’est vrai, le projet a connu beaucoup de difficultés, dont la principale est liée à l’instabilité institutionnelle qui ne dépendait pas de SaniEst, mais au niveau national. Le projet avait démarré en 2014 avec des communes. Après les collectivités ont été dissoutes, il fallait travailler avec les délégations spéciales. Ça n’a pas été facile. Toute cette instabilité a retardé la mise en place des dispositions institutionnelles pérennes pour l’atteinte des résultats du projet. Depuis qu’on a des conseils municipaux élus en place, on a accéléré les résultats du projet. C’est dire qu’on a perdu beaucoup de temps avant que les collectivités ne soient remises en place.

Une autre difficulté est qu’on a mis beaucoup de temps pour amener les ménages à commencer comprendre les messages du projet.  Au début, les questions d’hygiène et d’assainissement n’étaient pas des préoccupations premières des populations. Il a fallu travailler longuement pour que ces questions commencent à revenir au centre des préoccupations des populations. Nous sommes vers la fin du projet, maintenant on voit qu’il y a beaucoup d’engouement. Cela veut dire que le message est finalement passé et que les ménages ont commencé à être très réactifs par rapport aux ouvrages et cela se traduit aussi par beaucoup d’autoréalisation que les ménages font en ce qui concerne les latrines et douches-puisards.  Tout cela nous rassure que le message est passé et qu’il faut continuer à faire le suivi  pour que petit à petit l’assainissement soit une réalité un peu partout dans la province de la Gnagna.

Quelle politique de suivi mettez-vous en place ?

Concernant le suivi, il va être basé sur les institutions pérennes qui sont en place, d’abord au niveau des communes. C’est pour cela que dans la stratégie du projet, nous avons dès le début mis en place des services techniques communaux pour que les communes aient des structures opérationnelles qui leur permet de faire le suivi même quand le projet ne sera plus là. Nous leur laissons des équipements : ordinateurs, smartphones, des motos et deux véhicules pour qu’ils puissent continuer à faire le suivi sur le terrain, collecter les données, les traiter et suivre les performances des communes. Nous avons aussi développé la collaboration avec les structures d’appuis au niveau de l’Etat, notamment les directions régionales qui vont accompagner ces communes dans le suivi des activités après le projet. Nous avons aussi travaillé pendant tout le projet avec une association locale qui a mobilisé des animateurs qui sont dans la province. Tous ces acteurs resteront au niveau de la province et on pense que d’une manière ou d’une autre, ils vont continuer à aider les collectivités à faire le suivi des acquis du projet et à progresser sur l’échelle de l’assainissement.

Quel appel avez-vous à lancer à la population de la Gnagna ?

Aujourd’hui nous pensons que la Gnagna est sur la bonne voie pour être parmi les provinces exemplaires en matière d’hygiène et d’assainissement. Avec les cycles de projet SaniEst, on a atteint un bon niveau, il y a beaucoup de prise de conscience. Maintenant il faut que les populations maintiennent le cap, qu’elles continuent à mettre en pratique tout ce qui a été développé dans le cadre du projet pour que ça puisse impacter davantage d’autres qui n’ont pas été touchés directement, afin qu’à moyen terme on puisse citer la province de la Gnagna comme étant l’une des provinces où la défécation à l’aire libre ne sera qu’un mauvais souvenir.

Par Daouda ZONGO

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