Accueil A la une Attaques armées au Burkina: l’écharpe et le bonnet tombent dans le nord

Attaques armées au Burkina: l’écharpe et le bonnet tombent dans le nord

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Des soldats burkinabè au front contre les attaques armées Ph. Daouda ZONGO @wakat Séra

Une dizaine de personnes dont le maire et chef coutumier de Pensa, El Hadj Souleymane Zabré, six soldats, et trois Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ont été tués dans une attaque, ce lundi 6 juillet. C’était dans le centre-nord du Burkina Faso, une des régions abonnées aux assauts des terroristes. Et comme c’est devenu l’habitude depuis un certain temps, le double massacre est attribué à des hommes armés non identifiés. Si les Forces de défense et de sécurité, sont régulièrement endeuillées pas ces attaques qui font du Burkina, l’un des pays du Sahel les plus menacés par les terroristes qui frappent sans distinction, militaires et civils, il faut dire que plus aucune couche n’est à l’abri. Même si c’est la première fois que les fameux VDP, des jeunes recrutés pour lutter contre les terroristes, sont tués et que c’est la deuxième fois, après l’édile de Djibo en novembre 2019, qu’un maire est pris pour cible par les «hommes armés non identifiés».

Comme s’ils voulaient passer un message à l’endroit de l’administration et en même temps des coutumiers, les terroristes ont jeté leur dévolu sur le pauvre El Hadj Souleymane Zabré, qui porte et l’écharpe de maire, et le bonnet de chef coutumier de Pensa. C’est donc un double coup signé en un, que les terroristes viennent de réaliser, instaurant plus que jamais, la psychose dans le camp des maires, dont plusieurs ont, du reste, fui les zones rurales reculées et donc cibles faciles des terroristes, pour élire domicile dans les grandes villes, qui peuvent se targuer encore d’être plus sécurisées. En tout cas, le symbole de l’écharpe et du bonnet décapités, trouvé par un confrère, montre si besoin en était encore, que le Burkina, malgré le courage et la détermination de ses Forces de défense et de sécurité, est plus que jamais dans la m….

Certes, des communiqués officiels révèlent de temps en temps des succès d’opérations de l’armée nationale et de la force française Barkhane, mais l’inquiétude ne fait que monter au sein de populations contraintes à l’exil dans leur propre pays. Les cas du Burkina et du Mali, sont encore plus désespérants, vu que sur ce cycle d’attaques armées qui semble sans fin, sont venus se greffer les conflits inter-communautaires, véritable hantise de toutes les armées et des Etats, qui ont besoin de la cohésion sociale et de l’unité nationale pour faire face aux attaques venues d’ailleurs ou à tout autre ennemi commun. Un adage africain n’enseigne-t-il pas clairement que «lorsque la pluie vous tape, ne vous battez pas entre vous»?

Pourtant, le Burkina prépare une élection présidentielle que le pays et ses partenaires techniques et financiers souhaitent démocratiques et surtout ouvertes à tous. Pourtant, les déplacés se multiplient et nombre de localités échappent de plus en plus à l’administration, car tombées sous la coupe des «hommes armés non identifiés».  Il urge donc d’accélérer la campagne de salubrité anti-terroriste pour redonner au Burkina l’entièreté de son territoire et aux Burkinabè, la fierté qui a toujours été la leur, et renforcée par l’intégrité que lui apportée la révolution de Thomas Sankara. Il y va de la cohésion nationale, gage du développement auquel aspire un peuple, pour le moment, meurtri dans sa chair.

Par Wakat Séra  

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