Accueil A la une Attaques terroristes au Burkina: encore des civils!

Attaques terroristes au Burkina: encore des civils!

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Des Forces de défense et de sécurité burkinabè sur le terrain des opérations (Ph d'archives)

Encore une attaque terroriste dont le bilan non officiel chiffre les victimes, toutes des civils, entre 30 et 50. Plus, selon ceux qui ignorent le sort des disparus. Le drame a eu pour théâtre un marché, à Silgadji, dans la province du Soum. C’était ce samedi 25 janvier dans la province du Soum. Toutefois, l’information n’a été officialisée que ce lundi 27, suscitant consternation, inquiétude et surtout interrogations. Pourquoi encore Silgadji où un pasteur et cinq de ses fidèles ont été tués en avril 2019? Pourquoi encore le Soum où les attaques terroristes ne se comptent plus? Pourquoi encore le Burkina? Et enfin, pourquoi encore des civils aux mains nues et donc incapables de se défendre? Interrogations auxquelles apporter des réponses équivaudrait pratiquement à résoudre une partie du problème de ces attaques qui renforcent de plus en plus la psychose, augmentant le nombre des populations en fuite. En effet, les déplacés, exilés dans leur propre pays qui ont pris la clé des champs, au propre comme au figuré, ne savent même plus où poser le peu de bagages que certains ont pu ramasser dans la précipitation. Nombre d’entre eux ne savent même pas où dormir, et trouver de quoi se mettre sous la dent devient un exploit. Dans ces circonstances, penser au reste de la famille, notamment aux enfants devient un casse-tête chinois, difficile, voire impossible à dénouer.

Les enfants! Comme à l’accoutumée, dans cette crise qui frappe le Burkina Faso et ses voisins, ce sont les couches vulnérables, en l’occurrence les femmes et les enfants, qui sont les plus exposées. Surtout maintenant que les civils sont devenus les cibles privilégiées de ces hommes sans foi ni loi qui écument le Sahel, semant la désolation. En effet, en plus de leur éducation qui est mise entre parenthèses parce que les écoles sont fermées et leur santé soumise à la précarité à cause des centres de soins aux portes closes, sous la menace des terroristes, les enfants sont fragilisés par la disparition de leurs parents, en particulier de leurs géniteurs. Du reste, des organismes onusiens comme l’Unicef s’inquiètent sérieusement pour le sort de ces millions d’enfants et adolescents embarqués dans une galère dont nul ne saurait prédire la fin pour l’instant. Si leur quotidien est un véritable chemin de la croix, leur avenir est autant hypothéqué tant que l’hydre terroriste ne sera pas vaincue. Or, pour l’instant, la guerre est loin d’être gagnée, même si des victoires d’étape nourrissent l’espoir de populations meurtries, désormais abonnées aux 24, 48 ou 72 heures de «deuil national avec les drapeaux mis en berne sur toute l’étendue du territoire national et les festivités populaires interdites. Certes, l’Etat burkinabè ne reste pas les bras croisés, loin de là, mais dans cette guerre asymétrique, les intrépides soldats burkinabè, tout comme leurs homologues du Tchad, de la Mauritanie, du Mali et du Niger, ont en face des ennemis sans scrupule qui tirent sur tout ce qui bouge, se cachant derrière le mobile fallacieux de la religion et des méthodes aussi viles que les personnages mêmes sont lâches.

D’où viendra le salut pour les populations civiles? Peut-être du recrutement des volontaires dont l’initiative prise par le gouvernement vient d’être entérinée par l’Assemblée nationale burkinabè. Ou des dernières décisions qui sont sortis du conclave des chefs d’Etat-major du G5 Sahel dont l’une d’elles permet à une armée d’intervenir à 100 kilomètres au-delà de ses frontières avec un autre pays du même espace du G5 Sahel. Ou encore des négociations avec les terroristes que proposent de plus en plus de personnes pour parvenir à une trêve, pourquoi pas une paix des braves? En tout cas, toutes les options sont sur la table.

Par Wakat Séra

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