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Bassolma Bazié: « Le sit-in est bel et bien légal au Burkina »

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Le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), Bassolma Bazié, a déclaré ce vendredi 4 mai 2018 à Wakat Séra, que le « sit-in en tant qu’activité d’organisation syndicale, est bel et bien légal au Burkina » contrairement à l’avis du Conseil d’Etat, communiqué dans le rapport du Conseil des ministres du 2 mai dernier.

« A moins qu’il y ait un Burkina Faso virtuel, de non-droit », le pays des Hommes intègres qui « a ratifié la Convention N°87 de 1948 de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont son vaillant peuple est soucieux du respect de la parole donnée et de ses engagements internationaux, le sit-in en tant qu’activité d’organisation syndicale, est bel et bien légal ! », a affirmé M. Bazié, pour qui, l’avis du Conseil sur l’illégalité du sit-in est une « ambition de manipulation  de l’opinion, mais aussi l’usage d’un mode de gouvernance fondé sur l’exploitation de l’ignorance ».

Outre le sit-in, les membres de la CGT-B se voient souvent interdit de piquet de grève. A cet effet, sur la base de cette même Convention 87, le Comité de la liberté syndicale (depuis 1952) et la Commission d’Experts pour l’application des Conventions et Recommandations (depuis 1959) ont disposé d’un « recueil de décisions et de principes » portant sur la liberté syndicale qui stipule que « les piquets de grèves organisés dans le respect de la loi ne doivent pas voir leur action entravée par les autorités publiques. L’interdiction des piquets de grève ne se justifierait que si la grève perdait son caractère pacifique, l’emploi de la police pour briser une grève constitue une atteinte aux droits syndicaux », a poursuivi Bassolma Bazié.

Pour lui, l’interdiction du piquet de grève au sein du lieu du travail est fondée sur « l’unique condition de constat par un service assermenté de faits de violence entre travailleurs d’une part ou sur le matériel de service d’autre part ».

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a été créée en 1919, sur le fondement essentiel que la justice sociale est l’unique solution à la paix pour un développement durable. Elle a adopté la Convention N°87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical le 17 juin 1948. Cette Convention N°87 fait partie des huit conventions fondamentales de l’OIT. Elle est une norme supra nationale et s’impose à la Constitution de tout pays qui la ratifie. Le Burkina Faso (ex-Haute-Volta) a adhéré à l’OIT le 21 novembre 1960 et a ratifié, le même jour, cette Convention N°87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical du 17 juin 1948.

Par Mathias BAZIE

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