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Burkina: des agents de sécurité formés en cyber-patrouille et l’infiltration en ligne

Le formateur Younoussa Sanfo (à gauche) remettant l'attestation de fin de formation à un participant

Du 1er au 5 mars 2021 sur une initiative de l’Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), a eu lieu à Ouagadougou un séminaire de formation en cyber-patrouille et infiltration en ligne au profit d’agents des Forces de l’ordre, en majeur partie exerçant à la Brigade centrale de Lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), une structure du ministère de la Sécurité chargée de la lutte contre les crimes informatiques et électroniques.

Selon le formateur Younoussa Sanfo, la formation a concerné, entre autres, l’infiltration numérique. Il explique que les groupes de délinquants actuellement sont organisés en bandes, en réseaux et ne sont pas forcément dans le même pays. Sur les questions comment un policier ou un gendarme chargé des investigations doit se comporter ? Quel outil doit-il utiliser ? Et comment doit-il faire pour démanteler le réseau ?, la formation a formulé des réponses. Ainsi, l’agent en enquête va infiltrer certains réseaux, mais aussi, il va investiguer à distance, à partir de son ordinateur. M. Sanfo assure que les participants ont par exemple appris comment font les brouteurs, car, a-t-il poursuivi, pour pouvoir enquêter et trouver les brouteurs, il faut connaitre leur mode opératoire.

Visiblement ce renforcement de capacités a été bien accueilli par le Commissaire principal de police, Samire Bantida Yoni, commandant de la BCLCC dont les agents ont été bénéficiaires. Il a confié que cette formation est « la concrétisation d’une série de formations qui a commencé depuis 2020 ». A l’en croire la BCLCC est une nouvelle structure créée en 2020, avec un gros challenge qui est la lutte contre la cybercriminalité. A ce titre, il affirme que cette formation était demandée et c’est une chance que l’ONUDC décide de les accompagner.

Il confie que la formation a déjà fait ses effets, car elle a permis à l’un des participants de dénouer une affaire qu’on lui avait confiée, et les personnes impliquées ont été mises aux arrêts : « C’est dire donc que cette formation nous a permis de bien comprendre le phénomène. Elle a renforcé les capacités, car elle permettra d’avoir un regard sur ce qui se passe sur le cyber-espace. Nous ne faisons pas que la répression, nous devons faire aussi la prévention pour pouvoir éviter certains troubles à l’ordre public. Elle va permettre donc aux enquêteurs de faire de la cyber-patrouille pour détecter ce qui se prépare et empêcher que ça se produise ».

Photo de famille à l’issue de la formation

Le formateur, Younoussa Sanfo, a rappelé qu’à la demande l’Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), il a assuré une série de formations en faveur des agents d’applications de la loi des cinq pays du G5 Sahel. La première formation qui était en ligne a concerné cinq pays et c’était une formation introductive aux enquêtes en matière de cybercriminalité. Cette formation a regroupé plus d’une centaine de personnes donc des policiers, gendarmes, magistrats et des médecins qui sont souvent appelés sur des lieux de crimes pour des constats. Elle a été l’occasion pour leur montrer des actions qui peuvent être prises en compte par le juge en cas de besoin.

La deuxième formation s’est déroulée au Burkina Faso au profit des agents de la Brigade centrale de Lutte contre la cybercriminalité (BCLCC). Elle a été dispensée aux primo-répondants qui sont les premières personnes qui arrivent sur les lieux d’un crime. La formation leur a permis de savoir comment se comporter, surtout si sur les lieux de crimes on peut retrouver des téléphones, des clés-USB, des ordinateurs…

La troisième formation a porté sur les criminalistiques et les investigations, qui dit que faire quand, dans une enquête, il y a un disque dur, un téléphone portable… Donc ce sont des perquisitions, et au lieu que ce soit dans une maison, c’est sur un ordinateur ou un téléphone.

Par Boureima DEMBELE

Propos de participants

Adama Dindané, chef de services cyber-attaque à la BCLCC: « Nous souhaitons une formation continue »

Nous avons appris beaucoup de choses au cours de cette formation, sur le logiciel d’investigation criminelle. Je pense que cela va nous permettre d’être plus efficace sur le terrain. Nous allons mieux traquer les cybercriminels. Nous souhaitons une formation continue, parce que la cybercriminalité est un fléau qu’il faut contrecarrer afin que les populations vivent paisiblement.

Adjudant Judith Badolo, en service à la BCLCC: « Sur le terrain, beaucoup de choses vont changer »

Nous avons vu des logiciels qui vont permettre de traquer les criminels sur le net. Actuellement il y a beaucoup de cyber-criminels et nous à la BCLCC, nous devons les localiser et les traquer. Dans ce sens, nous avons appris beaucoup de choses pour nous faciliter la cyber-patrouille. Il est évident que sur le terrain, beaucoup de choses vont changer. On arrivait à localiser un cybercriminel sur le net, mais ce n’était pas aussi clair qu’actuellement.

Propos recueillis pas BD

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