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Burkina: le Front patriotique se bat contre «ceux qui veulent faire de la patrie leur chose»

Germain Bitiou Nama (micros), coordonnateur du comité de pilotage du Front patriotique

Le Front patriotique, dernier né des mouvements citoyens au Burkina Faso, se bat contre «ceux qui veulent faire de la patrie leur chose», a lancé son coordonnateur national, Germain Bitiou Nama, lors de la signature de Charte de la structure réunissant 33 Organisations citoyennes, des partis et mouvements politiques, le jeudi 4 août 2022 à Ouagadougou. Pour le Front patriotique, face à la «déliquescence de l’Etat et l’impuissance» des nouvelles autorités de la transition devant le terrorisme, «il est urgent d’agir».

Porté sur les fonts baptismaux le 8 juillet, le Front patriotique «ne se bat pas pour la chose». «Il se dresse contre toutes celles ou tous ceux qui veulent faire de la patrie leur chose, qui se battent pour faire des ressources de l’Etat leur chose, qui dans une insouciance qui frise la bêtise, livrent un spectacle de tragi-comédie où la République est présentée comme un trophée conquis dans une guerre de rapines», a laissé entendre Germain Bitiou Nama sous les applaudissements de l’assistance.

A la tête d’une dizaine de membres composant le comité de pilotage du Front patriotique, M. Nama a indiqué que la signature «nous lie et nous engage à un combat solidaire», lançant du haut de sa tribune que «la patrie en danger a besoin de nous».

Des responsables politiques présents à la cérémonie de signature de la charte du Front patriotique

Pour lui, c’est l’Armée qui a introduit les tueries dans les mœurs politiques de ce pays. «Aucun régime civil, à notre connaissance, n’est comptable d’atteinte à la vie humaine pour des raisons politiques », a-t-il soutenu, déclarant que «le peuple burkinabè a compris que la réconciliation tant prônée» par les autorités de la transition «n’est qu’un emballage de contrebande dans le but d’obtenir la réhabilitation de complices civils et militaires en conflit avec la justice».

«Il se trouve qu’en osant ce passage en force, le lieutenant-colonel et son Gouvernement se sont rendus coupables de parjure et de haute trahison, en autorisant le séjour en toute impunité de Blaise Compaoré (ancien président du Faso), malgré le mandat d’arrêt international émis à son encontre. Dans le régime des crimes, il n’y en a pas au-dessus, dans l’ordre de gravité», selon le coordonnateur national du Front patriotique.

Le public suivant le discours du coordonnateur du Front patriotique

Germain Nama a poursuivi que sur «le même registre du mensonge, on voit bien que les justiciers du 24 janvier 2022 ne sont pas venus pour faire la guerre au terrorisme». «Pendant qu’ils envoient de jeunes soldats inexpérimentés au casse-pipe, nos bourgeois en treillis placent leurs amis militaires et civils à des postes financièrement ou administrativement stratégiques, peu importent leur compétence, leur expérience ou leur moralité», a-t-il dénoncé avant de conclure que face à la «déliquescence de l’Etat et l’impuissance devant le terrorisme, la régression de nos libertés, le déni de justice et les mensonges d’Etat, il est urgent d’agir».

Pour Guy Yogo, membre du comité de pilotage du Front patriotique, « aux périls sécuritaire et humanitaire sont venus s’ajouter une insécurité alimentaire, des difficultés croissantes de la vie quotidienne, une inflation galopante entraînant des pénuries de toutes sortes et une asphyxie économique».

Visuel du Front patriotique

A l’en croire, le Mouvement patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), tombeur du pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré le 24 janvier dernier, son Gouvernement et le président de la Transition, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, «ont montré leurs limites face aux graves périls qui menacent les fondements de la patrie».

Comme objectif immédiat, le Front Patriotique compte mobiliser l’ensemble des forces sociales, politiques et citoyennes, les personnes ressources, les leaders d’opinion, pour un sursaut patriotique en vue d’éviter au Burkina Faso « un passage à vide transitionnel aux conséquences historiques gravissimes dont la déliquescence de l’Etat, le chaos sécuritaire, humanitaire, économique et social».

A noter que le comité de pilotage de ce mouvement est provisoire et a une durée de trois mois.

Par Bernard BOUGOUM

Encadré

Les OSC et partis politiques signataires de la charte du Front patriotique

  • Actions pour le Changement et le Développement
  • Amitié Burkina-Russie
  • Associations Semfilms
  • Le Balai Citoyen
  • Brassard Noir
  • Organisation Patriotique des Jeunes
  • Burkinbii Soul Gartaaba
  • C.A.M.A.R.A. D.E.S
  • Centre Valère Somé
  • Coordination des OSCs 30-31-15 de Bobo Dioulasso
  • Deux Heures Pour Nous, Deux Heures Pour Kamita
  • Ensemble Pour le Faso (PUR, PAREN, SENS, PDS, APR Tiligre)
  • Forum Dii Taa Niè
  • Front des Forces Sociales (FFS)
  • Front Patriotique du Faso (FPF)
  • Fédération Wend La Tongo
  • Génération Cheick Anta Diop
  • Génération Montante du Faso (GMF)
  • Génération Thomas Sankara (GTS)
  • Groupe d’Initiative pour la Refondation de la Patrie
  • Jeunes aux Poings Levés
  • Jeunesse Sankariste Unie (JSU)
  • M/PRSCA
  • Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP)
  • Mouvement Endogène
  • Œil d’Afrique
  • OPA-BF
  • Organisation Patriotique de la Jeunesse
  • Réseau des Mouvements du Burkina Faso (RM/BF)
  • Union Nationale des associations des commerçants des

marchés et Yaars du Burkina

  • UNIR-MPS
  • Yelema Oroya de Bobo Dioulasso

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