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Burkina: «Le retour des exilés, une nécessité pour la paix et la cohésion»

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Les membres de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) ont rencontré la presse ce samedi 6 avril 2019 à Ouagadougou, pour réitérer leur appel à la réconciliation des fils et filles du Burkina. Selon son président, Ablassé ouédraogo, par ailleurs premier responsable du parti Le Faso Autrement, la recherche de la paix, la concorde nationale et la cohésion sociale dans un pays comme le Burkina qui traverse «une crise multidimensionnelle», passent par «le retour (…) des exilés».

La CODER créée en 2016, au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015, a toujours prôné la réconciliation entre les Burkinabè et le retour des exilés, notamment, l’ex-président Blaise Compaoré.

«Il est temps pour notre pays, que nous tous, filles et fils du Burkina Faso, comprenions que nous avons besoin de mettre de côté nos ressentiments personnel car le pansement de nos blessures personnelles passe obligatoirement par la cicatrisation de la plaie nationale qui nous gangrène et qui menace de nous emporter si nous ne prenions garde», a fait savoir le président de la CODER.

Pour le retour des exilés, cette coalition a souhaité que cela soit facilité et qu’on garantisse également leur sécurité une fois de retour au pays.

«Le contexte de la crise que vit le Burkina Faso, impose que la réconciliation nationale qui doit être globale, sincère et inclusive, soit conduite dans tous les composantes de notre société, notamment la nécessité d’une réconciliation au sein des Forces de défense et de sécurité, tout naturellement, entre toutes les communautés ethniques et religieuses vivant au Burkina et entre l’Etat et les partenaires sociaux», a affirmé M. Ouédraogo.

Pour la CODER, cette «réconciliation ne va pas sans le pardon» et que cela «est la condition de l’apaisement». «Le pardon dont il s’agit, n’est pas celui que vient demander le fautif à la victime, en courant le risque que sa demande de pardon soit refusée. Il s’agit du pardon accordé par la victime en rémission son ressentiment à l’égard du fautif connu ou pas», selon Ablassé Ouédraogo.

La CODER propose une justice transitionnelle qui met à contribution la coutume et la tradition, le pouvoir traditionnel, la parenté à plaisanterie, pour tempérer les esprits en belligérances pour que la vie en commun puisse reprendre.

Par ailleurs, M. Ouédraogo a soutenu que la réconciliation, aujourd’hui, «ne doit pas être un somnifère qu’on sert au peuple pour l’endormir et garantir la pérennisation d’un système politique», prônant une vrai réconciliation. La CODER a salué les récentes orientations données par le chef de l’Etat Roch Kaboré, en vue d’entamer le dialogue politique. Pour elle, cela est une évolution positive en termes d’écoute pouvant aider à la sortie de la crise de façon consensuelle.

Pour la réconciliation, il faut « se mettre au dessus des considérations partisanes », selon Hermann Yaméogo de la CODER

Par Daouda ZONGO

1 Commentaire

  1. Les exilés dont on parle tant (et à la place) le sont-ils par la contrainte ou par la force. Des Burkinabè ont choisi de quitter le Burkina Faso au moment où la soif de la transparence alimente une insurrection. Ou bien quelqu’un a t-il été accompagné de force à la frontière????

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