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Burkina: le vivre ensemble mis à mal, l’appel des politiques

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Depuis un certain temps le Burkina, longtemps un havre de paix, est victime d’attaques qualifiées de «terroristes» et à cela s’ajoute des affrontements intercommunautaires. On se souvient des événements de Yirgou dans le Centre-Nord qui ont endeuillés plusieurs familles. Les plus récents conflits ont eu lieu en ce début du mois d’avril, dans la zone de Arbinda (Sahel) et de Zoaga (Centre-Est). Les conflits communautaires dans ces deux dernières localités, auraient fait au moins 38 morts. Au sortir d’une rencontre avec le chef de l’Etat, Roch Kaboré, ce jeudi 4 avril 2019, l’opposition et le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Siméon Sawadogo, ont déploré cet état de fait et ont invité les Burkinabè à «avoir le sens de l’unité et de l’union» et à cultiver «le vivre ensemble».

L’opposition à travers son leader, Zéphirin Diabré de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), s’est joint au gouvernement pour présenter ses condoléances aux familles éplorées et souhaiter prompt rétablissement aux blessés des affrontements survenus à Arbinda (62 morts dont 32 du fait des terroristes) et à Zoaga (huit décès).  

«Ce qui s’est passé est ignoble et condamnable», a regretté le ministre Sawadogo, invitant «les uns et les autres à cultiver le vivre ensemble qui a toujours été l’élément essentiel du Burkina». «Si nous ne cultivons pas la tolérance, nous n’arriverons pas à travailler pour aboutir à une cohésion sociale. Nous ne pourrons pas travailler pour le développement» du pays, a-t-il poursuivi, appelant « tous ceux qui peuvent appuyer » le gouvernement dans ce sens « à le faire ».

Au sortir de la rencontre avec le président du Faso

L’opposition qui s’est associée aux condoléances présentées par le ministre d’Etat, «suite aux événements tragiques et très douloureux», a indiqué que ces actes, «interpellent très fortement» les Burkinabè «sur le vécu ensemble» dans le contexte de lutte contre le terrorisme.

«Nous sommes tous inquiets de ce que notre pays, qui était un havre de paix et harmonie entre des dizaines d’ethnies, se retrouve être le théâtre d’affrontements», a déploré M. Diabré, au sortir de la rencontre avec le président Kaboré, qui a porté principalement sur l’adoption de la nouvelle Constitution et les élections de 2020.

«Il faut non seulement condamner (ces affrontements) mais également appeler les Burkinabè à avoir le sens de l’unité et de l’union. A ce niveau il y a une responsabilité qui est collective de nous tous mais il y a une qui est particulière et qui est celle du gouvernement», a martelé le premier responsable de l’opposition, l’exhortant «à faire en sorte que l’Etat et l’état de droit prévale dans cette situation». «Nous sommes un Etat de droit qui est organisé, qui est appuyé sur un certain nombre de piliers dont la justice et qui dicte que s’il y a des comportements qui sont répréhensibles, il faut que cela soit fermement puni par la loi», a-t-il déclaré, notant que «c’est quand on fait ainsi qu’on a la chance de ne pas les voir se répéter».

Par Daouda ZONGO

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