Accueil Société Burkina/Lutte antiterroriste: la population comme «pièce maîtresse»

Burkina/Lutte antiterroriste: la population comme «pièce maîtresse»

La population est la «pièce maîtresse» dans la guerre contre le terrorisme au Burkina Faso, selon l’expert en sécurité Mahamoudou Sawadogo, qui prévient que «tant que nous n’avons pas réussi à basculer la population de notre côté, c’est peine perdue». Il s’exprimait, le 27 août dernier, au cours d’une conférence publique organisée sur la sécurité au Sahel.

La guerre contre l’hydre terroriste au Burkina Faso ne peut se gagner sans l’appui de la  population. C’est la conviction de Mahamoudou Sawadogo, chercheur et spécialiste des questions sécuritaires.

Pour lui, cette population est la «pièce maîtresse» dans cette guerre contre les terroristes. «Toutes les solutions sont gravées autour de la population. Si nous avons compris cela, nous allons savoir que c’est une guerre de cœur, de stratégie, et c’est cela qui va nous conduire à la victoire», a expliqué Mahamoudou Sawadogo qui animait un panel, le 27 août dernier, avec trois autres communicateurs, au cours d’une conférence publique organisée à Ouagadougou sur la sécurité au Sahel.

L’expert en sécurité a, par ailleurs, préconisé de «faire basculer la population de notre côté», sans quoi, «c’est peine perdue» pour venir à bout des hommes armés qui créent la désolation et sèment la terreur dans leurs zones d’influence.

Le spécialiste bien averti des questions sécuritaires au Sahel est allé plus loin dans ses analyses en faisant comprendre que les groupes terroristes ont vite perçu le rôle décisif des populations dans cette guerre, ce qui les a poussés à éliminer les facteurs de résilience endogènes de ces populations afin de les basculer de leur côté.

Ces facteurs de résilience, selon Mahamoudou Sawadogo, ce sont les leaders politiques, religieux et coutumiers. Ces derniers, a indiqué le communicateur, constituaient des «repères» pour leurs communautés et étaient en mesure de «déconstruire» le message des groupes armés. En effet, ces derniers procèdent ainsi pour radicaliser les populations afin de pouvoir recruter des jeunes en leur sein.

Au début de la menace terroriste au Burkina Faso, les hommes armés procédaient par des enlèvements de leaders communautaires, politiques, religieux ou coutumiers. C’est ainsi que le député-maire de Djibo dans le Sahel, Oumarou Dicko, a été tué en novembre 2019, dans une embuscade. D’autres maires et bien des personnalités ont été éliminés au Burkina Faso par les groupes terroristes.

Par Siaka CISSE (Stagiaire)

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