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Burkina/Lutte antiterroriste: le MPS demande un recrutement de contingents spéciaux

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Les responsables du MPS dont Augustin Loada, président, au centre (Ph Wakat Séra)

Le président du Mouvement patriotique pour le salut (MPS), Pr Augustin Loada, a demandé ce mardi 12 novembre 2019, lors d’une conférence de presse à Ouagadougou, le renforcement des effectifs par un recrutement de contingents spéciaux dans l’armée, la gendarmerie et la police, en vue de lutter efficacement contre les terroristes qui cherchent à déstabiliser le Burkina Faso.

Le pays des « Hommes intègres » fait face depuis 2016 à une « guerre totale que nous impose l’ennemi avec le but de nous conduire vers une situation où il n’y aura plus d’armée, plus de territoire, plus de populations, plus d’administration, et donc, plus d’Etat, plus de gouvernement », s’est alarmé l’ex-ministre de la Fonction publique sous la Transition de 2015, Pr Augustin Loada, pour qui, « le plan des terroristes est clair, le schéma est tout tracé, l’Etat-nation du Burkina doit disparaître ».

Cette perspective est « inacceptable », a laissé entendre le premier responsable du parti proche d’un ex-patron de renseignement au Burkina, le général Yacouba Isaac Zida. « Où sont passés nos valeureux jeunes officiers montés à l’assaut du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui terrorisait les Burkinabè ? Où sont passés les militaires du RSP qui se sont désolidarisés des putschistes (de 2015) ? », s’est interrogé M. Loada et ses camarades qui comptent conquérir le pouvoir en 2020.

Sur plus de 1 300 éléments de l’ex-RSP, « il n’y a qu’une petite centaine de putschistes qui sont aujourd’hui en prison. Que sont devenus les autres ? Où sont passés nos autres corps d’élite comme les parachutistes de Bobo ? Que sont devenus nos régiments d’infanterie commando disséminés dans toutes les garnisons ? Pourquoi nos jeunes officiers qui ont fait preuve d’audace ne sont-ils pas aux avant-postes de la lutte contre les groupes terroristes ? Où est passé notre fibre patriotique qui s’est exprimée au lendemain de l’insurrection ?», a continué de s’interroger l’ex-ministre qui s’est attardé sur la question du renseignement en matière sécuritaire.

Dans la vision de la lutte antiterroriste, le MPS estime qu’il faut découvrir quelles sont les intentions des groupes terroristes à court terme pour atteindre leurs buts. C’est-à-dire en quelque sorte quelle est leur tactique et quels sont leurs moyens. « Si l’Agence nationale du Renseignement (ANR) était un service de renseignement efficace, il y aurait réussi après quatre années d’existence », selon les conférenciers qui souhaitent que toutes les conclusions soient tirées afin d’opérer un « véritable changement » au niveau de l’ANR sur qui repose une grosse part du boulot dans cette bataille.

Si le MPS était au pouvoir, il « ne nommerait jamais un officier qui n’a jamais fait un seul jour de renseignement dans sa carrière à la tête d’une institution avant-gardiste dans la lutte contre le terrorisme », a dénoncé Pr Augustin Loada, soulignant que dans la vision du MPS, la question de la cohésion dans l’armée est « essentielle ». Selon lui, « nos Forces de défense et de sécurité (FDS) ont toujours su surmonter les difficultés de cohésion en leur sein pour privilégier l’intérêt national ». De l’avis du MPS, le régime actuel « a malheureusement créé et exacerbé des clivages au sein de notre armée ». Le MPS appelle « à taire impérativement les dissensions au sein de l’armée en réactivant les cadres de concertations créés en 2011 afin de renforcer la confiance entre la base et le sommet ».

Le parti proche de Zida estime que pour mieux galvaniser les agents de défense et de sécurité, « il faut rehausser (leur) capacité opérationnelle ». Pour cela, « il faut plutôt renforcer les effectifs par un recrutement de contingents spéciaux dans l’armée, la gendarmerie et la police, en particulier dans les régions et parmi les populations les plus affectées par le terrorisme ».

« Notre président d’honneur, le Général Zida avait fait en décembre 2018 la proposition qu’il soit recruté un contingent spécial d’au moins 3 000 éléments en discriminant positivement les régions sous menace. Malheureusement et comme d’habitude il n’a pas été écouté, certainement même vilipendé par des Naaba et courtisans incultes, incapables d’intégrer que l’on puisse aimer son pays envers et contre tout », a regretté le professeur Loada qui avance qu’« il n’est pas normal dans ce contexte terroriste que l’on entende parler de faibles capacités d’absorption en matière de dépenses militaires ».

Le MPS considère que le terrorisme n’étant pas un phénomène nouveau, il faut s’inspirer des expériences de certains Etats africains comme l’Algérie et la Mauritanie qui ont bien réussi à endiguer le fléau du terrorisme. « En plus des opérations militaires, il nous faut intégrer aussi des aspects diplomatiques. Quels sont les partenaires du Burkina dans cette lutte contre le terrorisme ? Il nous faut absolument diversifier nos partenaires et les amener à s’aligner sur notre vision propre mais aussi mobiliser nos voisins du Sud, car du succès des armes du Burkina, dépendra aussi leur sort », a fait savoir son président.

La question de la réconciliation nationale ne doit pas aussi être occultée, selon le MPS. « L’union sacrée dont il est fait appel suppose celle de tous les fils et filles de notre pays. Alors comment pourrait-elle se faire lorsque le dialogue est rompu volontairement avec des leaders, des personnes qui représentent une certaine frange de notre population au regard des positions et fonctions qu’elles ont occupées ? Il est urgent de renouer le dialogue, même si ce dialogue ne va pas nécessairement aboutir avant longtemps, il va au moins créer un climat social apaisé propice à l’union sacrée autour de la lutte contre le terrorisme », a déclaré Augustin Loada qui a terminé que le MPS est « confiant que si les conditions sont réunies, le peuple burkinabè est capable de bien réagir, vite et maintenant » face à la menace.

Par Bernard BOUGOUM

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