Accueil A la une Centrale thermique de Komsilga: des travaux d’extension en vue pour une production...

Centrale thermique de Komsilga: des travaux d’extension en vue pour une production de 50 MW

837
0
Nettoyage d'une machine à la centrale de Komsilga

Le ministère burkinabè de l’Energie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, a annoncé ce lundi 27 avril 2020, des travaux d’extension de la centrale thermique de Komsilga, en vue de la production de 50 MW. C’est en marge d’une visite des installations et d’encouragement aux travailleurs de la station, que le ministre Ouédraogo, a fait cette annonce qui augmentera la puissance de la centrale électrique de Komsilga, la plus grande du pays, de « 90 à 140 mégawatts ».

Les travailleurs de la centrale thermique de Komsilga galvanisés par le ministre de l’Energie

Le ministre de l’Energie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, assistés par ses collaborateurs notamment le directeur général de la Société nationale de l’électricité du Burkina Faso (SONABEL), Baba Ahmed Coulibaly, ont sillonné les locaux de la plus grande centrale thermique du pays pour s’enquérir non seulement de l’état des installations, mais aussi pour « encourager » de vive voix le « travail titanesque » qu’abattent les agents en cette période où la demande en énergie est forte. Sur place, les visiteurs ont constaté le bon fonctionnement de cette centrale ayant une capacité de production d’au moins 90 mégawatts.

Mais, pour le ministre qui a visité un espace vide dans la station, les mois à venir, son département travaillera avec la SONABEL pour l’extension de la centrale afin qu’elle puisse produire 50 MW de plus, pour répondre à la demande qui croît d’année en année.

Le ministre Bachir Ismaël Ouédraogo et Baba Ahmed Coulibaly, DG de la SONABEL en tenue noire, en marche lors de la visite

« La centrale de Komsilga est notre plus grande avec plus de 90 MW. C’est une centrale qui joue un rôle important dans la distribution de l’électricité au niveau du Burkina Faso. Les mois de mars, avril, mai et juin sont des mois un peu difficiles pour nous. C’est à ce moment que nous avons le pic au Burkina. Il était de bon ton que je puisse venir encourager les équipes qui sont ici, qui sont au four et moulin », a déclaré à la fin de la visite, M. Ouédraogo, notant que « vous avez vu parfois les difficultés qui sont les leurs, ils travaillent 24H/24 pour que nous puissions avoir l’énergie. Donc je suis venu les encourager et dire toute ma fierté pour le travail qu’ils sont en train d’accomplir ». Même s’il se dit conscient du gros travail que font les agents de la centrale de Komsilga, le ministre de l’Energie leur demande encore « beaucoup plus d’abnégation à la tâche parce que tout le pays compte sur eux ».

Dr Bachir Ismaël Ouédraogo s’est réjoui du « progrès » engrangé par son département notamment la politique menée par la SONABEL qui a permis « d’équilibrer l’offre et la demande ». Mais, « on ne peut pas se satisfaire de 40% seulement de la population qui a accès à l’énergie au niveau national », a-t-il dit, reconnaissant donc  qu’ « il y a beaucoup de chose à faire même si les indicateurs montrent qu’on est sur la bonne voie, notre travail au quotidien, est de parvenir à l’accès universel à l’énergie».

Les raisons des coupures d’électricité…

Le Burkina a près de 54% de sa consommation d’énergie qui vient de la Côte d’Ivoire et du Ghana. La conséquence de cet état de fait est que quand il y a une difficulté dans ces pays, automatiquement le Burkina le ressent, a poursuivi le ministre Ouédraogo, qui prend en exemple la coupure générale du jeudi. « Vous avez vu la dernière fois, l’orage qui est survenu en Côte d’Ivoire, automatiquement nous avons eu un black out au Burkina. C’est vrai que nous allons poursuivre ce mode d’approvisionnement, c’est-à-dire les interconnexions en énergie, mais nous allons surtout travailler pour pouvoir avoir à l’interne la réserve froide. Elle permettra en cas de perte d’une de ces lignes, qu’on ait une puissance à l’intérieur pour pouvoir combler ce gap », a-t-il rassuré.

Visite dans la salle de contrôle de la centrale de Komsilga

Pour justifier aussi les délestages constatés ces derniers jours dans les centres urbains, notamment Ouagadougou, le patron du ministère de l’Energie, évoque, entre autres, les intempéries, la vétusté du matériel et l’augmentation de façon exponentielle de la population qui n’a pas été suivie par les financements. C’est pourquoi, il a demandé l’indulgence de la population. « Ce n’est pas que nos gens ne sont pas au four et moulin mais c’est le travail qui est gigantesque. Le problème est un tout qui demande quand même temps que nous travaillions à augmenter la production, il le faut également pour le transport et la distribution ». Il a également demandé aux hommes de médias, d’accompagner son département dans la sensibilisation pour que les populations soient « plus tolérantes » vu les efforts fournis par les agents sur le terrain.

Des projets solaires en vue…

Outre les lignes du Ghana et de la Côte d’Ivoire qui font entre 200 et 250 MW que le Burkina peut tirer, le ministère de l’Energie, annonce d’autres chantiers pour accroître l’offre de l’énergie, surtout mixte pour satisfaire les besoins des populations. La centrale d’Aggreko de 50 MW, celle de Kossodo de 50 Mw, les centrales solaires, de Pa, Kodéni, Koudougou, Kaya et les projets Yeleen, viendront accroître de manière considérable l’offre, selon Bachir Ismaël Ouédraogo. « C’est vrai, nous avons l’un des kilowatters les plus élevés de la sous-région, mais je dis en comparaison, quand vous importez plus de 50% de votre énergie, c’est clair que cela va jouer sur le prix du KW.

Photo de famille du ministre de l’Energie Dr Bachir Ismaël Ouédraogo avec les travailleurs

Deuxièmement on produit le courant avec des machines qui consomment le DDO (Distillate Diesel Oil) et le HFO (Hydro-Fluor-Oléfine) nous ne sommes pas non plus un pays producteur de pétrole, donc cette matière première est importée, et quand nous sommes à 1 000 kilomètres du premier port, cela vous donne clairement le coût du transport et de la logistique, ce qui fait qu’objectivement on a un Kw qui est cher », s’est expliqué longuement le ministre.

Mais de plus en plus le Burkina Faso transforme le soleil pour en faire de l’énergie pour la consommation, a-t-il rebondi, saluant à ce titre le « travail gigantesque » que fait la SONABEL actuellement. « Si le travail continue bien à ce niveau, nous aurons la possibilité de réduire le coût du KW. C’est la direction que le président Roch Marc Christian Kaboré est en train d’imprimer. C’est une opportunité que nous pouvons, à côté des autres types de production, développer pour réduire cette difficulté qui impacte fortement l’économie du pays », a-t-il soutenu.

Des salles de stockage, à la salle des machines, salle de commande ou de contrôle jusqu’à celle de l’évacuation de l’énergie, toutes les composantes ont été passées au peigne fin par le ministre et ses collaborateurs, dans le strict respect des mesures sanitaires recommandées en cette période de Covid-19.

Par Bernard BOUGOUM 

Laisser un commentaire