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Cité non-viabilisée à Bassinko: des bénéficiaires donnent de la voix

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photo d'illustration

Des bénéficiaires de logements dans la cités de Bassinko (sortie Ouest de Ouagadougou) ont exprimé, ce jeudi 26 juillet 2018 face à la presse, leur mécontentement face à la non-viabilisation de cette cité et ce depuis 2014.

Abritant environ 10 000 habitants, la cité de Bassinko souffre d’un manque de viabilisation. Cette situation a amené environ 500 ménages à déménager.  

Des habitants regroupés en fédération d’associations ont dénoncé, entre autres, le manque d’eau courante sur les sites des promoteurs immobiliers privés (AIP, CGE, Wend-Panga, CBH, PNBF), la non électrification de la cité, l’absence de voirie, d’établissement scolaire et de services de sécurité.

Selon le secrétaire général de la Fédération des associations des cités de Bassinko (FAC/BA), Boubacar Yanogo, l’un des conférenciers du jour, les voies d’accès à la cité sont impraticables surtout en saison pluvieuse. Quand il pleut «les domiciles sont inaccessibles», a dit M. Fabrice Ouédraogo, membre de la fédération, qui a confié que cela crée souvent «des disputes dans les familles».

Des membres de la Fédération des associations des cités de Bassinko

«Face à cette situation, de milliers de propriétaires ayant pourtant la clé de leur logement en main se voient obligés, en plus des coupures dues aux prêts bancaires, de supporter les (frais de) locations en ville dans l’attente d’une amélioration des conditions, avant d’aménager dans leur maison», a déclaré M. Yanogo.

Il a affirmé que sa fédération a plusieurs fois été reçue au ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme et des promesses ont été faites. Mais jusqu’à présent «on ne peut pas dire que les choses ont bougé», selon M. Yanogo.

Quant à Mariam Sawadogo, une habitante, elle n’a pas hésité à qualifier cette cité de «village moderne», interpellant le chef de l’Etat Roch Kaboré à propos du manque d’eau  qui fait souffrir bon nombre de femmes dans cette cité. «Les populations de Bassinko ne vivent pas parce qu’il n’y a pas d’eau», a-t-elle affirmé.

En plus du manque de viabilisation, des logements dans cette cité sont déjà fissurés et des tôles arrachés. Pour les bénéficiaires, il est impérieux que «le gouvernement et les promoteurs immobiliers privés (…) respectent leurs propres engagements ainsi que la réglementation en matière d’urbanisme et de construction».

Le secrétaire général de la FAC/BA, Boubacar Yanogo, a laissé entendre que si rien n’est fait «les résidents se concerteront en vue d’entreprendre des actions plus fortes».

Par Daouda ZONGO

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