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Congo Brazzaville: sale temps pour les généraux!

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Le président congolais Denis Sassou Nguesso aime bien les généraux derrière les barreau (Ph. rfi.fr)

20 ans de prison ferme pour le général Jean-Michel Mokoko! Le verdict est tombé et sans surprise, après un procès du silence qui présageait déjà d’un verdict tout aussi ahurissant,  punissant le général accusé pour atteinte à la sûreté intérieure et détention illégale d’armes et munitions de guerre. En Afrique, au risque de se faire hara-kiri, c’est très imprudent d’aller contre les intérêts du chef. Et le général Mokoko en a pris pour son grade. Tout comme son homologue avec qui il pourrait bien être mangé à la même sauce, c’est l’ancien inspecteur des Forces armées congolaises (FAC), le général Norbert Dabira, qui a été présenté ce mardi devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Brazzaville. Il est également poursuivi pour atteinte à la sécurité intérieure. C’est une règle bien connue en Afrique, qui ressemble à s’y méprendre à une pratique russe à la Poutine et à laquelle la République du Congo est loin de faire exception. Comme dans les républiques africaines qui se confondent facilement avec des monarchies de fait et dans le fonctionnement, le roi ne cède son trône qu’à la mort. Bien d’autres pays sont passés par cet embastillement de candidats potentiels, empêcheurs de gouverner en rond. Et la coutume se perpétue car bien des pays sont sur cette voie, embastillant sans autre forme de procès ces hommes qui constituent des menaces pour les gouvernants du jour.

Agé actuellement de 71 ans, au mieux des cas,  le général Mokoko sortira de prison après avoir fêté son 91è anniversaire! Avec cette condamnation il peut donc dire adieu à toute ambition de s’asseoir sur le fauteuil de Sassou qui aimerait bien y mourir où le céder à un des siens, à en croire les bruits venant de la faune politique congolaise. Mais est-ce vraiment foutu pour le général qui voulait devenir calife à la place du calife? On peut être tenté de répondre par la négative, tant l’impopularité réelle de M. Nguesso pourrait faire prédire un autre scénario à cette histoire qui empoisonne l’actualité politique sur les bords du fleuve Congo. En attendant, sauf retournement de situation, c’est foutu pour le général qui voulait devenir président.

 

En tout cas, il ne fait plus bon être général de l’armée au Congo Brazzaville! Comme une épidémie qui s’est abattue sur cette race d’habitude privilégiée et chouchoutée comme des coqs en plâtre, les généraux congolais sont désormais dans l’œil du cyclone, ou plus précisément du général Denis Sassou Nguesso. Deux étoiles ou trois étoiles, aucun produit de cette espèce qui encourt la disparition tant qu’elle sera persécutée par le président congolais, n’échappe aux mailles fines du filet. Jusqu’à quand la fin de la saignée? Bien malin qui pourra le dire, les complicités avec les généraux ciblés ou toute autre tentative de convoitise du pouvoir, même en rêve, étant devenue le crime le plus combattu aujourd’hui par le régime en place. Sassou n’a pas visiblement pris le risque de se construire son troisième en détricotant la constitution pour se faire ravir son pouvoir par le premier général venu. C’est la loi implacable de la politique africaine où les opposants sont acceptés, ou du moins tolérés, quand ils savent tenir leur «gueule», ou plus simplement lorsqu’ils sont en exil, emprisonnés ou «suicidés». Pourquoi cet étrange et coupable silence de la communauté internationale et des mouvements des droits de l’homme sur ces procès de la honte qui ne font que faire des émules à travers l’Afrique?

Par Wakat Séra  

 

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