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Congo: le pouvoir, Sassoufi jamais!

Denis Sassou N'Guesso pour son 6è mandat (Ph d'illustration- courrierinternational.com)

C’est sans surprise que la Commission électorale nationale indépendante (Céni), a déclaré vainqueur de la présidentielle congolaise de ce dimanche 21 mars, Denis Sassou N’Guesso. Les chiffres, pour l’instant, provisoires, donnent au président sortant, et bientôt entrant, 1 552 948 voix, soit 88,57% des suffrages. Dans le même temps, à l’opposant historique, Guy-Brice Parfait Kolélas, fils de l’autre opposant, non moins célèbre, Bernard Kolélas, est attribué le score de 7,84%. L’opposant, dont les militants étaient encore sûrs de la victoire, alors que celui-ci poussait son dernier soupir, le même jour de vote, à Paris, où il a été évacué, malmené par le Covid-19, ne sera même pas en mesure de déposer le moindre recours. Toutefois, il peut se targuer, de l’au-delà, qu’il a rejoint alors que des bulletins de vote et des affiches portaient encore sa photo de candidat, d’avoir réussi une campagne électorale qui a donné de l’espoir à tous ses Congolais qui croient toujours au changement.

En attendant que la Cour constitutionnelle donne le verdict final et définitif, l’«Empereur» de Oyo, 77 ans et 36 ans au pouvoir, peut aller, en toute sérénité, vers son 6è mandat à la tête de son pays. Il ne pouvait pas en être autrement, dans une Afrique qui vit son printemps des 3ès mandats. Le sport le mieux pratiqué par des dirigeants africains insatiables de pouvoir, reléguant, de plus en plus, l’alternance démocratique au tiroir de l’irréalisable. Un rêve pourtant transformé en réalité par des Nigériens, dont le président démocratiquement élu, Mahamadou Issoufou, au terme de son deuxième quinquennat, s’apprête à passer le témoin à un autre président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum. Pour confirmer sa suprématie sur une opposition qui se cherche, le président congolais, s’est offert un véritable score stalinien. Au titre des dernières élections présidentielles en Afrique, son aîné de deux ans, l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara, 79 ans, qui a inauguré son 3è mandat, suite à sa réélection chaotique du 31 octobre 2020, aura tout de même fait mieux que Denis Sassou N’Guesso, avec ses 95,31%, tutoyant les 100%.

Ainsi va l’Afrique, où, la plupart du temps, les vainqueurs des élections, surtout présidentielles, sont connus, avant même la tenue des scrutins. Pire, les opposants les plus téméraires, ne croient plus vraiment en leurs chances de gagner ces batailles perdues d’avance. Ils attendent plutôt, pour ceux qui ne sont pas embastillés ou contraints à l’exil forcé, le miracle qui les installera dans un fauteuil qu’ils n’aperçoivent que de loin, lors des prestations de serment en série sans fin, de ces «présidents fondateurs» des «républiques très très démocratiques du Gondwana» de Mamane. A quand la fin de ces longs règnes qui n’ont jamais porté bonheur aux pays qui les ont subis? Une question qui demeurera sans réponse, tant que les dirigeants africains joueront avec la démocratie, qu’ils déroulent à leur manière. Ceux-ci sont devenus experts en parodies d’élections qui n’en sont que parce que des bulletins ont été déposés dans des urnes par des citoyens, dont le plus grand nombre, notamment les jeunes, a fini par se désintéresser de la chose politique.

En tout cas, avant le Tchadien, le maréchal Idriss Déby Itno, 68 ans, qui est dans les starting-blocks de l’élection présidentielle prévue pour le 11 avril prochain, pour son 7è mandat, son voisin Denis Sassou N’Guesso, lui est déjà aux portes de son 6è mandat, et plus si affinités.

Par Wakat Séra

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