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Parti au pouvoir au Burkina : Salifou Diallo a repris sa chose !

Salifou Diallo (milieu) tient désormais le gouvernail du bateau MPP

Salifou Diallo est le nouveau président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Ainsi en a décidé le deuxième congrès du parti au pouvoir qui a rassemblé, selon ses organisateurs, pas moins de 5 000 délégués venus du Burkina Faso et d’autres parties du monde. Annoncé comme la grand’messe du parti devant accoucher de décisions importantes, le raout orange-la couleur du MPP- n’a pas failli à ses promesses, dont l’une, la plus attendue d’ailleurs, était le renouvellement des instances du parti. A ce titre, l’identité du nouveau patron du MPP a fait l’objet de timides supputations. Mais pas plus. Ceux qui pensaient encore qu’après avoir assuré l’intérim, suite à l’élection de Roch Marc Christian Kaboré (RMCK) comme président du Faso, Salifou Diallo, l’actuel président de l’Assemblée nationale, allait rester encore dans l’ombre, ont vite déchanté. S’il avait fait la place, et toute la place, à Roch M-C Kaboré, ce n’était qu’un effacement stratégique pour les ambitions électoralistes du parti. Et ce choix a payé. C’est sans bavure que celui qu’on appelle affectueusement le Rocco et reconnu pour sa forte capacité d’écoute et son esprit rassembleur, a amené le MPP, parti social-démocrate, à la victoire, lors des élections présidentielle et législatives couplées de novembre 2015. Et même que durant la campagne, par des déclarations fortes, la bête politique qu’est Salifou Diallo a marqué les esprits, comme étant le faiseur de rois. Et ce n’est point verser dans une quelconque apologie que de reconnaître que le natif du Yatenga est le véritable moteur du MPP. En Afrique, l’adage énonce que même si tu n’aimes pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite.

Ainsi donc, Salifou avait donné et Salifou a repris. , Gorba, surnom de l’un des anciens piliers du régime Compaoré, a toujours été, et demeure en réalité le véritable patron de cette machine électorale. Certes, le bébé, né avec toutes ses dents et qui a poussé ses premiers vagissements officiellement le 25 janvier 2014, n’a pas fait ses premiers pas sans l’apport des autres démissionnaires du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) qui l’ont porté. Mieux, ceux-ci ont mouillé le maillot pour lui donner cette onction populaire qui en a fait le parti d’opposition le mieux implanté sur le territoire national et le plus en vue politiquement. Cette taille hors-norme n’est pas sans conséquence sur la cohésion du parti, à commencer par des dissensions attribuées, à tort ou à raison, au trio RSS (Roch-Salif-Simon) qui dirige le parti et le Burkina.

Et c’est peu de dire le rôle déterminant joué par ce parti dans le mouvement irréversible qui avait contraint Blaise Compaoré, en octobre 2014, à lâcher un pouvoir qu’il a géré pendant plus de d’un quart de siècle, avec pour fidèles parmi les fidèles, un certain Salif Diallo-le Salifou viendra après, comme pour faire oublier l’ancien lieutenant de Blaise. Salifou Diallo, c’est le métronome du MPP, même si on ne saurait nier l’impulsion de RMCK et de Simon Compaoré, respectivement désormais anciens président et 2é vice-président qui ont permis à la vague orange de ratisser très large, notamment dans le milieu des chefs coutumiers et religieux, dont les voix sont déterminantes dans la vie socio-politique du Burkina Faso. Toutes choses qui ne sont pas sans provoquer des remous dans la jeune mais non moins riche existence du mastodonte orange. Et les secousses, telluriques ou de magnitude mineure, sans doute que le parti en traversera encore, car cela est inhérent à toute organisation humaine, surtout quand elle est composée de politiciens aux desseins inavoués doublés d’intérêts égoïstes. Ainsi va la politique !

Par Wakat Séra

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