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Coronavirus au Burkina: attention au «Fauxvid 20»!

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Le président du Faso (boubou rayé) et son gouvernement toujours attendu sur le front contre le COVID-19

La gestion du Covid-19 semble devenir une véritable problématique pour le Burkina Faso. Tout est parti de cette triste affaire du décès de la deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale du Burkina, Rose Marie Compaoré, le 17 mars 2020. Cette mort fut alors brandie par les officiels comme la première victime du Covid-19 dans notre pays. Mais par la suite, un reportage de nos confrères de la télévision privée BF1, au domicile de la défunte, et un article du journal d’investigation «Courrier Confidentiel» ont remis totalement en cause, les déclarations de la ministre de la Santé, Pr Léonie Claudine Lougué Sorgho. A l’endroit de cette dernière, l’époux éploré de la députée de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), n’a pas été du tout tendre, la traitant même de «menteuse». Le membre du gouvernement reconnaîtra, du reste, dans le «Courrier Confidentiel» qu’«on» l’«a fait mentir» devant le Parlement. L’affaire continue de faire des vagues qui ont déjà emporté le coordonnateur de la cellule de riposte à la pandémie du Coronavirus au Burkina, le Professeur Martial Ouédraogo. Mais ce premier fusible qui vient de sauter, ne réussit visiblement pas à tasser cette affaire que le gouvernement, dont certains réclament, sans plus ni moins, la démission, a qualifié d’assez grave. Mais c’est une affaire qui visiblement réserve d’autres rebondissements!

Comme on le dit en Afrique, c’est un seul âne qui a mangé la farine, rendant blanche la bouche de tous les autres ânes. Pour dire que l’action gouvernementale est désormais mise à rude épreuve en ce qui concerne la gestion de cette crise dans laquelle le Burkina Faso tirait bien son épingle, malgré quelques balbutiements notamment dans la communication, la prise en charge difficile de certains cas positifs et le peu de tests réalisés sur les potentiels malades du Covid-19. Même les chiffres officiels que nous avons l’habitude de servir au public ne convainquent plus nos lecteurs. «Purs mensonges»! C’est la réplique qui nous est souvent renvoyée quand il ne nous est pas simplement demandé d’aller interviewer la ministre de la Santé pour qu’elle fasse le tri de ceux qui, réellement, sont morts ou souffrent du Covid-19 et ceux qui sont brandis comme tels dans un dessein caché. Toute chose qui expliquerait en partie la pression observée ces derniers jours de la part des commerçants qui exigent la réouverture de leurs marchés, fermés depuis le 25 mars dernier pour certains. Pire, des récalcitrants au port obligatoire du masque décrété par le gouvernement et en vigueur depuis le 27 avril n’hésitent pas à douter de l’existence du Covid-19 au Burkina. Et ça c’est dramatique, les images d’horreur dont nous abreuvent les chaines occidentales et l’implication des plus grands scientifiques ne laissent planer le moindre doute sur les ravages du Covid-19. Qu’il soit sorti du pauvre pangolin, espèce menacée d’extinction, ou qu’il ait échappé aux manipulations dans un laboratoire de Wuhan en Chine, ça c’est un autre débat. Mais le Covid-19 est bel et bien une réalité qui a mis le monde entier au pas.

Il urge donc pour le Burkina de rétablir la confiance entre les populations et les gouvernants pour prendre le dessus sur le Covid-19. Et cela passe par des décisions fortes et courageuses du président du Faso, et une gestion efficace et surtout transparente de la maladie à coronavirus, dont certains esprits malins pourraient bien vouloir profiter, comme à l’accoutumée, pour augmenter la hauteur de leur mur, c’est-à-dire en français facile, ajouter des zéros à leur compte en banque. Il faut vite changer le fusil d’épaule car il y va de la vie des Burkinabè. Ne laissons pas le «Fauxvid 20», le virus du faux, tuer plus vite et plus en masse que le virus à couronne.

Par Wakat Séra