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Coronavirus au Burkina: le confinement ou la catastrophe!

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Les pays africains ont-ils les moyens de faire face à l'épidémie du COVID-19? (Ph. lepoint.fr)
  1. C’est le nombre de cas positifs rendu officiellement public par le comité national de réponse à la pandémie du coronavirus au Burkina. En quinze jours, soit du 9 mars, date à laquelle ce qui est considéré comme le patient zéro a été testé et pris en charge, à ce dimanche, le Covid-19 continue de se balader, accentuant au quotidien la contagion. Certes, en dehors des quatre décès et des cinq guérisons déjà constatés, tous les autres cas, selon leur gravité sont entre les mains d’un personnel soignant qui ne s’accorde aucun répit pour sauver les vies menacées. Le moins que l(on puisse dire, c’est que les chiffres évoluent rapidement. Ce qui suscite les inquiétudes des populations, car des mesures, et pas des moindres ont été prises par les autorités burkinabè. Crescendo, les décisions des gouvernants ont été annoncées, allant de la fermeture de établissements scolaires et universitaires au couvre-feu de 19h à 5h du matin, en passant, entre autres, par les interdictions de rassemblement de plus de 50 personnes, du transport en commun entre les différentes villes, la fermeture de l’aéroport, la fermeture des lieux de culte, la fermeture au public, des bars, maquis et restaurants, et bientôt celle des gros marchés et «yaars» (petits marchés), etc.

Des mesures pertinentes, mais comme le dirait le commerçant au marché, «c’est bon, mais c’est pas arrivé». Ces mesures ne sont-elles pas arrivées un peu comme le médecin après la mort, au propre comme au figuré? Oui et non. Oui, parce que le temps, loin d’être notre meilleur allié nous est compté, dans une Afrique où la prise en charge sera un véritable casse-tête pour des centres de santé mal équipé où le petit comprimé de paracétamol peut manquer. La seule solution était une prise de décision très rapide, en s’inspirant de l’expérience de pays comme la Chine qui, d’épicentre de la maladie à coronavirus, est passée aujourd’hui à zéro cas local déclaré et apporte même son aide aux pays occidentaux très mal en point comme la France et surtout l’Italie. Même la réaction à retardement de ces pays face à la pandémie, toute chose qui a facilité la propagation du virus et provoqué des milliers de morts, aurait pu nous mettre très tôt en position de lutte, surtout en tenant compte du célèbre adage qui préconise qu’«il vaut mieux prévenir que guérir». Mais comme à l’accoutumée, comme au Burkina Faso, les autorités des pays africains ont dégaine trop tard, laissant entre le diable dans la maison. A leur décharge, il faut reconnaître que les filets sociaux sont pratiquement inexistants en Afrique où l’informel a pris la place du formel. La pauvreté et la mal gouvernance faisant le reste, les mesures d’accompagnement ne peuvent soutenir ces mesures drastiques prises ailleurs.

Maintenant, c’est la course contre la montre et c’est clair qu’en cas d’installation du mal dans la durée, chose très probable, il faudra juste chercher à limiter la casse, surtout pour le citoyen lambda. Si pour les pays dits puissants, les dégâts tant sur le plan social qu’économique seront difficilement supportables, qu’en sera-t-il des pays africains où nous vivons dans la plupart des cas, «au jour le jour». Alors, en plus des mesures barrières déjà largement diffusées, pour sauver ce qui peut l’être encore, il faut, hic et nunc, passer au confinement total. Nos experts en épidémiologie et ceux qui nous gouvernent ont eu assez de temps pour trouver la stratégie à mettre en œuvre pour cette étape inévitable à subir pour freiner la propagation du virus au Burkina et le cas échéant, s’en débarrasser pour de bon. Comme il est dit sur les réseaux sociaux, «mieux vaut un confiné qu’un con fini». Et ça c’est un bon conseil pour ceux qui n’ont pas encore pris la mesure de la catastrophe vers laquelle nous courons et continuent de fouler allègrement au pied, les mesures mises en place.

Par Wakat Séra

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