Accueil Société Côte d’Ivoire: 20 750 élèves engrossées en cinq ans

Côte d’Ivoire: 20 750 élèves engrossées en cinq ans

Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, de nombreuses jeunes filles continuent de tomber en grossesse 

La Côte d’Ivoire a enregistré 20 750 cas de grossesse en milieu scolaire entre 2013 et 2018 malgré les campagnes de sensibilisation et les menaces proférées par le gouvernement contre les « prédateurs ».  

«Les prédateurs», comme les a appelés la ministre de l’Education nationale de Côte d’Ivoire, Kandia Camara, continuent de sévir dans les rangs des jeunes filles scolarisées. Selon la direction de la Mutualité et des oeuvres sociales en milieu scolaire (DMOSS), 20 750 cas de grossesse en milieu scolaire ont été enregistrés sur les années académiques de 2013 à 2018. D’après les chiffres publiés par la DMOSS, les filles les plus touchées sont au Cours moyen 2 (cycle primaire), en 6è, 3è  et Terminales (cycle secondaire).

Les auteurs de ces grossesses sont les élèves garçons qui représentent 43,2% tandis que les gens de métiers caracolent à 55%. Les enseignants et autres constituent 2% des «metteurs enceintes», comme on les appelle dans le jargon scolaire. Pendant longtemps, la région de Bondoukou située au nord-est de la Côte d’Ivoire, détenait la palme des grossesses en milieu scolaire avec parfois plus de 2000 cas par an. Plusieurs raisons expliquent ces grossesses involontaires contractées par des filles dont l’âge ne dépasse pas parfois 12 ans.

Les spécialistes évoquent la pauvreté des parents qui laissent leurs filles orientées au collège sans leur assurer le minimum vital. Ces adolescentes deviennent des proies faciles pour les gens de métiers qui pour des repas quotidiens, arrivent à les mettre dans leur lit. Il y a aussi le manque d’éducation sexuelle, le sujet étant tabou dans de nombreuses familles où la jeune fille découvre la sexualité à travers les films ou dans la rue.

Devant l’ampleur du danger, le gouvernement a lancé la campagne «zéro grossesse en milieu scolaire» et adopté des lois pour frapper fort les prédateurs qui gâchent l’avenir de nombreuses jeunes filles obligées d’abandonner l’école. Pour freiner le fléau, le ministère de l’Education nationale a annoncé la construction de plusieurs établissements de jeunes filles avec internat mais jusque-là, ces écoles tardent à sortir de terre.

Mahamadou Doumbia (Correspondant Wakat Séra en Côte d’Ivoire)

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