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Côte d’Ivoire: c’est ADO que le Conseil constitutionnel devait écarter!

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Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bédié, Pascal Affi N'Guessan et Kouadio Konan Bertin, les quatre candidats retenus par le Conseil constitutionnel pour la présidentielle ivoirienne d'octobre 2020

Quatre pour le fauteuil de Alassane Ouattara. Ainsi en a décidé le Conseil constitutionnel qui a validé quatre, des quarante-quatre dossiers qui ont été déposés sur sa table, pour la présidentielle ivoirienne du 31 octobre 2020. Dura lex, sed lex. Ainsi parleraient les Latins pour dire que, dure est la la loi, mais c’est la loi. Ainsi, Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’Guessan, Kouadio Konan Bertin, alias KKB, et Alassane Dramane, himself, constitueront le quatuor qui prendra place dans les starting-blocks, pour aller à la conquête du graal présidentiel.

Le tamis très fin et fabriqué sur mesure pour rendre, le plus possible, la course aisée à ADO, écarte des grosses pointures comme Marcel Amon-Tanoh, Albert Mabri Toikeusse, Mamadou Koulibaly, ou encore, l’ancien président Laurent Gbagbo et l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Kigbafori Soro. Les deux derniers, éloignés de la Côte d’Ivoire, et surtout de la compétition électorale par des condamnations plus politiques que judiciaires, sauf miracle, ne pouvaient être sur la short list du Conseil constitutionnel.

Seuls, les naïfs et les pro-Gbagbo et pro-Soro, croyaient encore que dans un ultime sursaut de dignité ou de recherche de la réconciliation et de la paix, et surtout d’élection apaisée, le chef de l’Etat sortirait de sa bulle, et aurait surtout le courage d’affronter ces deux potentiels candidats dont la popularité n’a pas pris une seule ride. Les deux épouvantails de ADO, dont les noms avaient déjà été gommés de la liste électorale, ne rêvaient sans doute pas d’un pareil cadeau de celui qui les persécutera, tant qu’ils seront un danger pour son fauteuil.

Surtout qu’il vient de s’ouvrir un nouveau compteur pour deux nouveaux mandats, et la présidence à vie, si affinité. Alassane Dramane Ouattara, qui est sorti de l’opposition pour la présidence, grâce aux vertus de l’alternance démocratique, mais surtout dans le sang des Ivoiriens qu’ont fait couler la guerre civile de 2002-2003 et la crise postélectorale de 2010-2011, a «oublié hier», comme on le dit en Afrique.

Des quatre candidats retenus par le conseil constitutionnel, dans les intérêts du prince, l’intention est de faire de KKB, dissident du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), celui qui émiettera l’électorat potentiel de son ancien président de parti, Henri Konan Bédié, et Affi N’Guessan du Front populaire ivoirien (FPI) décapité de son maître, Laurent Gbagbo, fera le reste. C’est ainsi que ADO, entend réaliser son coup KO. Pourtant, si un candidat devait passer par la trappe du Conseil constitutionnel, c’était bien Alassane Dramane Ouattara, qui a choisi d’aller à un troisième mandat, qui constitue aujourd’hui, un véritable coup d’état et fait autant, sinon plus de morts que la prise du pouvoir par les armes.

Sans être un constitutionnaliste de haut vol, on peut dire que ADO viole la loi constitutionnelle de son pays. De plus, il ne donne plus aucune valeur à la parole donnée, lui qui avait décidé, un 5 mars de cette même année, devant les hommes, pas devant Dieu, qu’il quitterait les affaires pour passer la main à la jeune génération. Dommage qu’un chef de l’Etat, qui, visiblement avait son plan tout tracé, en vienne ainsi à berner son peuple et toute la communauté internationale, Emmanuel Macron en premier, le président français ayant été celui qui avait alors présenté ADO comme un modèle.

Alassane Dramane Ouattara, et le troisième mandat! Cela pourrait bien être le titre d’un feuilleton de mauvais casting. En tout cas, cette imposture fera date dans l’histoire de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Malheureusement, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a fermé yeux et oreilles sur cette forfaiture de ADO, alors qu’elle se penchera, ce mardi 15 octobre, au Ghana, sur le sort d’autres auteurs de coup d’Etat au Mali, un coup de force salué par tout un peuple. Si le ridicule tuait!

Par Wakat Séra

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