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Côte d’Ivoire: la désobéissance civile lancée contre «la forfaiture» de Ouattara

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Henri Konan Bédié ((ph. d'archives)

Le ton monte d’un cran à 40 jours de la présidentielle en Côte d’Ivoire. Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié (HKB), et ses nouveaux alliés, en l’occurrence, Albert Mabri Toikeusse de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), le candidat Mamadou Koulibaly, les Gbagbo ou rien (GOR), ont appelé, ce dimanche 20 septembre 2020, à la «désobéissance civile» face à ce qu’ils qualifient de «forfaiture» de Alassane Dramane Ouattara qui s’engage pour un «3è mandat» présidentiel.

Le Sphinx de Daoukro a jugé la candidature de Alassane Ouattara «d’anticonstitutionnelle». HKB, encore surnommé B86, en référence à son âge, a, alors, lancé, «face à la forfaiture, un seul mot d’ordre, la désobéissance civile». C’était dans un discours, lors d’une rencontre de plateformes et partis de l’opposition au siège du PDCI à Cocody. L’ancien allié du président Alassane Ouattara a tiré à boulets rouges sur le Conseil constitutionnel placé, a-t-il dit, sous les ordres du pouvoir d’Abidjan. «Le 14 septembre 2020, le Conseil constitutionnel, avec la complicité de la Commission électorale dite indépendante a invalidé les dossiers de plusieurs candidats à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 sur la base de fallacieux arguments (…) et dans le même temps autorisé la candidature anticonstitutionnelle de Alassane Ouattara. Cette forfaiture ne saurait être tolérée par le peuple souverain de Côte d’Ivoire», a accusé Konan Bédié, sous le regard approbateur des candidats largués par la juridiction chargée de veiller au bon déroulement du scrutin présidentiel.

«Nous sommes ici, ce jour, partis politiques, plateformes politiques, organisations syndicales et société civile, pour exprimer notre farouche opposition à cette violation de la loi fondamentale», a martelé celui qui a cru que le président Ouattara allait lui renvoyer l’ascenseur, puisque lui, en 2015, il s’est retiré de la course à la présidentielle à travers l’Appel de Daoukro. Selon lui, la candidature de Ouattara est une «violation de la Constitution ivoirienne par le président sortant en briguant un troisième mandat à l’élection du 31 octobre 2020».

Albert Mabri Toikeusse, éliminé par le Conseil constitutionnel, faute d’avoir réuni le nombre de parrainage nécessaire, a annoncé que sa plateforme Arc-en-ciel s’associe aux autres partis de l’opposition pour «dire non à cette Côte d’Ivoire défigurée» et «dire non à l’abîme» qui guette le pays. Jeudi 17 septembre 2020, lors d’une conférence de presse à Paris, le président de Générations et peuples solidaires (GPS), Guillaume Soro, dont la candidature à l’élection présidentielle du 31 octobre a été également invalidée par le Conseil constitutionnel, a appelé l’ensemble de l’opposition à «faire bloc» dans «une unité d’action pour stopper (le chef de l’Etat sortant) Alassane Ouattara dans sa folle aventure», de briguer un troisième mandat.

Il faut noter que Pascal Affi N’Guessan, candidat du Front populaire ivoirien (FPI) et Kouadio Konan Bertin (KKB) dont les candidatures ont été acceptées par le Conseil constitutionnel, n’ont pas participé à cette rencontre de l’opposition.

Par Wakat Séra

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