Accueil A la une Côte d’Ivoire: les trois dinosaures mettent balle à terre!

Côte d’Ivoire: les trois dinosaures mettent balle à terre!

Henri Konan Bédié (à gauche) et Laurent Gbagbo, autour de Alassane Ouattara (Ph. d'archives)

Tout a commencé par les salamalecs classiques entre Alassane Ouattara et ses prédécesseurs. En accueillant ses illustres hôtes au salon d’honneur du petit palais de la présidence de Côte d’Ivoire sise au Plateau à Abidjan, le maître de céans a pris les nouvelles auprès de chacun d’eux, comme l’exige la tradition africaine. Cependant, il a pris le soin de servir du «président» à son aîné Henri Konan Bédié dont il s’est enquis de la santé de son épouse, sa «grande sœur», et du «Laurent» à son cadet, Laurent Gbagbo. La rencontre a donc pris, dès le début cette couleur familiale qui facilite les discussions dans l’esprit de décrispation voulu par les trois protagonistes.

Mais avant cette soirée de retrouvailles tant attendues, les trois dinosaures de la politique ivoirienne qui se marient, divorcent et se remarient avant de divorcer à nouveau pour…se remarier, avaient lancé un signal fort de réconciliation à la nation, en soutenant tous, bien que deux soient de l’opposition, l’élection du dernier président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Adama Bictogo. Que cet acte ait été guidé par des intérêts financiers ou autres, comme l’ont dit des «sources généralement bien informées», il n’en demeure pas moins que sa portée valait son pesant d’or sur la route tortueuse et parsemée d’obstacles de la réconciliation nationale.

«Rencontre de retrouvailles pour renouer le contact et échanger dans la vérité. Le président de la république et ses deux prédécesseurs ont exprimé leur volonté de faire de cette première rencontre un levain de la décrispation du climat socio-politique.» C’est ainsi que ces échanges, qui se sont naturellement déroulés à huis-clos entre les trois inoxydables politiciens, ont été résumés par Laurent Gbagbo. Sauf que pour une Côte d’Ivoire de paix et de développement, il importe que les prisonniers politiques soient libérés et que certains exilés célèbres comme l’ex-président de l’assemblée nationale ivoirienne Guillaume Kigbafori Soro, le «fils» de Alassane Ouattara et l’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé qui vient enfin d’obtenir son passeport, reviennent à la maison.

Toutes ces questions ont-elles été mises sur la table, où sont-elles en stand-by en attendant la prochaine rencontre que tous espèrent pour dans pas longtemps? De plus, dans une Côte d’Ivoire où élections riment toujours avec violences et parfois morts, ont-ils évoqué les efforts que chacun des présidents, ex et actuel, doit fournir pour renverser la tendance afin que le pays vive désormais, des périodes électorales moins chaudes? Crever l’abcès pour de bon et donner toutes ses chances à la Côte d’Ivoire, que tous aiment dire servir avec pour modèle le «Vieux» Houphouët, telle doit être la résolution noble que ADO, HKB et LG doivent adopter comme étoile du berger. Comme le disait le père de la nation ivoirienne, «la paix, ce n’est pas un mot, c’est un comportement».

S’ils ont pu dépasser ce qui les divisait et paraissait insurmontable en se retrouvant, visiblement heureux main dans la main, visages souriants et même riants, ce n’est certainement pas pour faire les choses à moitié. L’espoir du peuple ne doit pas être déçu, car ils en porteront la lourde responsabilité. Ces premiers pas doivent conduire le pays vers la stabilité politique et la cohésion nationale tant recherchées depuis environ deux décennies. Au fait, les trois baobabs qui ont trop longtemps pris en otage la Côte d’Ivoire, ont-ils parlé de leur retraite prochaine pour favoriser une régénérescence au sommet de la classe politique ivoirienne? Question à un plat d’APF, le fameux Attiéké au poisson fumé!

Par Wakat Séra

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