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Covid-19 en Afrique: quel avenir pour le vaccin à polémique?

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La vidéo très virale a révolté plus d'un en Afrique et dans le reste du monde (Ph. youtube.com)

345 cas confirmés, 90 guérisons et 17 décès. C’est le bilan que présente le Burkina Faso, depuis le 9 mars dernier, date de l’apparition des premiers cas officiels à ce samedi 4 avril. Mais plus que ces chiffres, c’est le sentiment de révolte et de frustration qui n’a cessé d’enfler sur des essais de vaccin qui auraient pour cible les Africains. Toute chose qui a même contraint le président du Faso à démentir l’information selon laquelle le Burkina Faso aurait accepté de soumettre ses citoyens au fameux test vaccin. «Le Burkina Faso n’est en aucune manière, engagé ni impliqué, dans un quelconque projet de test de vaccin contre le Covid-19 sur son territoire», a twitté Roch Marc Christian Kaboré, pour couper court à cette rumeur qui place notre pays sur une liste de pays africains qui auraient donné leur accord à cet essai de vaccin. Au 13 Heures de la RTI, ce dimanche 5 avril, un médecin ivoirien a saisi l’opportunité de la page entretien, pour dire également que la Côte d’Ivoire n’a pas été non plus approchée dans ce sens. En République démocratique du Congo, où il s’était précipité pour affirmer que son pays pourrait connaître ces essais, le responsable de la riposte contre la pandémie, le professeur Jean-Jacques Muyembe, a très vite rétropédalé, révélant qu’il n’y aura pas de vaccinations au Congo, sans essais aux Etats-Unis ou en Chine.

«Mieux vaut mourir du Covid-19 que de son vaccin». L’option de dame Souradja est sans équivoque. Ressortissante d’un pays étranger vivant au Burkina Faso où elle vend des épices de toutes sortes, elle a été abreuvée de vidéos, d’audios et messages de tous les horizons, mettant en garde, les populations africaines contre des essais de vaccins que les Occidentaux s’apprêteraient à mener sur les Africains dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Tous les moyens et tous les réseaux sociaux ont été mis à contribution, notamment par des Africains vivant en Europe ou aux Etats-Unis et même des Occidentaux, pour mener campagne contre ce test de vaccin. Si, jusqu’à la sortie honteuse aux relents racistes d’un médecin et d’un chercheur sur la chaîne de télévision française LCI, le 1er avril dernier, la plupart de ses détracteurs ignoraient jusqu’à la dénomination du fameux vaccin contre le coronavirus, ils y sont pourtant allés de tous les arguments et de toute leur énergie pour demander à leurs «frères et sœurs», restés sur le continent, d’éviter ce produit autant que le Covid-19 qu’il est sensé combattre. Et les médias sérieux, malgré la viralité de ces photos, messages, vidéos et autres diffusés sur les réseaux sociaux, se sont bien retenus de porter cette polémique. Jusqu’à la sortie hasardeuse et «provocatrice» de Jean Paul Mira, chef du service réanimation de l’hôpital Cochin de Paris et le Professeur Camille Locht, chercheur microbiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Même si après leur bourde, les deux scientifiques ont présenté des excuses officielles, le mal est déjà fait. Et il est si profond qu’il risque d’être préjudiciable à ces vaccins, qui malgré leur possible efficacité ont déjà perdu toute crédibilité, en Afrique.

En attendant de trouver les cobayes pour tester ces vaccins qui doivent pourtant sauver bien des vies si les essais s’avèrent concluants, l’Afrique résiste tant bien que mal au Covid-19, même si certaines décisions et mesures draconiennes plus que de raison, mais copiées et collées à nos réalités qui s’en accommodent très mal, continuent d’affamer les populations.

Par Wakat Séra

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