Accueil Editorial CPI: un peu de respect pour les Africains!

CPI: un peu de respect pour les Africains!

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Les présidents Jacob Zuma et Omar el-Béchir

Que veut la Cour pénale internationale? La CPI voudrait infantiliser les pays africains qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Selon la bonne volonté ou l’humeur de certains puissants de ce monde, elle se donne le droit d’embastiller des dirigeants pour permettre à d’autres de gouverner en toute tranquillité. Cas le plus illustratif, celui de la Côte d’Ivoire où l’ex-président, Laurent Gbagbo croupit dans les geôles de Scheveningen sur la base de preuves peu crédibles et parfois inexistantes, juste pour faciliter la vie à Alassane Ouattara, le chouchou manipulable à merci des Français. La dernière toquade de la Cour est de mettre l’Afrique du sud sur le banc des accusés, lui reprochant de ne pas avoir procédé à l’arrestation du Soudanais Omar Hassan el-Béchir alors que celui-ci était venu participer à un sommet de l’Union Africaine en juin 2015. Un colis que la Cour attendra en vain, contrairement à celui livré au Tribunal spécial pour la Sierra Leone par le Nigéria de Olusegun Obasanjo et qui portait l’étiquette Charles Taylor, ancien président du Liberia. Cette inélégance nigériane, de remettre son hôte pieds et poings liés n’est pas sud-africaine. Et pour dire toute sa détermination à ne pas être de ce deal sordide et culturellement indigne de l’Afrique, dont sont louées à souhait les vertus de la «légendaire solidarité», la nation Arc-en-ciel compte simplement se retirer du Traité de Rome. Et ce n’est point parce que l’Afrique du sud est allergique aux valeurs universelles et bienfaisantes du droit, mais plutôt parce que le mode de fonctionnement de la CPI est urticant pour le pays de Jacob Zuma, par ailleurs soucieux du respect de la souveraineté du Soudan.

S’il faut reconnaître que les dirigeants africains eux-mêmes, par leurs frasques, violations des droits de l’homme et des principes démocratiques prêtent le flanc aux assauts répétés de la CPI contre eux. Pire, leur manque de solidarité, chacun s’érigeant en roitelet entre des frontières tracées par le colonisateur, n’en favorise que davantage les comportements irrévérencieux de la CPI à l’endroit des pays qu’ils dirigent. Ce n’est donc pas un hasard si la Cour qui a installé ses quartiers à La Haye ne s’en prend pratiquement qu’aux Africains. Ce sont eux qui signent à tour de bras des conventions dont ils deviennent prisonniers et surtout esclaves, contraints de se soumettre à tous les désidératas de ceux qui en tirent les ficelles dans l’ombre. C’est l’épouvantail tout trouvé pour donner une docilité de mouton à des dirigeants africains qui, du reste sont presque toujours en porte-à-faux avec les règles de la démocratie. Mais il faut les respecter, car ils sont à la tête de tout un pays, qu’ils représentent et dont ils portent la voix à toutes les tribunes. Le seul argument qui milite en faveur de la CPI aujourd’hui et dont il faut se réjouir, c’est la crainte des dirigeants africains, de devenir locataires de sa prison certes 5 étoiles, mais prison quand même avec sa rigueur privative de liberté.

Nul ne pouvant se prévaloir de ses propres turpitudes, la Cour pénale internationale ne devrait pas être surprise de la volonté, cachée ou ouvertement exprimée, de plus en plus de pays de se défaire de ses liens. C’est ainsi que les meilleurs clients de la CPI, les Etats-Unis pour ne pas les citer, continuent de jouer les gendarmes du monde, la plupart du temps dans le sens négatif, multipliant des exactions à l’encontre de citoyens ou d’Etats. Ce n’est pas l’Irak de Saddam Hussein bombardé en 2003 par les Américains et leurs alliés, dont le Royaume Uni, sur la base d’un tissu de mensonges, qui dira le contraire. Ce sont des milliers d’innocents qui ont été tués dans cette horreur absurde qui aurait dû amener, ne serait que l’Américain Georges W. Bush et le Britannique Tony Blair devant la CPI. Dommage, les puissants ne sont pas soumis au même régime que les autres. Avec les atrocités de la prison de Guantanamo, l’invasion de l’Irak pouvait-elle constituer pires crimes de guerre et crimes contre l’humanité?  C’est certain, à défaut de mettre fin à son acharnement sur les Africains, la CPI doit revoir sa copie et tourner le dos à la justice à double vitesse. Nul n’est au-dessus de la loi, dit-on.

Par Wakat Séra       

 

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