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Dialogue politique au Burkina: pourvu que les fruits tiennent la promesse des fleurs

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Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré (Ph. Présidence du Faso)

Il n’est jamais tard pour bien faire. C’est bien en cela, que le dialogue politique, réclamé à cor et à cris en son temps par l’opposition et qui est désormais réalité par la volonté de ceux qui nous gouvernent, peut constituer un tremplin vers la paix et la cohésion sociale effritées. Recoller les lambeaux de ce vivre-ensemble qui, s’il n’est pas perdu n’en n’est pas moins bien entamé du fait de mille et unes frustrations engendrées par la haine et la méchanceté gratuites, c’est l’un des objectifs que doivent viser en priorité ces quarante hommes et femmes, issus de la majorité présidentielle et de l’opposition. Ils ont huit jour pour s’entendre sur l’essentiel, c’est-à-dire, les préoccupations de l’ensemble des Burkinabè. Certes, les élections présidentielle et législatives de 2020 tout comme le référendum constitutionnel sont des sujets dont se délecteront les politiques alors qu’ils doivent être le moyen et non le but. Pour le citoyen lambda qui paie actuellement un lourd tribut à la situation nationale précaire, il importe de faire de ce «dialogue politique» un creuset d’idées novatrices pour améliorer le quotidien de tous et non renforcer des intérêts égoïstes et très personnels de quelques uns. Dans un Burkina surchauffé par la fronde sociale toujours bouillonnante et généralisée, que faire pour faire tomber la température? Dans un «pays des hommes intègres» où les attaques terroristes endeuillent presqu’au quotidien les forces armées nationales, les confessions religieuses et même les familles innocentes, quelle réplique adéquate contre l’insécurité généralisée pour ramener la quiétude au sein des populations?

Résoudre ces équations permettra, sans aucun doute, à la nation de retrouver sa sérénité pour reprendre sa perpétuelle lutte contre la pauvreté endémique dont sont victimes la plupart des pays comme le nôtre. Mais, sans faire preuve d’un pessimisme désobligeant, il faut reconnaître que les inquiétudes sont légitimes que ce rassemblement vire à un «dialogue politique» de plus. Y trouvera-t-on enfin les mots contre nos maux? En tout cas, le diagnostic du «grand malade» Burkina a été posé à maintes reprises par ceux qui sont experts en la matière. Il faut juste prendre les mesures courageuses pour ramener tous les Burkinabè à parler le langage de l’unité nationale, gage du développement et de l’émergence, deux concepts chers aux politiciens qui pourtant en ignorent pur la grande majorité les véritables enjeux. Certes, il faut convenir avec le président du Faso que des divergences seront inévitables sur certains sujets. Mais il ne faut pas continuer à reverser ces sujets dans d’autres cadres de discussion, autrement, le cycle des «dialogues politiques» n’en finira jamais. Dans l’intérêt national, il urge de renforcer la cohésion nationale par le langage de la vérité et non celui de l’hypocrisie et du mensonge. Les Burkinabè ne doivent pas oublier qu’il y a eu un avant-insurrection et qu’il y a maintenant un après-insurrection qui doit être un temps de mieux-vivre, si tant est que l’insurrection est réellement intervenue pour que «plus rien ne soit comme avant». Malheureusement, le tableau post-insurrectionnel est peu reluisant: insécurité, grèves tous azimuts, économie en panne, frustrations de tous genres nées d’un esprit de vengeance et de haine, déficit de confiance entre le peuple et ses dirigeants, etc. La liste est loin d’être exhaustive, mais démontre à souhait que la situation nationale, sans être désespérée n’en n’est pas moins grave.

Pourvu qu’avec le «dialogue politique» les fruits tiennent la promesse des fleurs et que le Burkina Faso retrouve la paix tant recherchée par tous mais pas tellement voulue pas d’autres. Et que ce «dialogue politique» constitue l’amorce véritable du retour de la cohésion nationale. Comme le dit un proverbe chinois, «le plus long voyage commence par le premier pas».

Par Wakat Séra

 

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