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« Evasion virtuelle », oeuvre littéraire de Nabou Fall et la bravoure des femmes

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L’écrivaine sénégalaise Nabou Fall, auteure passionnément engagée, chef d’entreprise, a présenté, ce samedi 28 avril 2018 à Ouagadougou, son premier roman intitulé « Evasion virtuelle », œuvre de 427 pages, écrite dans un style simple, bien digeste, avec pour héroïne Fanny, plonge les amoureux de la lecture romanesque dans un univers imaginaire qui loue la bravoure des femmes qui luttent pour transformer leur espoirs brisés et leurs rêves oubliés.

C’est en présence d’environ une centaine d’invités dont parents, proches, amis, journalistes et particuliers, au restaurant l’Asanka à Ouaga 2000, que Nabou Fall, militante engagée pour la défense de la cause de la femme africaine, animatrice d’un blog et propriétaire d’un magazine « Naboulove » créé à l’intention des femmes, a dédicacé son œuvre « Evasion virtuelle » qui dépeint la société africaine contemporaine, notamment ses travers. Selon l’écrivaine, avec son calendrier très chargé et la rigueur dans l’atteinte d’un perfectionniste sans borne, le roman a mis neuf ans avant de paraître, car « ce n’était pas évident » pour quelqu’un qui a fait des études d’ingénieur en informatique et ensuite un troisième cycle en finances, avant de commencer à travailler dans la télécommunication.

Composée de 53 chapitres, Evasion virtuelle fait voyager ses lecteurs au cœur de plusieurs cultures sans clichés traditionnels. Le roman raconte le parcours initiatique de Fanny (l’héroïne) qui trouve sa voie à travers des chemins tortueux. Dans cet écrit, Nabou Fall fait également un clin d’œil à la créativité du continent à travers la mode, l’art et l’artisanat qui plantent le décor d’une Afrique riche, multiple et colorée.

« Evasion virtuelle est un roman qui narre l’histoire d’une femme qui va prendre son destin en main face à la société qui se focalise très souvent sur les stéréotypes du genre. Et l’histoire est construite à partir d’une relation qu’elle va retrouver dans le virtuel à travers les réseaux sociaux », a indiqué Nabou Fall, pour qui, « le message qui est transmis dans l’œuvre est que chaque personne doit avoir le courage d’être lui-même, accomplir son destin, se réaliser, et aller au bout de ses rêves quelques soit les adversités ».

L’écrivaine qui a affirmé réserver beaucoup de surprises agréables à ses lecteurs, dit avoir « une perception très positive du virtuel. Il y a une utilisation positive du virtuel à travers les réseaux sociaux mais il y a aussi des gens qui pervertissent cette utilisation. C’est un moyen qui nous permet de communiquer, de travailler, de se réaliser professionnellement, donc le virtuel a une place prépondérante aujourd’hui dans notre société ».

Au-delà de la romance se joue en parallèle dans cette œuvre une histoire de femme vivant à l’ombre de son époux. Une femme soumise aux valeurs cardinales du mariage en Afrique. Les thèmes abordés dans l’œuvre sont le mariage, la résignation dans le mariage, le courage d’être soi, la culture de l’Afrique de l’Ouest et Centrale, la mode africaine, la stérilité, l’amitié, l’adultère, le divorce, en somme un roman qui donne le ton à un style très africain.

Parlant du féminisme qui a été âprement discuté à la dédicace de l’œuvre, Nabou Fall estime que « quand une femme prend la parole pour les autres femmes, elle est forcément féministe. Quand une femme se bat pour être autonome, on l’appelle féministe ». Pour elle, il n’y a pas qu’un féminisme mais il y a des féminismes, se résumant qu’en gros le féminisme, « c’est juste la revendication de certains des droits fondamentaux des femmes dont entre autres les droits à s’exprimer, au respect de la femme dans le mariage ».

« L’écriture m’a choisie et j’ai suivi son appel en me perfectionnant, en me formant, en explorant le monde littéraire sous ses diverses facettes. Le verbe est mon meilleur ami », a confié Nabou Fall, ajoutant que l’écriture est son « hobby ». « Je n’ai pas de rituel précis, j’écris sur mon téléphone, sur des carnets, sur des bouts de papier, sur mon ordinateur. Je me détends en écrivant sans contrainte au gré des idées, et après je relis mes textes, les édite et les corrige », a-t-elle avancé comme secret.

Elle a dénoncé le fait que « les femmes se résignent pour se conformer à l’image que la société attend d’elles ». « Pour moi, une femme accomplie, c’est une femme qui assume ses choix et qui est bien dans la vie qu’elle a choisi. C’est une femme qui n’attend pas la validation du monde pour exister. C’est une femme qui est résiliente et qui est capable de se réinventer au gré des aléas de la vie », a-t-elle conclu.

L’œuvre éditée par les éditions Tabala de la Côte d’Ivoire, coûte 10 000 francs CFA l’unité et est disponible pour le moment au restaurant Asanka à Ouaga 2000.

Par Bernard BOUGOUM

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